Le monde du libre

Rencontre à Sarrebourg : logiciels libres et éducation populaire

April -

Début: 30 Janvier 2015 - 17:00Fin: 30 Janvier 2015 - 17:00

À l'initiative de la fédération d'éducation populaire Culture et Liberté de Moselle une rencontre avec Laurent Costy est organisée vendredi 30 janvier 2015 à 17h au Foyer de Hoff à Sarrebourg (29, rue du Maire Emile Stock à Sarrebourg).

Cette rencontre-débat qui souhaite contribuer au rapprochement entre éducation populaire et logiciels libres, sera organisée en 3 temps :

  • une conférence "Logiciel libre et monde associatif : une convergence à renforcer" où seront présentées les 4 libertés du logiciel libre, ses valeurs et la cohérence avec celles de l'éducation populaire (40 min)
  • une présentation de situations, ressources et outils concrets pour plus d'usages de logiciels libres en milieu associatif (40 min)
  • des échanges autour des difficultés rencontrées au quotidien lors d'une migration vers les logiciels libres (1h).

Cette rencontre, au delà d'une information destinée à tous, se veut être une première étape d'un processus de migration vers une informatique libre par la fédération Culture et Liberté Moselle qui a pris une décision en conseil d'administration pour cela. Ce sera aussi l'occasion de rappeler la possibilité, jusqu'à fin février, de remplir le questionnaire destiné à éclairer les rapports des associations aux logiciels libres.

Étant donné les prévisions métrologiques, vous êtes invités à vous renseigner quant au maintien effectif de cette conférence le matin même auprès de la fédération Culture & Liberté de Moselle (03 87 23 69 58).

Rapport de Julia Reda sur la révision de la directive droit d'auteur : vers un droit à interopérer avec les DRM ?

April -

Paris, le 28 janvier 2015, communiqué de presse.

Le 20 janvier 2015, l'eurodéputée Julia Reda a présenté devant la commission des affaires juridiques (JURI) du Parlement européen son rapport sur l’adaptation de la directive sur le droit d’auteur (12 pages, anglais)1. Ce rapport est un premier pas important pour la révision des règles européennes en matière de droit d'auteur. L'eurodéputée propose notamment de mettre en place un droit à l'interopérabilité avec les DRM.

Julia Reda livre un plaidoyer pour un rééquilibrage de la législation européenne en faveur des droits du public et de l'accès aux œuvres, maintenant et à l'avenir.

Sur la question des DRM, son rapport ne remet pas en cause leur protection juridique (imposée par divers traités internationaux) mais propose de l'amender, afin notamment de garantir l'exercice effectif des exceptions et l'accès au domaine public, "que les mesures techniques de protection ne devraient pas empêcher" (point 23 de son rapport2).

De plus, en faisant dépendre la protection juridique des DRM de la publication de leur code source ou des spécifications d'interfaces, elle souhaite créer un véritable droit à interopérer avec les mesures techniques (point 24 de son rapport3). Pour être effective cette proposition doit toutefois être complétée : d'un point de vue technique, c'est l'ensemble des informations essentielles à l'interopérabilité, et en particulier les clés de chiffrement, qui doit être mis à disposition pour l'implémentation de solutions interopérables ; et d'un point de vue juridique, le droit de publier le code source et la documentation technique d'un logiciel indépendant interopérant avec un DRM doit être garanti.

Dans le rapport, l'interopérabilité est abordée uniquement dans le contexte des DRM, mais il ne faut pas oublier les restrictions imposées sur l'ingénierie inverse qui n'est actuellement qu'une exception de la directive 2009/24/CE sur la protection juridique des programmes d'ordinateur4. L'April appelle à sanctuariser l'interopérabilité, seul antidote à la segmentation du marché, la captation de la clientèle et l'obsolescence programmée des œuvres numériques.

« Nous saluons l'orientation de ce rapport qui présente des pistes concrètes de réforme du droit d'auteur. Il faudra toutefois les consolider et être vigilant lors de leur transposition juridique » a déclaré Frédéric Couchet, délégué général de l'April.

Cette première version du rapport de Julia peut être amendée par les autres eurodéputés membres de la commission des affaires juridiques (JURI) jusqu'à fin février. L'April encourage les députés à prendre en compte ses remarques pour amender les dispositions concernant les DRM.

Pour l'analyse des autres partie du rapport Reda, voir le communiqué de La Quadrature du Net Réforme du droit d'auteur : le Parlement européen doit suivre le rapport Reda, le communiqué de l'Open Forum Europe OFE welcomes the European Parliament draft report kicking off the EU Copyright debate, l'article de Next INpact Au Parlement européen, les premières pistes pour déradicaliser le droit d’auteur et l'article de Numerama droit d'auteur : les propositions de l'eurodéputée pirate Julia Reda.

  • 1. La directive 2001/29/CE du Parlement européen et du Conseil du 22 mai 2001 sur l'harmonisation de certains aspects du droit d'auteur et des droits voisins dans la société de l'information (également appelée EUCD pour European Union copyright directive)
  • 2. 23. Stresses that the effective exercise of exceptions or limitations, and access to content that is not subject to copyright or related rights protection, should not be hindered by technological measures;
  • 3. 24. Recommends making legal protection against the circumvention of any effective technological measures conditional upon the publication of the source code or the interface specification, in order to secure the integrity of devices on which technological protections are employed and to ease interoperability; in particular, when the circumvention of technological measures is allowed, technological means to achieve such authorised circumvention must be available
  • 4. Voir à ce sujet notre réponse à la consultation de la Commission européene de mars 2014.

JIDO 2015 – Journée internationale des données ouvertes, Montréal, 21 février

OKFN Canada -

Open Data Day

Pour la 4e année, les différentes communautés montréalaises qui sont intéressées aux données ouvertes vont célébrer la Journée internationale des données ouvertes à Montréal, le 21 février, à la Maison Notman grâce à l’événement eCOD-CODE (Expérience des données ouvertes canadienne – Canadian Open Data Experience) parrainé par le gouvernement canadien.


D’autres informations suivront bientôt.

Revue de presse de l'April pour la semaine 4 de l'année 2015

April -

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 4

[L'Informaticien] Interdiction des machines à voter? Une proposition de loi est sur la table

Par Emilien Ercolani, le vendredi 23 janvier 2015. Extrait:
> «Marginal», «en sursis», «dysfonctionnements»… Le député centriste de la Loire François Rochebloine n'a pas de mots assez durs pour décrire les machines à voter, qu’il souhaite définitivement interdire dans une proposition de loi déposée le 21 janvier.
Lien vers l'article original: http://www.linformaticien.com/actualites/id/35507/interdiction-des-machines-a-voter-une-proposition-de-loi-est-sur-la-table.aspx

Et aussi:
[Next INpact] Un député dépose une loi interdisant les machines à voter

[Le Monde Informatique] L'UE doit-elle obliger les géants de l'Internet à céder leurs clés de chiffrement

Par Serge Leblal, le jeudi 22 janvier 2015. Extrait:
> La montée en puissance du terrorisme en Europe relance le débat sur le chiffrement des communications et la création de backdoors réservés aux forces de l'ordre européenne. Le coordinateur antiterrorisme de l'UE, Gilles de Kerchove, demande sans détour un accès aux clefs de chiffrement des géants de l'Internet.
Lien vers l'article original: http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-l-ue-doit-elle-obliger-les-geants-de-l-internet-a-ceder-leurs-cles-de-chiffrement-59993.html

Et aussi:
[L'Expansion] A Davos, les chercheurs enterrent la vie privée
[Numerama] L'UE veut les clés pour déchiffrer toutes les communications en ligne

[Libération.fr] Le lobby anti-DRM s’étoffe

Par Camille Gévaudan, le jeudi 22 janvier 2015. Extrait:
> Le journaliste et auteur de science-fiction Cory Doctorow est un fervent défenseur du partage en ligne et un grand penseur des technologies, qui ne doivent pas selon lui brider l’accès du public à la culture. On ne s’étonne donc pas de le voir rejoindre l’Electronic Frontier Foundation (EFF) en tant que consultant spécial chargé du lobby anti-DRM.
Lien vers l'article original: http://ecrans.liberation.fr/ecrans/2015/01/22/le-lobby-anti-drm-s-etoffe_1186627

[Numerama] Droit d'auteur: les propositions du rapport de l'eurodéputée pirate Julia Reda

Par Guillaume Champeau, le lundi 19 janvier 2015. Extrait:
> L'eurodéputée pirate Julia Reda présentera mardi en commission son rapport sur la mise en oeuvre de la directive de 2001 sur le droit d'auteur dans la société de l'information, dans lequel elle plaide pour un large assouplissement des conditions de réutilisation des oeuvres. Mais sans remettre en cause les fondements du droit d'auteur ni exiger de révolution.
Lien vers l'article original: http://www.numerama.com/magazine/31920-droit-d-auteur-les-propositions-du-rapport-de-l-eurodeputee-pirate-julia-reda.html

Et aussi:
[Next INpact] Au Parlement européen, les premières pistes pour déradicaliser le droit d'auteur
[Numerama] Droit d'auteur: la CJUE limite le droit des propriétaires de copies

[FrenchWeb] Comaking: les start-up doivent-elles adopter la tendance?

Par Camille Adaoust, le lundi 19 janvier 2015. Extrait:
> Le comaking, un phénomène qui nous vient des Etats-Unis. Il s’installe petit à petit en France. Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, dans les grandes villes, ces espaces de production partagés prennent leurs marques.
Lien vers l'article original: http://frenchweb.fr/comaking-les-start-up-doivent-elles-adopter-la-tendance/179886

[Next INpact] Plan e-éducation: davantage de numérique dans les enseignements à partir de 2016

Par Xavier Berne, le lundi 19 janvier 2015. Extrait:
> À l’occasion du débat organisé mercredi dernier à l’Assemblée nationale à propos de la stratégie numérique de la France, la secrétaire d’État au Numérique Axelle Lemaire est revenue sur le grand «plan pour le numérique à l’école» promis l’été dernier par François Hollande. Non sans une certaine impression de réchauffé...
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/91755-plan-e-education-davantage-numerique-dans-enseignements-a-partir-2016.htm

Et aussi:
[Next INpact] Les élèves mieux éduqués aux informations du Net dès la rentrée 2015

[Le Monde.fr] Numérique: des images deux fois moins lourdes

Par David Larousserie, le lundi 19 janvier 2015. Extrait:
> Un ingénieur français a développé un nouveau format de compression plus efficace que l’incontournable JPEG.
Lien vers l'article original: http://www.lemonde.fr/sciences/article/2015/01/19/des-images-deux-fois-moins-lourdes_4559136_1650684.html

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

Des organisations de la société civile lancent le Forum Social Internet, avec un appel à occuper l’Internet

OKFN Canada -


Global Civil Society launches the Internet Social Forum – With a call to occupy the Internet
Extrait

Un groupe d’organisations de la société civile du monde entier a annoncé la tenue d’un Forum Social Internet qui vise à rassembler et à formuler des propositions claires sur le hème « L’Internet que nous voulons ». S’inspirant du Forum Social Mondial et son slogan «Un autre monde est possible», le groupe cherche d’urgence à attirer l’attention sur une centralisation croissante de l’Internet, uniquement tournée vers les rentes des monopoles et un contrôle sociopolitique accrue, et affirme qu’ « Un autre Internet est possible »!

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Traduction française : Chantal Lebrument pour InternetSocialForum.net

Excerpt

A group of civil society organisations from around the world has
announced the Internet Social Forum, to bring together and articulate
bottom-up perspectives on the ‘Internet we want’. Taking inspiration
from the World Social Forum, and its clarion call, ‘Another World is
possible’, the group seeks to draw urgent attention to the increasingR
centralization of the Internet for extraction of monopoly rents and for
socio-political control, asserting that ‘Another Internet is possible’!

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February 2015 Meeting - Advanced SQL Techniques for Simplier Batch Operations

PHP Québec -

February's meeting will be held on February 5. And once again our sponsor Pronexia will be hosting us and providing the refreshments.

Please register on Meetup if you're coming.

When: February 5, 18:30 for drinks (sponsored by Pronexia) and networking. 19:00 for the talk.
Where: Pronexia's office
1280 Bernard West, Suite 303
Outremont,
Quebec
H2V 1V9

Advanced SQL Techniques for Simplier Batch Operations

Mathieu Dumoulin
Presentation of a few SQL tips and tricks to make better use of SQL such as numbers table and calendar table.

Revue de presse de l'April pour la semaine 3 de l'année 2015

April -

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 3

[Echos judiciaires Girondins] «Les geeks sur La Banquiz»

Par Eric Moreau, le dimanche 18 janvier 2015. Extrait:
> A l’heure où la France souhaite mettre en avant ses talents de la nouvelle économie du numérique, une pépinière d’un genre nouveau émerge dans la métropole bordelaise.
Lien vers l'article original: http://www.echos-judiciaires.com/high-tech/-les-geeks-sur-la-banquiz-a11136.html

[L'OBS] Pendant ce temps, la NSA s’arme en vue des cyberguerres

Par Benoît Le Corre, le dimanche 18 janvier 2015. Extrait:
> Sur l’offre de stage, il est précisé qu’ils «recherchent des stagiaires qui veulent casser des choses». Ils, c’est la NSA, l’Agence américaine de la sécurité, du renseignement, à travers une cellule de formation appelée Politerain.
Lien vers l'article original: http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/18/pendant-temps-nsa-sarme-vue-cyberguerres-257177

Et aussi:
[GinjFo] Windows en Chine, la variable prix de Linux n'a aucun poids!

[Le Journal de Montréal] Blackberry, Linux et la sécurité

Par Michel Dumais, le vendredi 16 janvier 2015. Extrait:
> En effet, BB détient d’importants brevets dans le domaine de la mobilité qui fait l’envie de nombreux compétiteurs. C’est d’ailleurs pour cette raison (entre autre) que Google a acheté la division mobile de Motorola.
Lien vers l'article original: http://www.journaldemontreal.com/2015/01/16/blackberry-linux-et-la-securite

Et aussi:
[Le Monde Informatique] Dépôt de brevets: IBM toujours indétrônable grâce à la diversité

[Le Courrier picard] BEAUVAIS La capitale du logiciel libre se prépare

Par Fanny Dolle, le jeudi 15 janvier 2015. Extrait:
> Les Rencontres mondiales du logiciel libre (RMLL), philosophie selon laquelle les logiciels peuvent être utilisés, partagés et améliorés, se préparent. La prochaine édition aura lieu du 6 au 10 juillet, à l’antenne universitaire de Beauvais.
Lien vers l'article original: http://www.courrier-picard.fr/region/beauvais-la-capitale-du-logiciel-libre-se-prepare-ia186b0n502061

[Next INpact] Charlie Hebdo n° 1178: de l'intérêt du papier face aux éditions numériques

Par David Legrand, le mercredi 14 janvier 2015. Extrait:
> Aujourd'hui, tout le monde cherche à s'acheter le dernier Charlie Hebdo. Un numéro 1178 qui restera sans doute dans l'histoire, tiré à plusieurs millions d'exemplaires, qui pousse à réfléchir sur l'intérêt du papier et de la presse au format numérique. Mais sur la capacité des lecteurs à soutenir et à financer l'information.
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/91736-charlie-hebdo-n-1178-interet-papier-face-aux-editions-numeriques.htm

Et aussi:
[Mediapart] Ruée sur Charlie vs. Ruée sur l'iPhone -- Mahomet vs. Steve Jobs

[Decideo.fr] Les clients d'Oracle se plaignent ouvertement, PostgreSQL en embuscade

Par la rédaction, le mercredi 14 janvier 2015. Extrait:
> Campaign for clear Licensing, une organisation à but non-lucratif basée au Royaume-Uni défendant les droits des acheteurs de logiciels d'entreprise, vient d’exhorter Oracle, dans une lettre ouverte adressée à Larry Ellison et ses collègues, «à prendre des mesures pour améliorer la confiance de ses clients et répondre à leurs préoccupations concernant la stratégie de vendor lock-in de l’éditeur s’il veut que sa stratégie actuelle de faire migrer ses clients vers ses services de cloud computing soit couronnée de succès.»
Lien vers l'article original: http://www.decideo.fr/Les-clients-d-Oracle-se-plaignent-ouvertement-PostgreSQL-en-embuscade_a7619.html

Et aussi:
[InformatiqueNews.fr] Oracle: lettre ouverte corrosive de clients mécontents

[Numerama] Comment nous pouvons perdre la guerre

Par Guillaume Champeau, le lundi 12 janvier 2015. Extrait:
> Il n'y a qu'une seule manière de perdre la guerre contre le terrorisme. Et c'est celle que nous choisissons de plus en plus.
Lien vers l'article original: http://www.numerama.com/magazine/31837-comment-nous-pouvons-perdre-la-guerre.html

Et aussi:
[L'Express.fr] Bernard Cazeneuve annonce de nouvelles mesures anti-terroristes
[Next INpact] Loi sur le renseignement: Big Brother aux portes du Net?

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

Lecture de Histoire des bibliothèques (2013) de Barbier

CultureLibre.ca - Olivier Charbonneau -

Avis: ce billet constitut une lecture personnelle d’un livre et ni une critique, ni un compte rendu complet. Il s’agit d’une appropriation personnelle de son contenu en vertu d’un besoin d’information qui n’est peut-être pas le votre.

Depuis un certain temps, je me demande quelle est la relation conceptuelle entre les bibliothèques et le droit d’auteur. Dans un premier temps, ces institutions précèdent de quelques millénaires le cadre juridique qui régit les oeuvrent qui portent notre culture, notre savoir et nos informations. Dans un second, il est clair que plusieurs questions contemporaines les lient de manières uniques et importantes. Comment alors appréhender le lien qui unit les bibliothèques et le droit d’auteur ?

À primeabord, il me semble que les bibliothèques et le droit d’auteur sont deux institutions dans le système social culturel, médiatique et éducatif. Ils règlementent les relations entre des agents et des éléments (étudiants et livres, par exemple) soit du point de vue communautaire (pour les bibliothèques), soit, plus largement, par le truchement du système juridique via le droit d’auteur (je fais référence explicitement à Luhmann ici). Mais, peut-on tisser des liens entre ces mécanismes?

Il me semble que le droit d’auteur et les bibliothèques évoluent selon une trajectoire asymptotique, pour enfin se croiser et même se superposer vers le milieu du 20e siècle. C’est à ce moment que alphabétisation galopante rencontre des moyens de reproduction largement disséminés (photocopie dans un premier temps, suivi des technologies numériques). Ray Kurzweil a déjà élaboré comment les humains perçoivent les choses comme évoluant selon un ordre arithmétique tandis que la réalité est plutôt géométrique…

Frédéric Barbier a récemment offert une conférence à l’ÉBSI sur un thème analogue et n’ayant pas eu la chance de me dégager pour y assister, j’ai opté pour un de ses ouvrages récents. Ce fut une belle lecture des fêtes…

Frédéric Barbier nous offre son Histoire des bibliothèques en 2013 chez Armand Colin. Une lecture sympathique qui offre un survol depuis le début des temps jusqu’à hier (car le numérique n’est que superficiellement touché). Il y a parfois des longueurs, surtout lors du dépouillement de certaines bibliothèques au moyen âge et lors de la renaissance – mais je suis bien conscient que cette information est essentielle à la compréhension de l’histoire des bibliothèques.

Il y a aussi un certain biais franco-français. Certains développements réels proviennent de la renaissance italienne, de la réforme protestante en Allemagne et du foisonnement pré-victorien dans le monde anglo-américain… et l’auteur campe l’action de son ouvrage en France. Il couvre les développements bibliothéconomiques en ces contrées, mais surtout et souvent, du point de vue de leur appropriation (on non) par des institutions françaises. Cette approche, évidente pour un Français, fait sourire cet humble québécois.

J’ai aimé certains liens offerts par Barbier. Par exemple, celui où il lien Luther et Weber pour expliquer la doctrine protestante face au travail. “Autrement dit, l’imprimerie n’est pas la cause de la Réforme, mais elle rend celle-ci possible et, d’une certaine manière, elle assure son succès” (p. 126, Barbier cite Elisabeth Eisenstein, La révolution de l’imprimé à l’aube de l’Europe Moderne 1991). On comprend donc que le salut en terre réformé passe par la lecture de la Bible et l’alphabétisation ainsi que les bibliothèques sont une puissante combinaison pour réaliser cet idéal théologique (p.133).

En France, la bibliothèque devient un instrument de puissance : les riches et les régents se greffent de collections d’envergure pour assurer leur influence mais aussi pour bâtir une courroie de transmission régalienne par l’imprimerie royale (p. 150-1). Il faut lire cette période comme étant difficile pour les collections princières : le livre suit conquêtes et défaites étatiques.

Du religieux au prince, l’université émerge comme un autre modèle pour accélérer l’accumulation des livres. Thomas Bodley offre à Oxford une conceptualisation nouvelle et influente de sa bibliothèque (p. 162-3). Naudé offre aussi à cette époque un des premiers traité bibliothéconomique, ayant influencé Liebniz (p. 168).

Un survol du 18e siècle français offre une incursion au sein des bibliothèques pré-modernes. Celles-ci sont ouvertes au savants, constituent un catalogue assurant la publicité des livres (p. 200-1). C’est aussi lors de ce 18e siècle que Barbier fait mention – un tout petit paragraphe – de l’Amérique : Benjamin Franklin et sa bibliothèque de 1731 (et son club de lecture nommé The Junto) ainsi que James McGill et son don (lors de son décès en 1811) pour fonder l’université éponyme (p. 217).

Ce que j’ai le plus aimé de ce livre fut son traitement de l’Antiquité et surtout, du recensement des plans de César pour fonder une bibliothèque “publique” – c’est à dire, selon la conception du public de l’époque (la citoyenneté est un concept très hermétique et désigne une minorité de la population).

Par ailleurs, le livre de Barbier m’a fait apprécier l’aspect purement paradoxal de l’histoire des bibliothèques. Trois forces ont mues les dynamiques influentes des bibliothèques : les princes ; les prêtres ; et les pestes. Chacune de ses forces ayant contribuée à sa façon à la création et la destruction des bibliothèques. Les princes pillaient et brûlaient les bibliothèques de leurs semblables, tout en accumulant d’impressionnantes collections. Les prêtres aussi, les moines moyenâgeux ayant contribuer à sauver puis publiciser (diffuser) l’héritage de l’Antiquité tandis que la doxa catholique imposait l’index et le contrôle de la pensée. Les protestants ayant retenu une avenu ouverte. Finalement, les pestes (humidité, vermine, etc.) grugent les documents mais ont aussi ouvert la voie à des pratiques bibliothéconomiques contemporaines : l’aménagement des collections dans un bâtiment constitue en partie une réponse à la menace des pestes.

Il reste à savoir comment une nouvelle force, la technologie, tisse ses liens avec les bibliothèques. Certes, l’imprimerie constitue une première force “récente” (500 dernières années) mais il reste à voir comment le numérique entre en jeu.

Pour tout dire, ce livre m’aide à comprendre que les bibliothèques et le droit d’auteur sont apparus en vertu de forces distinctes… et il faut en attendre émerger d’autres pour les voir converger.

Apéro April le 27 février 2015 à partir de 19h00 dans les locaux de l'April (Paris)

April -

Début: 27 Février 2015 - 19:00Fin: 27 Février 2015 - 22:00 Un apéro April ?

Un apéro April consiste à se réunir physiquement afin de se rencontrer, de faire plus ample connaissance, d'échanger, de partager une verre et de quoi manger mais aussi de discuter sur l'actualité et les actions de l'April. Un apéro April est ouvert à toute personne qui souhaite venir, membre de l'April ou pas. N'hésitez pas à venir nous rencontrer.

L'apéro a lieu à Paris notamment parce que le local s'y trouve ainsi que les permanents et de nombreux actifs. Il est cependant possible d'y participer à distance en se connectant sur le salon irc de l'April (sur le salon #april du réseau irc.freenode.net, accès possible par webchat). Membre ou pas de l'April vous êtes les bienvenus. Contactez-nous pour organiser un Apéro April dans votre région.

Quand et quoi

Le prochain apéro aura lieu le 27 février 2015 à partir de 19h00 dans les locaux de l'April au 44/46 rue de l'ouest, bâtiment 8, 75014 Paris (entrée possible par la place de la Catalogne, à gauche du biocop, au niveau des autolib), le téléphone du local est le 01 78 76 92 80 en cas de besoin.

Pour tous les détails et vous inscrire rendez-vous sur le pad.

La liberté d’expression dépend de nous

Framablog -

Nous avons choisi aujourd’hui de donner un écho à l’article publié sur son blog par Thierry Crouzet (en savoir plus sur ce geek polygraphe né avant le Minitel). Comme d’autres, avec moins d’acrimonie toutefois, il pointe les limites de nos protestations. Mais il a le mérite de proposer quelques actions concrètes que nous pouvons entreprendre demain matin.

Certains, très remontés contre l’étranglement en cours des libertés numériques, trouveront peut-être ses suggestions trop timorées ou idéalistes… mais la nécessaire réactivité n’empêche pas d’opérer un examen critique de nos propres habitudes sur le Net : défendons-nous la liberté d’expression par notre écoute complaisante des voix dominantes, la somnolence de notre esprit de discernement, la maigreur de notre créativité en ligne au regard de notre consommation démesurée de contenus, notre fréquente incuriosité et notre si rapide lassitude ? — autant de critiques en creux dans la liste des recommandations que vous allez lire.

Lorsqu’il nous enjoint de modifier nos comportements pour réaliser la liberté d’expression, Thierry Crouzet n’est pas loin d’écrire en moraliste. 

Les commentaires sont temporairement ouverts et modérés.

Comment défendre la liberté d’expression sur le Net et ailleurs

Une tribune libre de Thierry Crouzet

C’est bien beau de descendre dans la rue au nom, entre autres, de la liberté d’expression, mais croyez-vous que nous serons demain plus libres de nous exprimer après la démonstration d’unité nationale du 11 janvier 2015 ?

Extase collective. Grande communion. Nécessaire décharge émotionnelle. Vos intentions diverses auront été incapables de défendre ce qui était au cœur du problème, à son origine, le droit de s’exprimer librement sans encourir la peine de mort, l’emprisonnement, les coups de bâton ou la simple censure.

Une nation n’est pas la somme de ses individus, elle est elle-même et possède une volonté propre, celle de se perpétuer. Elle n’existe que par une sorte d’autopoïèse, l’enfermement de ses atomes dans un corps où leur individualité a bien peu d’importance.

La nation exige le contrôle et la liberté d’expression s’oppose au contrôle. Elle est désordre et complexification.

Manifester par millions, s’affirmer comme nation est d’une certaine manière incompatible avec la volonté de maintenir et de développer la liberté d’expression, c’est-à-dire une gigantesque diversité qu’ensevelit le mouvement unitaire d’un jour. Une fois la nation révélée plus puissante que la plupart ne le pensait, ses porte-garants s’en trouvent ragaillardis, leur volonté redouble de maintenir l’entité étrange dont ils sont le fer de lance. Ils n’auront d’autres fins que renforcer sa carapace, que réduire son désordre, que limiter sa complexité, que s’opposer à la liberté d’expression.

Plus une nation est puissante moins on y est libre.

Il est déjà question de serrer la vis sur Internet, d’imposer aux hébergeurs une validation a priori des contenus. Comme nous sommes désormais tous producteurs de textes, photos, vidéos, il faudrait mettre derrière chacun de nous un contrôleur. Vous voyez bien l’absurdité. Finis Facebook, Twitter, les plateformes de blogs… Ces services ne peuvent disposer d’autant de salariés que d’utilisateurs.

Comme l’a démontré Valentin Turchin, un système de supervision pour être efficace doit maintenir un niveau de complexité au moins égal à celui du système à contrôler. Pour contrôler une foule sur le Net, il faut une autre foule, à moins de limiter les pouvoirs de la foule, de lui interdire de s’exprimer librement.

Le contrôle a priori du Net est donc tout simplement impossible à moins de réduire drastiquement le nombre des gens qui ont le droit de s’exprimer.

Dans un monde libre, seule la vigilance de chacun préserve la liberté de tous.

Alors au travail. Et un point de logique maintenant. Notre temps d’attention est limité. Nous ne pouvons pas aujourd’hui écouter, lire, voir plus de contenus que dix ou vingt ans plus tôt, à moins de rester rivé à nos écrans et de renoncer à toute action sur le monde. Si on mesure l’audience en heures d’écoute par individu, elle s’accroît sans doute, mais pas dramatiquement avec la technologie. Notre bande passante en input n’augmente guère.

Si je m’exprime sans que personne ne m’écoute, suis-je réellement libre de m’exprimer ? Oui et non. La liberté d’expression ne peut progresser que si les voix dissidentes ont une chance de se faire entendre, que si le désordre s’accroît dans la nation. Si tout le monde est libre de s’exprimer mais si tout le monde écoute uniquement les médias dominants, la liberté d’expression est bel et bien en danger.

Pour défendre la liberté d’expression, il ne nous suffit donc pas de manifester, de crier notre mépris de la censure et des lois de type Patriot Act. Nous devons diversifier nos sources d’information, de réflexion, de critiques. Nous n’avons pas le droit de nous offusquer de la censure si, au fond, elle n’affecte pas ce que nous lisons et si nous-mêmes sommes des censeurs involontaires.

Se lever pour la liberté d’expression, c’est une bonne intention qui doit se doubler d’un plan d’action concret. Il s’agit de dépenser autrement notre temps d’attention. Plutôt que de le concentrer sur quelques sources quasi officielles, nous devons le répartir entre un plus grand nombre de sources.

  1. S’imposer tous les jours de lire au moins une source nouvelle.
  2. Pousser sur les réseaux sociaux des articles issus des voix indépendantes, par rapport à celle des grands médias.
  3. Ne plus suivre les grands médias qu’avec parcimonie.
  4. Ne pas se focaliser sur la voix de la nation et de ses alliés.
  5. Devenir une voix, participer à la biodiversité.

La liberté d’expression dépend de l’usage que chacun fait de sa liberté d’écouter, de lire, de voir… C’est nous-mêmes qui la mettons en danger par notre fainéantise.

PS : Au moment où la nation se trouve renforcée, les grands journaux voient leur audience augmenter, signe déjà d’une recentralisation de l’audience, signe que de nombreuses autres voix parlent dans le vide.

Où est Charlie maintenant ? Tout là-bas dans le bleu.

Billet et image (cc) by-nc-sa, 2005-2015, Thierry Crouzet

Des lois européennes pour renforcer la surveillance de masse ?

Framablog -

Parmi les articles qui soulignent l’importance de ne pas sacrifier notre liberté de communication et d’expression par Internet à une illusoire sécurité, nous vous invitons aujourd’hui à prendre un peu de champ en adoptant le point de vue d’un juriste britannique.

Steve Peers se positionne sur le principe, et pas seulement sous l’effet d’une émotion ou d’une vision partisane franco-centrée. Il est assez bon connaisseur des institutions européennes pour savoir que l’arsenal des procédures légales en ce qui concerne la recherche et la transmission des informations est déjà suffisant dans la communauté européenne — et bien sûr la France n’est pas en reste.

C’est un professeur de droit de l’Université de l’Essex qui nous le dit : davantage de lois anti-terroristes en Europe, c’est une erreur dictée par la panique !

L’Europe a-t-elle vraiment besoin de nouvelles lois anti-terroristes ?

par Steve Peers

source : Does the EU need more anti-terrorist legislation?

Traduction Framalang : Framatophe, nilux, goofy, niilos, r0u, Asta, peupleLà, Diab, Jane Doe, lamessen

À la suite des attentats épouvantables subis par Paris il y a quelques jours, il n’aura fallu que 24 heures à la Commission européenne pour déclarer qu’elle allait proposer une nouvelle série de mesures anti-terroristes pour l’Union européenne dans un délai d’un mois. On ne sait pas encore quel sera le contenu de ces lois ; mais l’idée même d’une nouvelle législation est une grave erreur.

Bien entendu, il était légitime que les institutions européennes expriment leur sympathie pour les victimes des attentats et leur solidarité pour tout ce qui relève de la défense de la liberté d’expression. De même, il ne serait pas problématique de recourir si nécessaire aux lois anti-terroristes qui existent déjà de l’Union européenne, afin par exemple de pouvoir livrer les suspects de ce crime sur la base d’un mandat d’arrêt européen (MAE), au cas où ils fuiraient vers un autre État membre. La question est plutôt de savoir si l’Union européenne a vraiment besoin de davantage de lois dans ce domaine.

En effet, l’UE a déjà réagi à des actes de terrorisme antérieurs, d’abord à l’occasion du 11 septembre puis au moment des atroces attentats de Madrid et de Londres en 2004 et 2005. Le résultat en est un vaste corpus de lois anti-terroristes, répertoriées ici dans le projet SECILE. Il comprend non seulement des mesures ciblant spécifiquement le terrorisme (comme les mesures de droit pénal adoptées en 2002 et modifiées en 2008), mais aussi de nombreuses autres mesures qui facilitent la coopération pour tout ce qui concerne tant le terrorisme que les infractions pénales, telles que, par exemple, le mandat d’arrêt européen, les lois sur l’échange d’informations entre les polices, la transmission des indices et preuves par-delà les frontières, etc.

En outre, sont déjà discutées des propositions qui s’appliqueraient entre autres aux questions de terrorisme, comme une nouvelle législation pour Europol, les services de renseignement de l’UE (voir ici pour la discussion) ou un projet de loi de l’UE visant à faciliter la transmission des données nominales des passagers de transports aériens (Passenger Name Record, dont l’acronyme PNR est utilisé plus loin dans ce billet).

Alors quelles sont les nouvelles lois que va probablement proposer la Commission ? Elle peut suggérer une nouvelle version de la directive sur la rétention des données, dont la précédente version avait été invalidée au printemps dernier [1] par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), dans son jugement sur les droits numériques (en discussion ici). Les autres idées débattues, selon des documents qui ont été divulgués (voir ici et ), concernent de nouvelles lois visant à renforcer les contrôles obligatoires aux frontières.

Est-ce que ces lois sont véritablement nécessaires ? Les États membres peuvent déjà adopter des lois sur la rétention des données de communication, conformément à la directive de l’UE concernant la protection de la vie privée sur Internet. Comme l’a confirmé le service juridique du parlement européen (voir son avis ici), si les États membres adoptent de telles mesures, ils seront soumis aux contraintes de l’arrêt sur les droits numériques, qui interdit la surveillance de masse menée en l’absence de garde-fous pour protéger la vie privée. De même, les États membres sont libres d’établir leur propre système de PNR, en l’absence de toute mesure à l’échelle de l’UE (en-dehors des traités PNR entre l’UE et les États-Unis, le Canada et l’Australie). La question de savoir si la surveillance de masse est compatible, en tant que telle, avec les droits de l’Homme a déjà été soumise à la CJUE par le Parlement européen, qui a demandé à la Cour de se prononcer sur cette question dans le contexte du traité PNR UE/Canada (en discussion ici).

Il serait possible d’adopter de nouvelles lois imposant un contrôle systématique des frontières dans certains cas. En pratique, cela signifierait probablement des contrôles ciblant les musulmans revenant d’endroits comme la Syrie. On peut se demander si poser des questions détaillées supplémentaires aux frontières extérieures serait, en soi, un moyen d’empêcher le terrorisme. Après tout, suite aux attentats de Paris, il a malheureusement été démontré qu’il était impossible d’empêcher une attaque terroriste malgré une législation anti-terroriste développée sur le papier et malgré la présence de gardes du corps pour protéger les collaborateurs d’une personne identifiée comme une cible des terroristes.

Il est également question de principe ici. Les attentats de Paris étaient directement dirigés contre la liberté d’expression : c’est le fondement d’une démocratie avancée. Bien sûr, il faudra intensifier les efforts pour empêcher ces situations de se reproduire ; mais les lois existantes permettent déjà la collecte et le partage de renseignements ciblés. La réponse immédiate de la Commission a une odeur nauséabonde de panique. Et l’attaque directe des principes fondamentaux de la démocratie dont a été victime Paris ne devrait pas servir de prétexte à de nouvelles attaques contre d’autres libertés civiles fondamentales.

Des articles sur le même thème :
Note

[1] Voir le communiqué de presse en français sous ce lien

Des lois européennes pour renforcer la surveillance de masse ?

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Parmi les articles qui soulignent l’importance de ne pas sacrifier notre liberté de communication et d’expression par Internet à une illusoire sécurité, nous vous invitons aujourd’hui à prendre un peu de champ en adoptant le point de vue d’un juriste britannique.
Steve Peers se positionne sur le principe, et pas seulement sous l’effet d’une émotion ou d’une vision partisane franco-centrée. Il est assez bon connaisseur des institutions européennes pour savoir que l’arsenal des procédures légales en ce qui concerne la recherche et la transmission des informations est déjà suffisant dans la communauté européenne — et bien sûr la France n’est pas en reste.
C’est un professeur de droit de l’Université de l’Essex qui nous le dit : davantage de lois anti-terroristes en Europe, c’est une erreur dictée par la panique !

L’Europe a-t-elle vraiment besoin de nouvelles lois anti-terroristes ?

par Steve Peers

source : Does the EU need more anti-terrorist legislation?
Traduction Framalang : Framatophe, nilux, goofy, niilos, r0u, Asta, peupleLà, Diab, Jane Doe, lamessen

À la suite des attentats épouvantables subis par Paris il y a quelques jours, il n’aura fallu que 24 heures à la Commission européenne pour déclarer qu’elle allait proposer une nouvelle série de mesures anti-terroristes pour l’Union européenne dans un délai d’un mois. On ne sait pas encore quel sera le contenu de ces lois ; mais l’idée même d’une nouvelle législation est une grave erreur.

Bien entendu, il était légitime que les institutions européennes expriment leur sympathie pour les victimes des attentats et leur solidarité pour tout ce qui relève de la défense de la liberté d’expression. De même, il ne serait pas problématique de recourir si nécessaire aux lois anti-terroristes qui existent déjà de l’Union européenne, afin par exemple de pouvoir livrer les suspects de ce crime sur la base d’un mandat d’arrêt européen (MAE), au cas où ils fuiraient vers un autre État membre. La question est plutôt de savoir si l’Union européenne a vraiment besoin de davantage de lois dans ce domaine.

En effet, l’UE a déjà réagi à des actes de terrorisme antérieurs, d’abord à l’occasion du 11 septembre puis au moment des atroces attentats de Madrid et de Londres en 2004 et 2005. Le résultat en est un vaste corpus de lois anti-terroristes, répertoriées ici dans le projet SECILE. Il comprend non seulement des mesures ciblant spécifiquement le terrorisme (comme les mesures de droit pénal adoptées en 2002 et modifiées en 2008), mais aussi de nombreuses autres mesures qui facilitent la coopération pour tout ce qui concerne tant le terrorisme que les infractions pénales, telles que, par exemple, le mandat d’arrêt européen, les lois sur l’échange d’informations entre les polices, la transmission des indices et preuves par-delà les frontières, etc.

En outre, sont déjà discutées des propositions qui s’appliqueraient entre autres aux questions de terrorisme, comme une nouvelle législation pour Europol, les services de renseignement de l’UE (voir ici pour la discussion) ou un projet de loi de l’UE visant à faciliter la transmission des données nominales des passagers de transports aériens (Passenger Name Record, dont l’acronyme PNR est utilisé plus loin dans ce billet).

Alors quelles sont les nouvelles lois que va probablement proposer la Commission ? Elle peut suggérer une nouvelle version de la directive sur la rétention des données, dont la précédente version avait été invalidée au printemps dernier [1] par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), dans son jugement sur les droits numériques (en discussion ici). Les autres idées débattues, selon des documents qui ont été divulgués (voir ici et ), concernent de nouvelles lois visant à renforcer les contrôles obligatoires aux frontières.

Est-ce que ces lois sont véritablement nécessaires ? Les États membres peuvent déjà adopter des lois sur la rétention des données de communication, conformément à la directive de l’UE concernant la protection de la vie privée sur Internet. Comme l’a confirmé le service juridique du parlement européen (voir son avis ici), si les États membres adoptent de telles mesures, ils seront soumis aux contraintes de l’arrêt sur les droits numériques, qui interdit la surveillance de masse menée en l’absence de garde-fous pour protéger la vie privée. De même, les États membres sont libres d’établir leur propre système de PNR, en l’absence de toute mesure à l’échelle de l’UE (en-dehors des traités PNR entre l’UE et les États-Unis, le Canada et l’Australie). La question de savoir si la surveillance de masse est compatible, en tant que telle, avec les droits de l’Homme a déjà été soumise à la CJUE par le Parlement européen, qui a demandé à la Cour de se prononcer sur cette question dans le contexte du traité PNR UE/Canada (en discussion ici).

Il serait possible d’adopter de nouvelles lois imposant un contrôle systématique des frontières dans certains cas. En pratique, cela signifierait probablement des contrôles ciblant les musulmans revenant d’endroits comme la Syrie. On peut se demander si poser des questions détaillées supplémentaires aux frontières extérieures serait, en soi, un moyen d’empêcher le terrorisme. Après tout, suite aux attentats de Paris, il a malheureusement été démontré qu’il était impossible d’empêcher une attaque terroriste malgré une législation anti-terroriste développée sur le papier et malgré la présence de gardes du corps pour protéger les collaborateurs d’une personne identifiée comme une cible des terroristes.

Il est également question de principe ici. Les attentats de Paris étaient directement dirigés contre la liberté d’expression : c’est le fondement d’une démocratie avancée. Bien sûr, il faudra intensifier les efforts pour empêcher ces situations de se reproduire ; mais les lois existantes permettent déjà la collecte et le partage de renseignements ciblés. La réponse immédiate de la Commission a une odeur nauséabonde de panique. Et l’attaque directe des principes fondamentaux de la démocratie dont a été victime Paris ne devrait pas servir de prétexte à de nouvelles attaques contre d’autres libertés civiles fondamentales.

Des articles sur le même thème :
Note

[1] Voir le communiqué de presse en français sous ce lien

Et si nous concevions une informatique pour le grand public ?

Framablog -

En mai dernier, sur l’événement « Vosges Opération Libre », j’ai eu la chance d’assister à une conférence de Benjamin Sonntag qui ne m’était pas adressée. Ce défenseur de la culture libre, du chiffrement et de la neutralité du net avait choisi de parler aux barbu-e-s, à ces personnes qui font l’informatique, qui développent nos systèmes d’exploitation, logiciels et services. Son message était simple. Si l’on veut revenir à un « ordinateur ami », celui qui ne se retourne pas contre nous pour aspirer nos données, il faut qu’un maximum de monde utilise des services décentralisés, du chiffrement et du logiciel libre.

Et pour cela, inspirons-nous des succès du logiciel libre. Firefox, VLC, Wikipédia… sont constamment utilisés par les Dupuis-Morizeau, sans que cette sympathique famille-témoin de Normandie n’aille regarder sous le capot. Coder ne suffit pas. Il faut s’efforcer d’impliquer à la source du développement des ergonomistes, des designeurs et des graphistes. Des gens qui rendront l’utilisation du libre décentralisé et chiffré tellement simple qu’elle en deviendra évidente et se répandra comme une trainée de poudre. Des gens qui sauront se mettre à la place de l’utilisateur lambda, d’une Jessica.

L’histoire de Jessica ne nous enseigne pas d’abandonner toute éducation à l’informatique, au Libre et aux sujets qui nous mobilisent. L’histoire de Jessica nous rappelle qu’il y a des personnes qui conduisent sans connaître le fonctionnement d’un moteur à explosion. Et que c’est à nous de ne pas les laisser au bord de la route.

L’histoire de Jessica

Par SwiftOnSecurity (CC-BY 4.0)
Article original paru sur le tumblr de SwiftOnSecurity
Traduction Framalang : audionuma, Penguin, Diab, nilux, Omegax, nilux, lumi, teromene, r0u et les anonymes…

Je veux que vous vous imaginiez quelqu’un pour moi. Son nom est Jessica et elle a 17 ans. Elle vit dans un petit 3 pièces avec sa mère, et elle a un vieil ordinateur portable récupéré d’un ex de sa mère. Elle s’en sert pour se connecter au portail communautaire de son lycée. Elle s’intéresse aux garçons, à l’amour et au versement de la prochaine mensualité du loyer qui permettra à sa mère et elle de garder leur logement.

Elle n’a pas d’argent pour un nouvel ordinateur portable. Elle n’a pas non plus d’argent pour le mettre à niveau. Elle ne sait même pas comment on fait ça. Elle a d’autres centres d’intérêt, comme la biologie. Ce qui l’inquiète, c’est de savoir comment elle va payer ses études à la fac, et si ses résultats seront assez bons pour, d’une manière ou d’une autre, obtenir une bourse.

La seule personne de son entourage qui s’y connaisse en ordinateurs, c’est Josh, du cours d’anglais. Elle sait qu’il lui faut un antivirus, alors c’est à lui qu’elle demande. Il lui en propose un à 50$ par an, mais remarquant son soudain malaise, il mentionne gentiment un antivirus gratuit. Lorsqu’elle rentre à la maison, elle le télécharge et l’installe. Ça lui a demandé des efforts, ça semblait compliqué, ça a pris un peu de temps, mais il y avait maintenant une nouvelle icône rassurante en bas à droite de son écran qui indiquait « Protégé » lorsqu’elle passait sa souris dessus.

Jessica entend constamment aux infos des histoires d’entreprises piratées, de photos volées. Elle a entendu sur CNN qu’il fallait avoir un mot de passe complexe contenant quelque chose de spécial, comme un symbole dollar, alors elle obtempère. Au moins pour son compte Facebook — tout ça ne l’intéresse pas assez pour chercher comment changer les mots de passe de ses autres comptes. Ça semble tellement fastidieux, et elle est déjà assez occupée à retenir les équations abstraites de son cours de maths. Elle n’a pas envie de mémoriser une autre chaîne de caractères abstraite pour ses mots de passe. Et puis, c’est une adolescente ; son cerveau n’est doué ni pour l’organisation, ni pour prévoir et pallier les risques.

Elle a entendu parler d’un truc appelé gestionnaire de mots de passe, mais elle sait qu’il ne faut pas télécharger sur Internet. Elle ne sait pas à qui faire confiance. Une fois, elle a cliqué sur le bouton « Télécharger maintenant » pour un programme dont elle avait entendu parler aux infos, et ça l’a emmenée sur un site différent. Elle n’a pas de communauté à qui demander conseil. Et à côté de ça, elle essaie de trouver quoi porter pour son rendez-vous avec Alex samedi. Jessica se demande s’il l’aimera bien quand il la connaîtra mieux, après avoir passé du temps ensemble et parlé en tête à tête pour la première fois. Elle s’inquiète aussi de savoir s’il va briser son cœur, comme les autres.

Parfois, elle a des fenêtres qui lui demandent de mettre à jour un logiciel. Mais une fois, elle a mis à jour un truc appelé Java, et après avoir cliqué sur le E bleu qui la conduit sur Facebook, une nouvelle ligne d’icônes est apparue. Elle n’est pas sûre que ce soit lié, mais elle est du genre suspicieuse. L’ordinateur fonctionne toujours, et elle ne veut pas le casser en essayant de tirer ça au clair. Elle ne peut pas s’offrir une hotline comme Geek Squad pour 200$. C’est embêtant, mais ça fonctionne toujours. La prochaine fois que quelque chose lui demandera une mise à jour, elle dira non. Elle n’a pas besoin de nouvelles fonctionnalités, surtout si elles rendent sa fenêtre Facebook encore plus petite. Et si c’était important, elles s’installeraient toutes seules, non ? Pourquoi devraient-elles demander ? Il est 19H42, elle doit aller à son rendez-vous.

Un jour, Jessica reçoit un e-mail qui se dit être une lettre d’expulsion. Il dit aussi provenir de communication-locataires@hud.gov. Elle sait ce qu’est HUD, pour l’avoir vu sur les formulaires que sa mère remplit pour bénéficier d’une aide au paiement de l’appartement. Mais elle a entendu aux informations qu’il ne fallait pas ouvrir de fichiers inconnus. Elle s’improvise alors détective. Elle va sur le site hud.gov, et c’est bien ce à quoi elle s’attendait : le Département Américain de l’Habitation et du Développement Urbain. Elle navigue sur le site, qui ne semble pas avoir été écrit par un Russe. Elle ouvre donc le fichier. Adobe Reader s’ouvre, mais le mail dit clairement que si le document est vide, il n’y a pas à s’inquiéter. Elle essaie d’aller à la page suivante, mais il n’y en a pas. Tant pis. Elle n’en parlera pas pas à sa mère, car elle ne veut pas l’inquiéter.

Ce que Jessica ne sait pas, c’est que la lumière blanche qui a commencé à s’allumer sur son ordinateur est celle de la caméra intégrée. Elle ne sait même pas que son ordinateur a une caméra. Mais cette caméra a commencé à l’enregistrer. Et le logiciel qui enregistre sa caméra a aussi commencé à enregistrer tout ce qui s’affiche sur son écran. Y compris quand elle a envoyé à Alex les photos qu’elle a prise pour lui, lorsqu’elle est tombée amoureuse de lui. De toute façon, quand elle entre ses mots de passe, ils s’affichent sous la forme de ronds noirs. Même si quelqu’un était derrière elle et regardait son écran, il ne pourrait pas connaître son mot de passe. Elle ne sait pas que le logiciel enregistre aussi ce qu’elle tape sur son clavier. Rien ne l’a alertée. Tout comme rien ne l’a alertée que la caméra était allumée. Et le microphone.

De temps en temps, elle passe sa souris sur l’icône de l’antivirus. Ça lui dit « protégé ». Ça ne peut qu’être vrai. Après tout c’est le logiciel que Josh lui a conseillé…

Quel est le tort de Jessica dans cette histoire ? Est-ce le fait de ne pas s’être renseignée sur les avantages de l‘Open Source et de ne pas utiliser Linux, qui est gratuit ? Est-ce le fait de ne pas avoir d’amis ou de personnes de sa famille suffisamment calées en informatique et à qui elle pourrait demander conseil ? Est-ce le fait de ne pas s’être liée d’amitié avec Josh ? Est-ce le fait d’avoir d’autres priorités dans la vie ? Est-ce le fait de ne pas savoir que les sociétés qui lui fournissent des mises à jour en profitent pour envahir son ordinateur de logiciels malveillants, et qu’elle doive systématiquement décocher une case pour ne pas les avoir ? Est-ce le fait de ne pas savoir que le protocole SMTP est une vieille technologie qui ne demande pas d’authentification ? Pourquoi n’a-t-elle pas mis de ruban adhésif devant sa webcam ? Pourquoi n’a-t-elle pas démonté son ordinateur pour en retirer le microphone ?

Peut-être que ce n’est pas de sa faute. Peut-être que la sécurité informatique pour les gens normaux n’est pas la série d’étapes faciles et de vérités absolues que nous leur assénons avec notre prétendue sagesse, et qu’ils préfèrent ignorer par mépris pour la sous-classe de nerds que nous sommes.

Peut-être que c’est le fonctionnement même de l’informatique grand public qui en est la cause. Et qui a construit ce monde de libertés, un monde qui a si bien servi à cette Jessica de 17 ans ? C’est vous. C’est nous.

Alors ? À qui la faute ?

***

Crédits photos :

Conférence Benjamin Sonntag : CC-BY-SA Lionel Allorge

Innocent Girl on Laptop : CC-BY-SA Picture Youth

Internet Surveillance : CC-BY Mike Licht.

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