Le monde du libre

Mon projet est un finaliste pour la fondation Knight !!

CultureLibre.ca - Olivier Charbonneau -

Il y a quelques semaines, j’ai fait suivre à un concours de la Fondation Knight une idée sur laquelle je planchais depuis quelques mois. Cette année, cette fondation d’envergure aux USA a lancé le défi de “transformer les bibliothèques” et j’ai imaginé un système qui offre des jeux vidéos sous licence.

Et bien, j’ai été choisi parmi les 678 projet comme un des 42 finalistes !! Quel honneur ! J’ai bien hâte de partager avec vous la suite des choses….

Élection MTL:PY ce lundi

Montréal Python -

Comme chaque année, l'équipe d'organisation de la communauté Montréal-Python va procéder à l'élection du conseil. Les membres du conseil sont les représentants légaux de l'association, mais ce sont aussi des personnes qui apportent leur énergie et leurs idées pour animer la communauté.

Toute personne abonnée à la liste de discussion peut présenter sa candidature pour une des positions suivantes:

  • Président
  • Vice-Président
  • Secrétaire
  • Trésorier

Veuillez noter que d'autres postes pourraient être créés au besoin.

Nous souhaitons rappeler qu'il n'est pas nécessaire de faire partie du conseil (ni même de l'équipe d'organisation permanente) pour organiser des événements sous la bannière de Montréal-Python; le conseil est un organe officiel, mais c'est vous, membres de la communauté, qui faisez vivre Python à Montréal.

Quand:

Lundi 3 novembre à 20h

Où:

Bureaux d'Ajah, 1124 Marie-Anne Est https://goo.gl/maps/xN1ck

Comment:

Vote à main levée

Venez nous voir lundi :)

Études sur les doigts

CultureLibre.ca - Olivier Charbonneau -

J’ai souvent des conversations intéressantes avec des collègues français au sujet du zèle que nous québécois portons à maintenir l’intégrité linguistique de la langue française. Il trouvait que l’on exagère, il faut laisser une langue vivre, respirer, se développer. Peut-être, mais en tant que simple blogueur francophone sur les sujets techno-juridiques, je dois avouer que je suis témoin de belles bourdes et autres laxismes terminologiques.

Un anglicisme est inacceptable lorsqu’un mot valide existe déjà. Un néologisme est pertinent lorsqu’une idée ne s’exprime pas convenablement dans notre langue et il est convenable de maintenir un certain décorum, une intégrité phonético-poétique.

Je reçois dans mes courriel d’une autre collègue bien intentionnée une note concernant un appel de communications pour le lancement d’une nouvelle revue scientifique, publiée chez Classiques Garnier, intitulée: Études digitales.

Et hop. Je lance l’application du Petit Robert sur mon portable et je vérifie une source autoritaire sur la question. Digital réfère aux doigts. Il faut dire numériques, sinon nous employons un anglicisme.

Je croyais un canular – honnêtement, le site de l’éditeur ne mentionne pas encore la revue. Et l’appel concerne l’écriture de texte, alors il y a quand même un lien avec les doigts car ces appendices servent de vecteur aux mots numériques.

En vertu des dispositions sur l’utilisation équitable (art. 29 et suivantes) de la Loi canadienne sur le droit d’auteur, je vous communique l’appel de textes de cette revue sur le bout des doigts:

Appel pour le numéro 1 de la revue Études Digitales

« Le texte à venir »
La revue sera publiée chez Classiques Garnier
Le numéro 1 de la revue Études Digitales sollicite l’ensemble des humanités pour tenter d’appréhender les enjeux d’une mutation du texte par l’effet de sa digitalisation. Qu’est-ce que le texte digital ? Après le texte manuscrit, imprimé ou « tapuscrit » à la machine, le texte écrit au clavier d’ordinateur ou sur une tablette doit-il être envisagé comme la poursuite d’une même tradition textuelle ou au contraire ne vient-il pas produire un nouvel « encodage » ? Après le texte relié et édité sous la forme du codex, le texte à l’écran produit-il les mêmes effets ? Le texte digital est-il texte au sens des régimes antérieurs de texte, ou est-il résolument d’une autre nature ? N’assistons-nous pas à une transformation de sa grammatisation en même temps que se modifient les techniques de sa reproduction et de sa diffusion comme cela s’est produit au XVe siècle avec l’avènement de l’imprimerie ?
Plusieurs dimensions du texte digital seront envisagées dans ce numéro 1 : sa matérialité à travers les appareils et les interfaces qui le rendent visible, son mode de conservation et d’organisation de la mémoire, son inscription paradigmatique dans les représentations du savoir, les pratiques qu’il permet dans un contexte interopérable. Seront également traités les échanges qu’il autorise, les formes d’interprétation qu’il suscite ou facilite, plus largement, les questions qu’il pose à une culture fondée sur la conservation des textes, en termes d’historicité et d’invention poétique.
Le texte digital, de par son caractère dématérialisé et hypertextuel, ne peut être considéré comme le simple transfert du texte imprimé sur un nouveau support. Il produit des effets inédits dans le monde de l’écrit : multiplicité des traces jusqu’à l’hypermnésie, duplication indéfinie, mais aussi annulation et effacement, perte ou dilution de la source au profit d’une auctoritas partagée.
Genette définit la transtextualité comme « tout ce qui met (le texte) en relation, manifeste ou secrète, avec d’autres textes ». Ceci permet d’envisager une transtextualité digitale qui met en œuvre, par sa constitution même, un mode général de transversalité et d’hybridation. Ainsi, le numéro 1 de la revue Études Digitales s’ouvre-t-il à une conception élargie du texte, ainsi qu’à tout ce qui se situe au-dessus, au-dessous et autour du texte.
Plusieurs dimensions de la textualité digitale pourront être investies :
Le texte digital entre production, commentaire et invention
L’évolution du support suscite de nouvelles formes d’écriture et de lecture, mais surtout un texte digital ne peut être envisagé selon les mêmes critères qu’un texte imprimé. Il s’agit d’un objet hybride et composite dont les contours ne s’arrêtent pas aux limites de la page ou du volume qui constituaient la forme des textes depuis le codex antique. Un texte digital peut se trouver relié à une multitude d’autres textes (hypertexte) et conserver, comme un wiki, toutes les strates de sa production. Comment produire le texte digital ? Comment envisager une fabrication qui ne soit pas simplement le transfert des pratiques antérieures d’écriture ? Faut-il envisager une herméneutique spécifique du texte digital parallèlement à l’émergence d’une poétique qui rapprocherait le commentaire de l’invention ? Devons-nous en attendre de nouveaux genres, une nouvelle littérature ?
Le texte digital et les savoirs
À l’intérieur de la tradition occidentale, chez Platon, la fixation textuelle apparaît comme un enjeu du savoir, de sa transmission et son organisation. Aujourd’hui, le texte digital réorganise la disposition et le classement des savoirs inscrits, produisant de nouvelles modalités d’accès, de représentation. Faut-il voir dans l’écriture digitale une textualité débarrassée des limites anciennes du texte imprimé et relié et un nouvel espace du texte « à venir » ? Des modes d’élaboration contributifs construisent-ils une articulation pertinente des échanges entre les spécialistes et les amateurs ? Quel format de savoir instruit le texte digital ?
Le texte digital entre mémoire générale et oubli
Dans le contexte digital, les régimes d’une mémoire, à la fois hypermnésique et instable, se trouvent soumis à l’obsolescence des supports et des formats. Quel est alors le statut mémoriel du texte ? Quels seront les modes de conservation et d’indexation du texte digital ? Comment retrouver l’état génétique d’un texte pour le replacer dans l’archéologie des disciplines, quand archive et trace deviennent problématiques ?
Direction de la revue : Franck Cormerais & Jacques Athanase Gilbert
Comité éditorial : Antonioli Manola (Ecole Supérieure d’Art et de Design de Valenciennes) – Catellin Sylvie (Université Versailles Saint-Quentin) – Komur Greta (Université de Mulhouse) – Le Deuff Olivier (Bordeaux-Montaigne) – Lefevre Anne (École Supérieure d’Architecture de Saint Etienne) – Loty Laurent (Paris IV, CNRS) – Marechaux Pierre (Université de Nantes) – Noyer Jean-Max (Université de Nice) – Puig Vincent ( IRI, Centre Pompidou) – Rey Olivier (CNRS) – Rousseaux Francis (Université de Reims/IRCAM) – Vitali-Rosati Marcello (Université de Montréal) –
Comité scientifique: Bachimont Bruno (Université de Compiègne) – Philippe Béraud (Télécom Bretagne) – Bouchardon Serge (Université de Compiègne) – Clivaz Claire (Université de Lausanne) – Carayol Valérie (Bordeaux-Montaigne) – Duféal Marina (Université de Bordeaux-Montaigne) – Giffard Alain (Administrateur civil/Fondateur de Gallica) – Ertzscheid Olivier (Université de Nantes) – Galinon-Mélénec Béatrice (Normandie Université-ULH) – Gefen Alexandre (Paris IV – Fabula) – Jauréguiberry Francis (Université de Pau, CNRS) – Khatchatourov Armen (Télécom ParisTech) – Kerouanton Jean-Louis (Université de Nantes) – Lescop Laurent (ENSAM Nantes) – Moore Gerald (Durham University) – Musso Pierre (Rennes2/ParisTech) – Prié Yannick (Université de Nantes) – Proulx Serge (UQAM Montréal) – Romele Alberto (Université de Porto) – Stiegler Bernard (Conseil National Supérieur du Numérique/Université de Londres/Goldsmith) – Vignon Daphné (Université de Nantes)
Projet d’article pour le 30 novembre 2014 d’environ 3000 signes (sans les espaces). La réponse d’acceptation sera donnée avant la fin décembre. Les articles seront à rendre pour le 1er février, ils seront soumis à la lecture en double aveugle des membres du comité scientifique. Longueur des articles : 30000 à 35000 signes (sans les espaces et bibliographie comprise).
Envoyer les propositions et articles à : etudesdigitales@gmail.com
Franck Cormerais et Jacques Athanase Gilbert
Franck.cormerais@u-bordeaux3.fr
jacques.gilbert@univ-nantes.fr

Ils sont fous ces Français !

J’ai pris une semaine de vacances la semaine dernière

CultureLibre.ca - Olivier Charbonneau -

Pour des raisons évidentes, je ne diffuse pas mes absences sur les réseaux sociaux, surtout ceux qui sont publics. Je l’annonce suite à mon retour, ce qui est un peu paradoxal mais bon.

La semaine dernière, je me suis réfugié en chalet dans notre belle forêt boréale. J’étais à plus de 15km d’une ligne téléphonique par satellite (et, ironiquement, internet aussi, lent mais stable), sans électricité. J’avais près de 150km de route à faire pour utiliser mon portable. Je faisais ce que les
gens font à l’automne dans les forêts au Québec.

L’endroit est géré par mon beau-frère et ma belle-soeur et, outre le conflit évident d’intérêt par ce lien familial, je vous le recommande fortement pour vos escapades pour toutes les saisons. En plus, c’est une entreprise familiale (avec 4 chevaux, 19 huskys et plein d’arbres) alors vous pouvez leur demander de vous monter un forfait spécial (comme une
nuitée en quinzhee (un igloo est fait de glace, cet abri est fait de neige) et des randonnées en chien de traîneau.

Bon, trêves de pubs, de retour à la culture libre.

Actions citoyennes, éducation populaire et logiciels libres

April -

L'April interviendra lors de la journée Éducation populaire et action citoyenne organisée par le CNAJEP (Comité pour les relations nationales et internationales des associations de Jeunesse et d'éducation populaire) le lundi 17 novembre 2014 au Comptoir Général, 80 quai de Jemmapes à Paris.

C'est lors des ateliers de deux heures de l'après-midi, plus particulièrement durant celui intitulé pour un usage citoyen du numérique, que Laurent Costy interviendra sur les outils et les démarches numériques propices à l'expression des valeurs d'éducation populaire. L'importance de favoriser les logiciels libres en milieu associatif sera un axe important de cette présentation. Christopher Talib, de la Quadrature du Net, fera une intervention sur la défense des libertés sur internet.

Vous pouvez consulter le programme détaillé et vous inscrire à cette journée ouverte à tous. Vous pouvez consultez aussi directement la page dédiée du site internet du Cnajep où vous trouverez toutes les informations utiles.

Revue de presse de l'April pour la semaine 43 de l'année 2014

April -

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 43

[Reporterre] Contre l'obsolescence informatique, vivent les logiciels libres!

Par Camille Lecomte, le jeudi 23 octobre 2014. Extrait:
> En avril dernier, Microsoft a mis fin au support Windows XP, entraînant la fin prématurée de 500 millions d’ordinateurs qui en étaient équipés à travers le monde. Windows pense-t-il par cette décision nous imposer ses nouvelles machines? C’est sans compter sur les logiciels libres!
Lien vers l'article original: http://www.reporterre.net/spip.php?article6472

[Rue89] Internet terrorise les députés. Tous? Non...

Par Camille Polloni, le jeudi 23 octobre 2014. Extrait:
> Ils sont déçus, mais prêts à recommencer quand il faudra (et ça ne manquera pas d’arriver). Pendant les débats sur la dernière loi antiterroriste, adoptée en commission mixte paritaire mardi, l’Assemblée nationale s’est transformée en théâtre de leur défaite.
Lien vers l'article original: http://rue89.nouvelobs.com/2014/10/23/a-reuni-les-trois-deputes-cyberoptimistes-255632

Et aussi:

[Direction Informatique] Le logiciel libre, une priorité du gouvernement Couillard?
[Branchez-Vous!] Le PLQ dévoile sa stratégie numérique

Voir aussi:

Réponses aux questions d'Isabelle Attard de 2014 sur l'application de la circulaire Ayrault sur le bon usage des logiciels libres dans les administrations

[JDN] L’écosystème du logiciel libre en France face à trois grands défis

Par Stéfane Fermigier, le jeudi 23 octobre 2014. Extrait:
> C’est en se regroupant au travers de structures (Clusters, Pôles de Compétitivité, etc) favorisant l'innovation ouverte, l'accès au marché, et la formation aux technologies de demain, que l’écosystème du logiciel libre en France pourra bénéficier des meilleures opportunités de création de valeur.
Lien vers l'article original: http://www.journaldunet.com/solutions/expert/58876/l-ecosysteme-du-logiciel-libre-en-france-face-a-trois-grands-defis.shtml

Et aussi:

[JDN] Florent Zara (Open World Forum): "L'open source permet de reprendre le contrôle de l'innovation numérique"

[Le Monde.fr] De l’utopie anti-Facebook au cyberdjihad, le destin contrarié du réseau social Diaspora

Par Martin Untersinger, le mardi 21 octobre 2014. Extrait:
> Le réseau axé sur les droits des utilisateurs a connu une histoire mouvementée.
Lien vers l'article original: http://www.lemonde.fr/pixels/article/2014/10/21/de-l-utopie-anti-facebook-au-cyberdjihad-le-destin-contrarie-du-reseau-social-diaspora_4504282_4408996.html

Et aussi:

[Basta!] Framasoft lance une ambitieuse campagne pour dégoogliser Internet

[Numerama] Microsoft clame son amour pour Linux

Par Julien L., le mardi 21 octobre 2014. Extrait:
> Lors d'une conférence sur Windows Azure, Microsoft a affiché son affection pour Linux, tranchant avec les vieilles controverses qui ont émaillé les relations entre la firme de Redmond et la communauté du logiciel libre. Mais cette déclaration n'est pas innocente: elle s'inscrit dans une évolution de fond de l'informatique grand public.
Lien vers l'article original: http://www.numerama.com/magazine/31005-microsoft-clame-son-amour-pour-linux.html

Et aussi:

[L'informatique] Microsoft enterre la hache de guerre avec Linux
[InformatiqueNews.fr] Microsoft aime enfin Linux

[Datanews.be] Le retour à Windows coûterait des millions à la ville de Munich

Par Pieterjan Van Leemputten, le lundi 20 octobre 2014. Extrait:
> Si Munich en revenait effectivement à Windows au bout de dix ans, cela lui coûterait des millions d'euros supplémentaires.
Lien vers l'article original: http://datanews.levif.be/ict/actualite/le-retour-a-windows-couterait-des-millions-a-la-ville-de-munich/article-normal-317265.html

Et aussi:

[Slate.fr] Les services municipaux de Munich songent à abandonner Linux

[Libération.fr] L'apprentissage en primaire du code informatique «dans l'année qui vient»

Par Hugo Pascual, le dimanche 19 octobre 2014. Extrait:
> A l'occasion de la «code week», la ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem, et la secrétaire d’Etat chargée du numérique, Axelle Lemaire, ont visité une session d'initiation à la programmation pour enfants.
Lien vers l'article original: http://www.liberation.fr/societe/2014/10/19/l-apprentissage-en-primaire-du-code-informatique-dans-l-annee-qui-vient_1122642

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

3 raisons pour passer au logiciel libre - conf de Philippe Scoffoni

April -


Présentation

Titre : 3 raisons pour passer au logiciel libre
Intervenant : Philippe Scoffoni
Lieu : Grenoble - 1ères Rencontres des décideurs informatiques de l’Isère
Date : Juin 2014
Durée : 10 min 10
Lien vers la vidéo

Transcription

Bonjour à tous. Effectivement on m'a chargé de la dure mission d'initier ces présentations. Rapidement donc Philippe Scoffoni, je dirige la société OPEN DSI, donc on fait de l’assistance à maîtrise d'ouvrage essentiellement, assistance et maîtrise d’œuvre aussi, avec une grosse spécialisation sur le Logiciel Libre et l'open source, donc en prestation, courtage, et conseil en solutions informatiques ; tout ce qui va être étude d’opportunités pour les migrations vers le logiciel libre, veille stratégique, veille technique. Et puis on a une activité aussi de responsable informatique à temps partagé pour les sociétés qui n'ont effectivement pas de responsable informatique.

Alors on va rentrer dans le vif du sujet. Le Logiciel Libre, si j’arrive à changer la diapo, voilà. Un petit rappel rapide. Je pense qu'aujourd'hui tout le monde sait à peu près ce que c'est, c'est juste pour reposer les bases. Donc un logiciel libre c'est un logiciel qui a une licence, comme tout logiciel et sa licence est caractérisée par quatre libertés.

  • La liberté d'utiliser le logiciel, c'est-à-dire que je peux le télécharger, l'installer sur mon poste et puis je peux travailler.
  • Je vais avoir accès au code source, c’est-à-dire je vais pouvoir étudier comment ce logiciel a été écrit, comment il a été développé.
  • La liberté suivante c'est que je vais pouvoir le modifier, apporter une modification dans le code source de ce logiciel.
  • Et puis la dernière liberté c'est que j'ai la possibilité de distribuer. Je peux effectivement faire une copie de ce logiciel à mon voisin, s'il en a besoin, et que ça soit, je dirais, la version originale ou la version modifiée, pour simplifier.

Quelques précisions. Logiciel Libre ne veut pas dire gratuit. Je ne vais pas détailler un peu plus là-dessus, mais le Logiciel Libre c'est un modèle économique qui est basé sur le service. Aujourd’hui l'informatique est de plus en plus basée sur un modèle dit de service ; le Logiciel Libre, ça fait vingt ans que c'est comme ça, on est un peu des précurseurs quand même.

Le Logiciel libre ce n'est pas le domaine public. Ce sont des choses complètement différentes. Le domaine public est régi par des règles assez précises.

Et puis on utilise le terme Logiciel Libre mais on utilise beaucoup le terme open source aussi. Pour être précis on va dire que l'open source c'est le Logiciel Libre moins certaines libertés d'utiliser. On va utiliser le terme open source souvent pour désigner des solutions où on va avoir une version dite communautaire, effectivement, qui est totalement libre, qu'on peut modifier. Et puis on va trouver, pour le même produit, une version dite entreprise où là, pour l'utiliser, il y a une licence commerciale, je dois payer ; on rentre un peu dans le modèle traditionnel, on va dire. L'open source c'est vraiment une approche pragmatique, on partage le code. Dans la notion de Logiciel Libre on va parler encore un peu d'éthique.

Trois arguments, on va dire, pour utiliser les logiciels libres.

  • Le premier, qui est assez important, c'est la notion d'indépendance. Indépendance vis-à-vis des fournisseurs, ce qui est assez important quand on est à la tête d'un système d'information, de ne pas être pieds et poings liés avec ses fournisseurs, c'est quand même quelque chose d'assez agréable. La particularité du monde du Logiciel Libre c'est, en fait, la diversité des acteurs et la taille de ces acteurs. Il y a une enquête qui a été faite, qui est faite régulièrement par le CNLL auprès des entreprises, donc auprès des fameuses trois cents à quatre cents entreprises dont on parlait il y a quelques instants, et on voit effectivement que la taille moyenne des entreprises dans le domaine du Logiciel Libre est relativement petite. Vous avez une grande majorité d’entreprises qui ne font que entre un et cinq salariés. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas de barrière à l'entrée. Si demain je veux lancer une activité sur un logiciel libre je peux, je n'ai pas à payer un droit d’entrée ou me faire adouber comme distributeur, etc. Du coup vous avez, sur beaucoup de logiciels libres, beaucoup d'acteurs. Et donc ça, ça vous permet effectivement, à la fois d'avoir des acteurs de proximité, vraiment de proximité, et puis, eh bien ma foi, si vous n’êtes pas satisfait de votre prestataire, d'en changer relativement facilement.
  • L'autre caractéristique c'est effectivement l'adaptabilité. Le Logiciel Libre c'est du code source ouvert, donc effectivement, la capacité pour tout un chacun de l'adapter. Les logiciels libres aujourd'hui sont conçus, déjà souvent à la base, pour être extensibles. Énormément de logiciels sont conçus avec des interfaces de programmation, des systèmes d’extension, de plugins, etc, qui vont énormément faciliter l’intégration du Logiciel Libre dans votre système d'information, en greffant des petites extensions autour, que vous allez pouvoir développer, sans toucher au cœur du logiciel. Ça c'est un point qui est important. Aujourd’hui cette ouverture-là est largement plébiscitée par tous les géants du numérique. Si je parle de Google, Facebook, Amazon etc, ils n'utilisent que de l'open source, parce qu'effectivement, sans ça, ils n'existeraient pas. Je pense que si Google avait construit son infrastructure sur de l'Oracle ou du Windows Serveur, il n'en serait pas là aujourd'hui. Cette ouverture-là on voit très clairement que les géants du numérique s'en sont servi pour faire exploser leur business modèle.
  • La scalabilité, la capacité à monter en charge. C'est vrai que le Logiciel Libre, souvent, avait une image de petit logiciel fait au fond d'un garage par quelques geeks chevelus et barbus. Ça, c'est quand même relativement fini, cette époque, aujourd'hui. On a à la fois des éditeurs de logiciels, des très grosses communautés, des communautés industrielles, si je parle d'OpenStack, notamment, voilà l'exemple typique de l'énorme communauté industrielle qui s'est montée autour d'une solution open source dédiée à la virtualisation et la gestion d'informatique dans les nuages. La scalabilité, on peut l'approcher sur l'aspect technique. Aujourd'hui il y a des solutions extrêmement matures qui sont capables de monter très loin en terme de capacité de traitement. Aujourd'hui dans le domaine du Big Data, je ne crois pas, même Microsoft a renoncé à faire son propre moteur. Aujourd'hui Microsoft utilise Hadoop, c'est de l'open source.Un autre point important quand on parle de scalabité, de montée en charge, avec le Logiciel Libre aussi, il n'y a pas que l'aspect technique, il y a aussi l'aspect que, comme vous avez la liberté de l'utiliser, si vous devez passer de cent à deux cents utilisateurs, vous n'avez pas forcément à passer par la case licence. Et ça, ça peut représenter des coûts. Donc là aussi on a un facteur, je dirais de liberté pour les entreprises qui est effectivement de pouvoir monter en nombre de licences quasiment sans coût. Il y a du support et autres, donc il y a quand même des coûts, le Logiciel Libre n'est pas gratuit, je le redis, mais il y a quand même pas mal de contraintes qui sont levées avec le modèle du Logiciel Libre.

Donc voilà, je dirais trois exemples. Comme on est des gens généreux dans le monde de l'open source, du Logiciel Libre, je vais vous en donner deux autres, des cadeaux bonus et qui sont importants pour vous, les utilisateurs surtout, c'est ce qu'on appelle la mutualisation. C'est la capacité que vous pouvez avoir vous, utilisateurs du Logiciel Libre, à vous en saisir et à en devenir acteurs. C'est important, parce qu'aujourd'hui aux entreprises, on ne leur tient pas assez ce discours-là quand on parle du Logiciel Libre. C'est-à-dire que vous, vous avez la capacité, en vous regroupant, parfois peut-être dans un même secteur d'activité et en vous posant la question, et ce ne sont pas des questions formidablement, je dirais, révolutionnaires, de dire, voilà on est tous dans le même secteur d'activité, on a le même besoin, pourquoi est-ce qu'on va aller chacun de notre côté solliciter une société de service qui va nous développer quasiment la même chose. Aujourd'hui vous avez la possibilité avec le Logiciel Libre, quasiment de façon native, de vous mettre ensemble, de mutualiser vos spécifications, de mutualiser vos moyens surtout et de ne payer qu'une fois le logiciel. Vous allez le faire développer une fois, tout le monde repart avec. Vous pouvez le faire maintenir de façon collective. Donc tout ça ce sont des éléments, cet aspect mutualisation, qui vous permet de faire baisser derrière vos coûts de maintenance, coûts d’exploitation. Donc ça c'est un point important.

C'est qu’effectivement saisissez-vous du Logiciel Libre, devenez acteurs, parce que derrière, il y aussi ce qu'on appelle la contribution, c'est-à-dire que j'utilise un logiciel libre, je le modifie, j'apporte une amélioration. Si vous le faites faire par un prestataire, exigez qu'il reverse la modification au projet. Pourquoi ? Parce que si cette modification est intégrée dans le projet, ma foi, eh bien la maintenance est incluse. Ça ne vous coûte plus rien.

Donc cet aspect mutualisation, contribution, être acteur du Logiciel Libre, c'est quelque chose qui est extrêmement important parce que là il y a un vrai enjeu de performance pour l'entreprise. Encore une fois, je m'appuie toujours sur l'exemple des grands du numérique, ils ont tous fait ça, Google, Facebook, etc, utilisent tous, plus ou moins, des briques communes. Ce n'est pas par hasard. C'est parce qu’effectivement, en mutualisant leurs besoins, ils l'ont fait, c'est possible pour les entreprises du numérique, mais c'est possible aussi, je ne dis pas que c'est simple, mais c'est possible aussi pour les entreprises de tous secteurs d'activité. Et aujourd'hui il y a un gros enjeu sur, justement, le développement de solutions, je dirais, métiers autour du Logiciel Libre, mais ça, c'est vous, utilisateurs, qui avez la clef dans la main. Voilà.

Vous achetez ? Je ne sais pas. En tous cas vous avez quarante entreprises dans le numérique libre, dans votre région, qui sont là pour vous accompagner et vous aider dans justement la prise en main de ces logiciels libres et dans le fait d'en devenir acteurs. Mon message est là : devenez acteurs du Logiciel Libre, c'est comme ça que vous en tirerez réellement tous les avantages. Ne soyez pas passifs. Le Logiciel Libre vous permet d’être actifs, profitez-en ! Merci.

Mercurial : une alternative à Gît puissante et facile d'utilisation

Montréal Python -

Vous avez probablement déjà entendu parler de git et vous savez aussi probablement que le contrôle de version fait parti des bonnes pratiques. Vous êtes vous déja posé les questions: Qui a fait ce changement ? Quand ? Pourquoi ? Comment revenir avant ce changement ? Qu'est-ce qui a brisé le code ? Comment combiner deux versions du meme code ? Comment collaborer avec d'autres développeurs ? Comment interagir avec mes anciens changements lorsque j'ai oublié des choses ?

Mercurial répond à toutes ces questions ! Tout comme Git et d'autres, Mercurial est un système distribué de sources (DVCS). De grandes organisations comme Python, Mozilla, Facebook et Google l'utilise pour gérer leurs sources. Plusieurs services l'offre en hébergement tel que MozDev, Google Code et Bitbucket.

Durant notre atelier, nous ferons introduction des bases de l'utilisation d'un DVCS et comment configurer et utiliser Mercurial afin de l'adapter à vos besoins. La présentation sera en anglais mais nous vous encourageons à poser vos questions en Français.

N'apportez que votre ordinateur portable, nous aurons du courant et un accès Internet !

Local A-3230
École de Technologie Supérieure
1100 Rue Notre-Dame Ouest
Montréal, QC H3C 1K3 (Canada)
(https://goo.gl/maps/9auBB)

Quand

6 Novembre, de 18h à 21h

Inscription

http://mercurial-workshop.eventbrite.ca

Un nouveau questionnaire à l'intention des associations pour connaître leurs pratiques numériques

April -

Dans la continuité du travail engagé en 2008-2009 par le groupe de travail Libre Association, l'April souhaite interroger à nouveau les associations sur leurs pratiques numériques et sur les logiciels libres qu'elles utilisent le cas échéant. Elle lance donc un nouveau questionnaire "Associations et activités numériques 2014", ce mercredi 22 octobre 2014.

Le groupe de travail a bon espoir que les résultats de cette nouvelle enquête permettront de mesurer des évolutions dans les pratiques par rapport aux résultats de 2009, en particulier vis-à-vis des logiciels libres. Par ailleurs, même si ce n'est pas la vocation première des questions qui sont posées aux responsables associatifs (ou référents concernant l'informatique), c'est aussi une manière de sensibiliser aux libertés sur Internet et aux logiciels libres en interrogeant les pratiques.

A l'occasion du Forum National des Associations et Fondations, ce mercredi 22 octobre, l'April communiquera sur la mise en ligne de ce nouveau questionnaire, en distribuant par ailleurs le guide des logiciels libres nouvellement réédité dans sa version papier.

Pour répondre à ce questionnaire (ou le relayer auprès d'associations autour de vous), l'adresse est la suivante : http://questionnaires.libreassociation.info/v2014/ .

Open World Forum (Paris, 30 et 31 octobre 2014)

April -

Début: 30 Octobre 2014 - 00:00Fin: 31 Octobre 2014 - 00:00

Les 30 et 31 octobre 2014 se tient l'Open World Forum (Forum mondial du logiciel libre) à Paris (Eurosites Georges V).

Pour cette nouvelle édition, les organisateurs ont choisi le thème “Take Back Control” (« Reprendre le contrôle ») pour illustrer, tant au sein de l'entreprise que dans la vie citoyenne, la nécessité de reprendre le contrôle de son informatique.

Le 30 octobre à 18h00, Frédéric Couchet, délégué général de l'April, participera à la session plénière intitulée « Les associations du libre, un combat quotidien ». Il évoquera la nécessité pour chacun d'essayer au maximum de donner la priorité au logiciel libre dans ses choix informatiques. Pour en savoir plus, consultez la tribune L’après-Snowden : reprendre en main son informatique publiée dans Libération en février 2014.

Le programme est disponible en ligne.

Pour vous rendre sur place, consultez les informations pratiques.

Réédition du catalogue : 20 objets à réaliser en design libre

Framablog -

L’association Entropie réédite un catalogue de vingt objets à réaliser en design libre via une souscription sur la plate-forme de financement participatif Kisskissbankbank.

Un projet à l’esprit libre, à soutenir, à lire et à construire ;)

L’équipe de Framasoft est allée interviewer les membres de l’association pour en savoir plus sur leurs activités.

Pouvez-vous présenter les activités de l’association Entropie ?

L’association Entropie effectue des recherches sur un modèle de société plus écologique et plus démocratique basé sur la libre circulation des connaissances, l’entraide et une remise en question du système industriel.

Nous avons plusieurs axes de recherches :

  • L’autonomie politique : comment pouvons-nous nous organiser de manière plus démocratique ? Comment rétablir une équité dans la répartition des richesses ? Ces recherches ont donné lieu à la création du festival Vivre l’utopie qui a pour but de faire connaître des alternatives existantes au public étudiant.
  • Dans le cadre du pôle de recherche sur le design libre, nous créons des objets et réfléchissons à un système technique basé sur la libre circulation des connaissances.
  • Pour accompagner ce changement de système, nous avons créé des outils pédagogiques d’éducation à l’écologie et au travail manuel: ce sont les ateliers bricolo-écolo, nous y apprenons à y fabriquer des fours solaires, des éoliennes, des composteurs…Nous accompagnons également des personnes dans la construction de mobilier ou d’outil de travail adapté à leur besoin spécifique, dans le cadre des ateliers d’autoproduction accompagnée.

Nous appliquons la philosophie des logiciels libre à tous nos projets en les documentant et en les diffusant pour la plupart sous licence libre. C’est le cas des captations vidéo du festival Vivre l’utopie, des notices pédagogiques des ateliers bricolo-écolo ou des notices d’objets réalisées dans le cadre des ateliers d’autoproduction accompagnée.

Qu’est ce que vous entendez par un système technique plus démocratique ? En quoi consiste un atelier d’autoproduction accompagnée ?

La démocratisation de la technique ne consiste pas en l’autoconstruction généralisée à tout le monde : ceci, c’est le mythe du Do It Yourself, qui nie le savoir-faire des professionnels. Mais c’est plutôt donner l’accès au code source des objets pour comprendre la conception et la fabrication de l’objet à tous ceux qui en ont les compétences ou qui veulent les acquérir. Nous pensons aussi que l’usager peut participer à la conception et à la production de certains objets et acquérir des savoir-faire. Cela change le rapport entre profane et professionnel et demande un effort pédagogique. C’est ce que nous mettons en application lors des ateliers d’autoproduction accompagnée. Des usagers nous sollicitent avec un besoin, nous concevons et fabriquons avec eux un objet qui y répond, et bien sûr nous documentons cette expérience pour qu’elle rentre dans le pot commun de la connaissance.

Le fait de documenter notre travail et de le diffuser sous une licence libre permet de démocratiser les rapports entre les participants à nos projets. Par exemple si un employé de l’association est en désaccord avec les orientations de la structure et décide de partir, il peut le faire (forker comme on dit dans le monde du logiciel libre) en emportant toute la propriété intellectuelle et s’en resservir lors d’un autre projet. Dans le cas d’une entreprise classique, vous ne pouvez pas repartir avec les brevets auxquels vous avez participés.

Pouvez-vous nous présenter ce catalogue que vous rééditez ?

Ce catalogue est composé de 20 notices, chacune donnant accès au « code source » d’un objet, c’est-à-dire à la méthode de fabrication illustrée par des plans et des photos mais aussi au choix de conception qui, comme les commentaires d’un programme, permettent de mieux comprendre ces choix voire de modifier la conception. Et enfin on a rajouté une rubrique sur les avantages, les inconvénients et les optimisations possibles car, contrairement au modèle marchand où on va cacher les problèmes, on a ici intérêt à les dévoiler pour permettre à d’autres personnes de travailler dessus et de nous faire des retours pour l’amélioration de l’objet.

Le catalogue contient aussi un texte théorique sur les changements de société qui sont nécessaires pour démocratiser la technique et libérer la connaissance.

Il est possible de commander le catalogue sur la plate-forme de financement participatif, le projet court jusqu’au 30 octobre. On peut aussi se procurer l’un des objets libres conçus et réalisés par Entropie si l’on souhaite encore plus soutenir l’association.

Vous avez choisi de diffuser ce catalogue sous la licence Art Libre, pourquoi ce choix de cette licence ?

Troll !!! (rires)

Nous aurions pu aussi utiliser la licence Creative Commons BY-SA qui offre les mêmes libertés. Comme dirait Antoine Moreau, nous avons fait le choix du libre et non le libre choix. En effet sur les six licences CC, seulement deux sont libres alors que la licence Art libre est unique et libre, ce qui évite toute confusion. De plus cette licence a été rédigée en français, ce qui lui donne plus de reconnaissance par le droit français. Voilà pourquoi nous avons fait le choix de la licence Art Libre, mais cette décision est toujours en débat : nous nous penchons actuellement sur l’utilisation de la licence OHL du CERN, qui s’appliquerait sur le matériel et les solutions technologiques et non seulement sur le contenu des notices.

Jusqu’où va votre philosophie du libre, avez-vous par exemple utilisé un logiciel libre pour réaliser le graphisme du catalogue ?

C’était une des conditions du choix de notre graphiste. Nous avons travaillé avec Clara Chambon qui a accepté d’utiliser le logiciel libre de mise en page Scribus. Sachant que Clara travaillait depuis toujours sur le logiciel propriétaire Indesign, ce changement de logiciel a été un gros effort de sa part. De plus notre budget n’étant pas assez important pour qu’elle réalise l’intégralité du catalogue, elle nous a proposé une maquette et nous a formé pendant une journée à Scribus. Nous avons introduit le contenu dans cette maquette nous-même, ce qui nous a permis d’économiser 2000 euros sur les frais de graphisme.

Dans votre catalogue il y a beaucoup de notices de mobilier, est-ce que c’est un choix, avez-vous d’autres projets ?

Jusqu’à présent nos principaux clients étaient des particuliers qui avaient des besoins liés à de l’aménagement d’intérieur. Cependant nous avons eu dernièrement un projet d’un particulier qui souhaite s’installer en tant qu’apiculteur professionnel. Or pour vivre d’une activité d’apiculture, il faut un minimum de 400 ruches, ce qui représente un gros budget. Cette personne désire qu’on lui apprenne à fabriquer ses ruches ainsi que de l’outillage. Une fois les premières ruches fabriquées, elle sera autonome pour fabriquer les suivantes dans un atelier bois collectif.

Un dernier mot que vous aimeriez rajouter ?

L’entraide vaincra !!!

Quand on touche à la vie privée, c'est la démocratie qui est menacée (1/3)

Framablog -

Une conférence d’Eben Moglen

Nous proposons aujourd’hui la première partie d’une longue conférence d’Eben Moglen qui envisage les révélations de Snowden dans une perspective historique pour montrer comment ont été dévoyés les principes démocratiques au profit de la surveillance généralisée, et comment au-delà de la vie privée individuelle de chacun c’est le fragile équilibre démocratique qui est menacé.

Source : le Guardian Privacy under attack: the NSA files revealed new threats to democracy

Traduction : Thérèse et fatalerrors (Geoffray Levasseur), audionuma, Diab, Paul, Omegax, lumi, Paul, Goofy

Attaques contre la vie privée : les fichiers de la NSA ont révélé de nouvelles menaces pour la démocratie

Grâce à Edward Snowden, nous savons que l’appareil de répression a été secrètement intégré à l’État démocratique. Cependant, notre lutte pour préserver notre vie privée est loin d’être sans espoir.

Dans la troisième partie de son Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain, Edward Gibbon expose deux raisons pour lesquelles l’esclavage dans lequel avaient sombré les Romains sous le règne de l’empereur Auguste et de ses successeurs les avait laissés plus misérables qu’aucun autre peuple esclave avant eux. En premier lieu, Gibbon déclare que les Romains avaient emporté avec eux, dans l’esclavage, la culture des peuples libres — leur langue et leur conception d’eux-mêmes en tant qu’êtres humains postulaient la liberté. Et en conséquence, selon Gibbon, malgré le poids de la corruption et de la violence militaire, les Romains ont longtemps gardé les sentiments, ou du moins les idées, d’un peuple né libre. En second lieu, l’Empire romain s’est étendu au monde entier et quand cet empire est tombé entre les mains d’une seule personne, le monde était devenu une prison sûre et morne pour ses ennemis. Comme l’écrit Gibbon, résister était fatal et il était impossible de s’échapper.

Le pouvoir de cet Empire romain résidait dans le contrôle des communications par ceux qui gouvernaient. La mer Méditerranée était leur lac. Et d’un bout à l’autre de leur empire, depuis l’Écosse jusqu’à la Syrie, ils ont tracé des voies qui quinze siècles plus tard étaient toujours les artères principales du transport européen. C’est par ces routes que l’empereur envoyait ses armées. Grâce à ces routes, les informations importantes remontaient jusqu’à lui. Les empereurs ont inventé les services de postes pour transporter messagers et dépêches à la plus grande vitesse possible.

En utilisant cette infrastructure pour tout ce qui impliquait l’administration du pouvoir, l’empereur avait fait en sorte de devenir l’être humain le mieux informé de toute l’histoire du monde.

Ce pouvoir avait éradiqué les libertés humaines. « Souviens-toi », dit Cicéron à Marcellus en exil, « où que tu sois, tu es à égale distance du pouvoir du conquérant. »

L’empire des États-Unis, après la Seconde Guerre mondiale, dépendait lui aussi du contrôle des communications. Ceci est devenu plus évident quand, à peine 20 ans plus tard, les États-Unis se sont enfermés dans un affrontement d’anéantissement nucléaire avec l’Union soviétique. Dans une guerre de sous-marins tapis dans l’ombre sous les continents, capables d’éradiquer toute civilisation humaine en moins d’une heure, la règle d’engagement était : « lancement sur alerte » [1]. En conséquence, les États-Unis ont donné au contrôle des communications une importance aussi grande que l’avait fait l’empereur Auguste. Leurs grandes oreilles avaient la même soif de tout savoir.

Nous savons tous que les États-Unis ont pendant des décennies dépensé autant pour leur puissance militaire que toutes les autres puissances mondiales réunies. Nous, les Américains, prenons maintenant conscience de ce qu’implique le fait d’avoir consacré à l’interception de signaux et au cassage de chiffrements une proportion de nos ressources équivalente à celle du reste du monde.

Le système d’écoute des États-Unis est constitué d’un commandement militaire qui contrôle une main-d’œuvre civile importante. Une telle structure suppose à priori que cette activité de renseignement a pour cible l’étranger. Le contrôle militaire était à la fois le symbole et la garantie de la nature de l’activité qui était engagée. Une surveillance à grande échelle du territoire national sous contrôle militaire aurait violé le principe fondamental du contrôle par les citoyens.

Il s’agissait donc au contraire d’un service de renseignement extérieur responsable devant le Président en tant que commandant en chef militaire. La chaîne de commandement militaire garantissait le respect absolu du principe fondamental qui était « pas d’écoute ici ». La frontière entre la patrie et l’étranger séparait ce qui est anticonstitutionnel de ce qui est autorisé.

La distinction entre patrie et étranger était au moins crédible techniquement, étant donné la réalité des médias de communication du 20e siècle, qui étaient organisés hiérarchiquement et très souvent contrôlés par les États. Quand les services gouvernementaux des États-Unis choisissaient d’écouter les autres gouvernements étrangers — leurs forces armées, leurs communications diplomatiques et leurs hommes politiques partout où c’était possible — ils écoutaient dans un monde de cibles définies. Les principes de bases étaient : pénètre, enregistre et vole. Nous avons écouté, nous nous sommes introduits partout, nous avons fait du troc, nous avons volé.

Au début nous écoutions les forces armées et leurs gouvernements. Plus tard nous avons surveillé les flux des marchés internationaux pour peu que les intérêts de la sécurité nationale des États-Unis aient été engagés.

Le régime que nous avions construit pour nous défendre de l’anéantissement nucléaire fut restructuré à la fin du 20e siècle. En premier lieu, la guerre froide a touché à sa fin et l’Union soviétique a été dissoute. Une structure toute entière de sécurité nationale s’est réorientée d’elle-même. Il n’était plus nécessaire de surveiller un empire pointant vingt-cinq mille armes nucléaires sur nous. Désormais nous devions surveiller la population du monde dans son ensemble afin de localiser quelque milliers de personnes fomentant diverses formes de massacres. Ainsi, nous dit-on, espionner des sociétés entières est devenu normal.

En second lieu, la nature des communications humaines a changé. Le système que nous avions construit s’attaquait à des cibles définies : un branchement, un numéro de téléphone, une plaque d’immatriculation, une localisation géographique. La question au 20e siècle était de savoir combien de cibles il était possible de suivre simultanément dans un monde où chacune nécessitait infiltration, écoute et interception. Mais ensuite on a commencé à mettre au point une nouvelle forme de communication humaine. À partir du moment où nous avons créé Internet, deux des hypothèses de base ont commencé à faire défaut : la simplicité du « une cible, un branchement » a disparu et la différence entre l’intérieur et l’extérieur du pays s’est, elle aussi, évanouie.

Cette distinction a disparu aux États-Unis parce que c’est là que réside, pour le meilleur et pour le pire, une grande partie du réseau et des services qui lui sont associés. Par conséquent, la question « Va-t-on écouter à l’intérieur de nos frontières ? » a été, semble-t-il, réduite à « Allons-nous écouter ou non ? ».

C’est alors que s’est manifestée une administration américaine d’une extrême imprudence. Elle avait pour caractéristique de ne pas réfléchir longtemps avant d’agir. Confrontée à une catastrophe nationale qui constituait également une opportunité politique [2], rien ne se dressait entre elle et toutes les erreurs que l’empressement peut engendrer, et dont les enfants de ses enfants se repentiront à loisir. Ce qu’elle a fait — secrètement, avec l’assistance de juges choisis par un seul homme opérant en secret et avec la connivence de beaucoup de personnes honnêtes qui croyaient agir pour sauver la société — a été d’affranchir de la loi ceux qui nous écoutent.

Non seulement les circonstances avaient fait voler en éclats la simplicité de la règle « pas d’écoute à l’intérieur », non seulement les magouilles autour de la FISA [3] avaient amené cette administration dans une situation où aucune loi ne lui fournissait de points de repères utiles, mais de plus elle avait la ferme intention de le faire. Sa vision de la nature du pouvoir humain était « augustienne » à défaut d’être auguste [4]. L’administration désirait ce dont les personnes censées n’ont pas le droit de prendre la responsabilité. Et ainsi elle a failli et nous avons failli avec elle.

Nos grandes oreilles militaires ont envahi le cœur d’un Internet en pleine évolution

Nos journalistes ont failli. Le New York Times a laissé les élections de 2004 se dérouler sans rien révéler de ce qu’il savait sur les écoutes. Cette décision d’autocensure fut, comme tout type de censure ou d’autocensure, une blessure mortelle infligée à la démocratie. Nous, le peuple, n’avons pas exigé que soit mis un terme à tout cela dès le début. Or, à présent, nous en sommes déjà bien loin.

Nos grandes oreilles militaires ont envahi le cœur d’un Internet en pleine évolution, où des supercerveaux numériques bons pour le service militaire recueillent du renseignement sur la race humaine pour des raisons triviales et au nom du capitalisme. Aux USA, les sociétés de télécommunication jouissent de l’immunité juridique pour leur complicité, leur permettant d’aller encore plus loin.

L’invasion de notre réseau a été secrète et nous n’avons pas compris que nous devions résister. Mais la résistance est apparue telle une cinquième colonne au sein des grandes oreilles elles-mêmes. À Hong Kong, Edward Snowden a déclaré quelque chose de simple et d’utile : les analystes, a-t-il dit, ne sont pas des gens malintentionnés et ils ne veulent pas se considérer comme tels. Mais ils en sont arrivés à conclure que si un programme produit quoi que ce soit d’utile, il est justifié. Ce n’était pas le boulot des analystes d’évaluer l’éthique fondamentale du système à notre place.

En démocratie, cette tâche est confiée par le peuple aux dirigeants qu’il élit. Ces dirigeants ont failli — tout comme nous — parce qu’ils ont refusé d’adhérer à l’éthique de la liberté. Le personnel civil des agences fédérales est le premier à avoir ressenti cette défaillance. Depuis le milieu de la dernière décennie, des gens ont commencé à tirer la sonnette d’alarme à tous les niveaux. Ces employés courageux ont sacrifié leur carrière, effrayé leur famille et parfois souffert personnellement de persécutions, pour avoir dévoilé qu’il existait quelque chose de profondément mauvais. La réponse a été le règne par la peur. Deux administrations successives des États-Unis ont cherché à régler la question des lanceurs d’alerte parmi les « grandes oreilles » en leur réservant le traitement le plus impitoyable possible.

Snowden a dit à Hong Kong qu’il se sacrifiait afin de sauver le monde d’un tel système, qui « n’est contraint que par la réglementation ». Les idées politiques de Snowden méritent notre respect et notre profonde considération. Mais pour l’instant il me suffira de dire qu’il n’exagérait pas sur la nature des difficultés. Grâce à Snowden, nous avons appris que ceux qui écoutent ont entrepris de faire ce qu’ils ont sans cesse répété à l’opinion respectable des experts qu’ils ne feraient jamais. Ils ont toujours prétendu qu’ils n’essaieraient pas de casser le chiffrement qui sécurise le système financier mondial. C’était faux. Quand Snowden a révélé l’existence du programme Bullrun de la NSA, nous avons appris que l’agence avait menti pendant des années à ces financiers qui croient avoir droit à la vérité de la part du gouvernement qui leur appartient. La NSA n’avait pas seulement subverti des standards techniques en tentant de casser le chiffrement qui est la clé de voûte de l’industrie mondiale de la finance, elle avait aussi volé les clés d’autant de « coffres-forts » que possible. Avec cette révélation, la NSA a perdu la respectabilité qu’elle avait dans le monde entier. Leur inconscience dans la mise en danger de ceux qui n’acceptent pas les dangers émanant du gouvernement des États-Unis était à couper le souffle.

…ces dix dernières années, après la mise au rencart de l’éthique de la liberté, l’État a commencé à ancrer des procédés totalitaires dans la substance même de la démocratie.

L’empire des États-Unis était l’empire de la liberté exportée. Ce qu’il avait à offrir au monde entier c’était la liberté et l’indépendance. Après la colonisation, après les vols commis par l’Europe, après les diverses incarnations de l’horreur d’origine étatique, il promettait un monde libéré de l’oppression de l’État. Au siècle dernier, nous étions prêts à sacrifier nombre des plus grandes villes du monde et à accepter le sacrifice de dizaines de millions de vies humaines. C’était le prix à payer pour écraser des régimes que nous appelions « totalitaires », dans lesquels l’État devenait si puissant et si invasif qu’il ne reconnaissait plus aucune des limites de la sphère privée. Nous avons combattu désespérément jusqu’à la mort des systèmes dans lesquels l’État écoutait chaque conversation téléphonique et conservait la liste de toutes les personnes en relation avec chaque fauteur de trouble. Mais ces dix dernières années, après la mise au rencart de l’éthique de la liberté, l’État a commencé à ancrer des procédés totalitaires dans la substance même de la démocratie.

Proclamer que les procédés du totalitarisme sont compatibles avec le système de l’autogouvernance éclairée, individuelle et démocratique est sans précédent dans l’histoire. Un tel raisonnement devrait être voué à l’échec. Il devrait suffire de lui objecter que l’omniprésence d’écoutes invasives engendre la peur, et que cette peur est l’ennemie de la liberté raisonnée et organisée. Tenter d’ancrer des procédés totalitaristes au sein de l’autogouvernance constitutionnelle des États-Unis est en totale contradiction avec l’idéal américain. Mais il y a une incohérence encore plus profonde entre ces idéaux et le fait de soumettre à une surveillance de masse chacune des autres sociétés de la planète. Certains des serviteurs du système ont finalement compris que tout ceci était mis en place, non pas avec, mais contre l’ordre démocratique. Ils savaient que les amarres de leurs vaisseaux avaient été larguées dans le noir et sans drapeau. Quand ils ont lancé l’alerte, le système a lancé ses alertes en retour. Finalement — du moins à ce jour, et jusqu’à nouvel ordre — il y a eu Snowden, qui a vu tout ce qui se passait et observé le sort de ceux qui se sont mis à parler.

Il a compris, comme Chelsea Manning l’a aussi toujours compris, que lorsque vous portez l’uniforme, vous consentez au pouvoir. Il connaissait très bien son affaire. Tout jeune qu’il était, il a déclaré à Hong Kong : « J’ai été un espion toute ma vie. » Et il a fait ce qui demande un grand courage, lorsqu’on est en présence de ce qu’on croit être une injustice radicale. Il n’était pas le premier, il ne sera pas le dernier, mais il a sacrifié l’existence qu’il connaissait pour nous dire les choses que nous avions besoin de savoir. Snowden s’est rendu coupable d’espionnage pour le compte de la race humaine. Il en connaissait le prix, il savait pourquoi. Mais comme il l’a dit, seul le peuple des États-Unis pourra décider, au travers de sa réponse, si le sacrifice de sa vie en valait la peine. Aussi est-il de la plus haute importance que nous fassions l’effort de comprendre ce message : comprendre son contexte, son propos et sa signification, et tirer les conséquences concrètes du fait d’en avoir eu communication. Et même une fois que nous aurons compris, il sera difficile de juger Snowden, parce qu’il y a toujours beaucoup à dire d’un côté comme de l’autre lorsque quelqu’un a entièrement raison trop tôt.

Aux États-Unis, ceux qui furent des « antifascistes précoces » [5] ont souffert. Il n’était bon d’avoir raison que lorsque tous les autres avaient raison. Il était malvenu d’avoir raison quand seuls ceux que nous désapprouvions avaient un point de vue que nous adopterions nous-mêmes plus tard.

nous devons commencer par écarter, pour nos besoins immédiats, à peu près tout ce qu’ont dit les présidents, premiers ministres, chanceliers et sénateurs. Les discours publics de ces « leaders » constituent un catalogue remarquable de manipulations, de tromperies et de complets mensonges.

Snowden a été parfaitement précis. Il connaît son affaire. Il a été pour nous l’espion des injustices et nous a dit ce qu’il fallait pour que nous fassions ce travail et que nous le fassions bien. Et s’il est une responsabilité que nous avons, c’est celle d’apprendre, maintenant, avant que quelqu’un ne conclue qu’apprendre doit être interdit. En réfléchissant à la signification politique du message de Snowden et à ses conséquences, nous devons commencer par écarter, pour nos besoins immédiats, à peu près tout ce qu’ont dit les présidents, premiers ministres, chanceliers et sénateurs. Les discours publics de ces « leaders » constituent un catalogue remarquable de manipulations, de tromperies et de complets mensonges. Nous devons plutôt nous concentrer sur la pensée qui sous-tend les actions menées par Snowden. Ce qui importe le plus maintenant, c’est de savoir dans quelle mesure l’ensemble de la race humaine a été piégée dans ce système de surveillance envahissant.

Nous commencerons là où les dirigeants sont déterminés à ne pas s’arrêter, en nous demandant si une forme quelconque de gouvernement autonome démocratique, où que ce soit, est compatible avec ce type de surveillance massive et envahissante dans laquelle le gouvernement des États-Unis a entraîné non seulement son peuple, mais aussi le monde entier. En fait, ce ne devrait pas être une enquête compliquée.

L’anonymat est nécessaire à la conduite d’une politique démocratique. Non seulement nous devons pouvoir choisir avec qui nous discutons de politique, mais nous devons aussi être capables de nous protéger des représailles contre l’expression de nos idées politiques.

Pour quiconque vivait au 20e siècle, du moins en son milieu, il était évident que la liberté ne pouvait pas être compatible avec des procédés totalitaires. Ainsi, quand on observe les réactions aux révélations de Snowden, on voit que l’invasion massive de la vie privée déclenche une anxiété justifiée sur le sort de la liberté parmi les survivants du totalitarisme. Pour comprendre pourquoi, nous devons comprendre plus précisément ce que notre conception de la « vie privée » implique vraiment. Notre conception de la vie privée combine trois éléments. Le premier est la confidentialité, la possibilité que le contenu de nos messages ne soit connu que de ceux auxquels ils sont destinés. Le deuxième est l’anonymat, c’est-à-dire le secret sur qui envoie ou reçoit les messages, quand bien même le contenu n’en serait absolument pas confidentiel. Il est très important que l’anonymat soit une préoccupation que nous puissions avoir, à la fois lorsque nous publions et lorsque nous lisons. Le troisième est l’autonomie, notre capacité à libérer nos décisions de vie personnelle de toute force ayant violé notre confidentialité ou notre anonymat. Ces trois éléments — confidentialité, anonymat et autonomie — sont les principaux composants d’un subtil cocktail qu’on appelle « vie privée ».

Sans confidentialité, l’autogouvernance démocratique est impossible. Sans confidentialité, les gens ne peuvent discuter des affaires publiques avec ceux qu’il choisissent en excluant ceux avec qui ils ne souhaitent pas dialoguer. L’anonymat est nécessaire à la conduite d’une politique démocratique. Non seulement nous devons pouvoir choisir avec qui nous discutons de politique, mais nous devons aussi être capables de nous protéger des représailles contre l’expression de nos idées politiques. L’autonomie est viciée par l’invasion généralisée de la confidentialité et de l’anonymat. La libre prise de décision est impossible dans une société où chaque déplacement est surveillé, comme nous le démontreraient un bref regard sur la Corée du Nord, toute conversation avec ceux qui ont vécu les totalitarismes du 20e siècle ou toute étude historique des réalités quotidiennes de l’esclavage aux États-Unis avant la guerre civile.

(à suivre…)

Notes

[1] Launch on warning est une option stratégique mise en œuvre par les États-Unis et l’URSS pendant la guerre froide. Elle consiste à lancer une attaque nucléaire en riposte à toute détection d’un lancement d’arme stratégique par l’adversaire, sans attendre l’explosion. Pour éviter les fausses alertes, la qualité du renseignement est évidemment primordiale.

[2] Moglen fait ici bien sûr allusion aux attentats du 11 septembre 2001.

[3] Foreign Intelligence Surveillance Act, Loi de surveillance du renseignement étranger, votée par le 50e congrès en 1978.

[4] Auguste (adj.) : digne de vénération, en référence à l’empereur Auguste de l’Empire Romain, considéré d’ailleurs comme l’inventeur du renseignement organisé.

[5] groupe d’antifascistes dénonçant l’amitié entre les États-Unis et l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne juste avant le début de la Seconde Guerre mondiale, souvent accusés à tort d’être des agents communistes

Revue de presse de l'April pour la semaine 42 de l'année 2014

April -

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 42

[Le Monde.fr] Dark Wallet, les anarchistes de l'argent

Par Yves Eudes, le samedi 18 octobre 2014. Extrait:
> Un groupe de techno-militants vivant dans des squats veut construire sur Internet un nouveau système monétaire libre et anonyme.
Lien vers l'article original: http://www.lemonde.fr/pixels/visuel/2014/10/18/dark-wallet-les-anarchistes-de-l-argent_4508228_4408996.html

[Silicon.fr] Linux: Linus Torvalds justifie son franc-parler face à la communauté

Par Ariane Beky, le vendredi 17 octobre 2014. Extrait:
> Le créateur du noyau Linux admet la violence d’échanges au sein de la communauté de développeurs, mais ne regrette aucune décision prise en 23 années de développement.
Lien vers l'article original: http://www.silicon.fr/linux-linus-torvalds-erreurs-communaute-99623.html

[Next INpact] Terrorisme: blocage et déréférencement administratifs adoptés au Sénat

Par Marc Rees, le jeudi 16 octobre 2014. Extrait:
> Comme une lettre à la poste! Les sénateurs ont adopté le projet de loi sur le terrorisme et spécialement l’article 9, celui qui instaure le blocage administratif des sites. Comme annoncé ce matin dans nos colonnes, le gouvernement a fait adopter en séance un sous-amendement visant à étendre cette mesure administrative au déréférencement des sites.
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/90454-terrorisme-blocage-et-dereferencement-administratifs-adoptes-au-senat.htm

Et aussi:
[Next INpact] Terrorisme: après le blocage administratif, le déréférencement administratif

[ZDNet] Munich: revenir de Linux à Windows coûterait des millions d’euros

Par la rédaction, le jeudi 16 octobre 2014. Extrait:
> Munich rebasculera-t-il vers Windows? Pour le maire de la ville, le seul fait de passer de Linux à Windows 7 couterait déjà 3,15 millions d’€ en achats de nouveaux PC. En ajoutant les licences Windows, ce sera encore des millions en plus, et un gâchis des 14 millions d’€ de LiMux.
Lien vers l'article original: http://www.zdnet.fr/actualites/munich-revenir-de-linux-a-windows-couterait-des-millions-d-euros-39807869.htm

[La Tribune] «Dégoogliser Internet», le combat d’irréductibles Gaulois du logiciel libre

Par Delphine Cuny, le mercredi 15 octobre 2014. Extrait:
> Proposer des alternatives aux services populaires des géants du Web, c’est la démarche de l’association de promotion des logiciels libres Framasoft. Un combat essentiel et salutaire après l’affaire Snowden, ou bien utopique et perdu d’avance? Décryptage.
Lien vers l'article original: http://www.latribune.fr/technos-medias/internet/20141015trib00504cf3a/degoogliser-internet-le-combat-d-irreductibles-gaulois-du-logiciel-libre.html

Et aussi:
[Next INpact] Selon Snowden, il faut éviter Dropbox, Facebook et Google
[Libération.fr] «Dégooglisons Internet»: ils sont fous ces libristes!
[Mediapart] Maîtriser ses données personnelles: Degooglisons l'internet (Framasoft)

Voir aussi:
* "Pourquoi les associations doivent faire l'effort d'utiliser le plus grand nombre possible de logiciels libres"http://www.april.org/pourquoi-les-associations-doivent-faire-leffort-dutiliser-le-plus-grand-nombre-possible-de-logiciels-libres
Participer à la campagne «J'aime ton asso» du Mouvement associatif

[CNRS Le Journal] Jean Tirole, Prix Nobel d’économie

Par Matthieu Ravaud, le lundi 13 octobre 2014. Extrait:
> Pour faire simple, notre économiste a développé des notions théoriques très importantes (lire notre article "Les jeux de l'économie selon Jean Tirole") qu’il a ensuite appliquées à une multitude de problèmes concrets. Son domaine de prédilection? La nouvelle économie industrielle, dont il est le père fondateur. Auteur en 1988 de l’ouvrage de référence en la matière, connu comme «Le Tirole» dans le monde entier, il a travaillé, entre autres, sur l’économie des logiciels libres, les regroupements de brevets, ou encore les ententes tacites entre entreprises.
Lien vers l'article original: https://lejournal.cnrs.fr/articles/jean-tirole-prix-nobel-deconomie

[Juritravail] Validité d’une clause de contrat de travail sur la publication par l’employeur de logiciel sous licence libre

Par Dalila Madjid, le lundi 13 octobre 2014. Extrait:
> Le Conseil de Prud’hommes de Paris, par jugement en date du 4 juin 2014, n’a pas remis en cause la validité d’une clause de propriété intellectuelle d’un contrat de travail imposant à l’employeur de publier des logiciels sous licence libre, développés par des salariés.
Lien vers l'article original: http://www.juritravail.com/Actualite/clauses-contrat/Id/159331

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

Le Guide Libre Association disponible au Forum National des Associations & Fondations le 22 octobre 2014

April -

Paris, le 20 octobre 2014. Communiqué de presse.

Devant le succès de son « Guide Libre Association » édité en 2012, l'April a réédité ce guide destiné à donner à chaque association les clés de ses libertés informatiques. Le guide sera disponible au Forum National des Associations & Fondations le 22 octobre 2014 sur les stands du Crédit Coopératif et de Associations mode d'emploi.

Dans le cadre de notre groupe de travail « Libre Association », nous avons entrepris depuis plusieurs années de « construire des ponts entre les logiciels libres et le monde associatif ». En 2012, nous avons réalisé un guide répertoriant des méthodes et des outils de travail adaptés aux besoins des associations. Il est disponible en version Web et en version papier (PDF). Le projet initial a vu le jour grâce au soutien de la Fondation Crédit Coopératif. Suite à une campagne de dons et au soutien de la Macif, nous avons procédé récemment à la réimpression de 8 000 exemplaires du guide.

Des exemplaires du guide seront disponibles sur les stands respectifs du Crédit Coopératif et de Associations mode d'emploi lors du Forum National des Associations et Fondations le 22 octobre 2014. Les autres exemplaires seront mis à disposition ultérieurement, via le site web.

« Il convient d'arrêter de reléguer la question informatique à une unique problématique technique. Une prise de conscience est nécessaire, un réel besoin de considérer enfin la question de la préférence systématique aux logiciels libres comme un véritable enjeu politique au sein des associations ! » estime Laurent Costy, administrateur de l'April et co-animateur du groupe de travail Libre Association. « Le guide apporte ainsi des arguments en ce sens et vous aidera à convaincre élus et salariés au sein de votre association » conclut-il.

Laurent Costy est l'auteur d'une récente tribune Pourquoi les associations doivent faire l'effort d'utiliser le plus grand nombre possible de logiciels libres.

À propos de l'April

Pionnière du logiciel libre en France, l'April est depuis 1996 un acteur majeur de la démocratisation et de la diffusion du Logiciel Libre et des standards ouverts auprès du grand public, des professionnels et des institutions dans l'espace francophone. Elle veille aussi, à l'ère du numérique, à sensibiliser l'opinion sur les dangers d'une appropriation exclusive de l'information et du savoir par des intérêts privés.

L'association est constituée de plus de 4 000 membres utilisateurs et producteurs de logiciels libres.

Pour plus d'informations, vous pouvez vous rendre sur le site Web à l'adresse suivante : http://www.april.org/, nous contacter par téléphone au +33 1 78 76 92 80 ou par notre formulaire de contact.

Contacts presse :

Frédéric Couchet, délégué général, fcouchet@april.org +33 6 60 68 89 31
Laurent Costy, administrateur de l'April et co-animateur du groupe de travail Libre Association, lcosty@april.org +33 6 80 70 44 41

Actualités de l'April du 19 octobre 2014

April -

Actualités de l'April du 7 septembre 2014

Informations


Luc Fievet et Lionel Allorge
vous présentent les actualités
de l'April du 19 octobre 2014

  • Titre : Actualités de l'April du 19 octobre 2014
  • Intervenants : Luc Fievet, Lionel Allorge
  • Réalisation : Luc Fievet, Lionel Allorge
  • Licences : Gnu FDL 1.3 ou ultérieure, CC-by-SA 2.0 ou ultérieure, Art Libre 1.3 ou ultérieure
  • Durée : 8 mn 43 s
  • Média : 20141019_actualites_april.webm (104 Mo)
  • Logiciels utilisés : Kdenlive pour le montage vidéo et Inkscape pour le générique
Transcription

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