Le monde du libre

Vu à la télé : le lobbying de Microsoft à l'école dévoilé dans un documentaire

Framablog -

« Le logiciel libre, c’est la hantise des entreprises high-techs… »

Le 8 septembre a été diffusé sur Canal+ le documentaire « École du futur : la fin des profs ? » dans le cadre de l’émission Spécial Investigation. Il nous montre des expériences innovantes dans des classes en France et aux USA, s’intéresse aux marchés des manuels scolaires et accorde une large part à l’offre et aux stratégies commerciales de géants comme Apple ou Microsoft.

Pour avoir, ici-même sur le Framablog, souvent dénoncé des liens trop forts entre Microsoft et l’éducation au détriment de la nécessaire et légitime place à donner au Libre, j’ai été contacté par la réalisatrice Pascale Labout. Du coup j’apparais dans le documentaire (dont vous trouverez un extrait signifiant ci-dessous), tout comme la députée Isabelle Attard qui fait partie de ces trop rares politiques qui prennent le relai et interpellent les pouvoirs publics sur ces questions (le travail d’une structure comme l’April n’y étant pas pour rien).

Merci à la journaliste d’avoir estimé qu’il était important d’informer sur certaines pratiques un peu troubles, de questionner le ministère à ce sujet et d’accorder une place au logiciel libre dans son travail d’enquête.

Un extrait à voir et faire circuler si vous pensez comme nous que cela a assez duré.


Quelques liens connexes pour aller plus loin :

Alexis Kauffmann

Québec annonce son plan pour la culture numérique

CultureLibre.ca - Olivier Charbonneau -

Le gouvernement provincial vient de lancer un nouveau site Internet où sont recensés près de 50 projets de culture numérique: culturenumerique.mcc.gouv.qc.ca, qui se partagerons près de 110 millions de dollars sur 7 ans. Près du tiers de l’enveloppe budgétaire est déjà attribuée pour les 2 prochaines années.

À brûle pourpoint, Je suis un peu surpris qu’il s’agisse d’un plan – on dirait plutôt un recensement ou d’une synthèse des projets actuellement sur la table. Aussi, il manque un “fil rouge” ou un “fil conducteur” pour expliquer comment ces projets constitue un plan… comme quoi des plumes lancées au vent ne font pas un oiseau !

Ceci dit, je suis vraiment content de voir autant d’efforts pour amener nos institutions vers le numérique, dont les projets de numérisations de BAnQ.

J’aurais vraiment voir un message clair vers la diffusion libre du contenu financé par l’État, en plus de la mise en ligne de jeux de données biens structurés.

Par ailleurs, un plan de culture numérique devrait fortement inciter les employés de l’État, dont les professeurs de tous les niveaux scolaires, de créer et diffuser du matériel pédagogique sous licence ouverte et dans Internet. Créons ensemble, partageons et apprenons ensemble. Pourquoi investir des millions quand nous pourrions mettre en place une philosophie de travail vouée au partage et à la création libre.

À suivre donc.

Copibec se lance dans la culture libre !

CultureLibre.ca - Olivier Charbonneau -

Connaissez-vous le nouveau projet SAMUEL (Savoirs multidisciplinaires en-ligne) de Copibec ? Selon leur bulletin d’information (Septembre 2014), SAMUEL est une

nouvelle plateforme de contenus numériques, est maintenant ouverte à tout membre du personnel travaillant au sein des établissements de niveaux préscolaire, primaire, secondaire et collégial! Déjà plus de 6 000 ressources numériques y sont disponibles pour une utilisation à des fins pédagogiques : des livres, des cahiers d’exercices, des revues, des articles à la pièce, des photos de presse, des œuvres artistiques et des textes de chansons! Des livres et des périodiques qui traitent de sujets aussi variés que l’économie, la famille, l’éducation, l’informatique, la science, les langues. On y retrouve également des romans pour tout public, des bandes dessinées, des biographies, de la poésie, des ouvrages de référence, mais aussi des images et des photos d’œuvres artistiques contemporaines (illustrations, sculptures, costumes et décors de théâtre, installations), des photos d’animaux, de gens et de lieux liés à l’actualité, au voyage, à l’architecture.

Et ceci n’est qu’un avant-goût de ce que vous retrouverez dans SAMUEL car de nouvelles œuvres y sont déposées régulièrement ! Tout ce contenu peut être utilisé, en quelques clics, dans les limites des licences Copibec!

Pour accéder à SAMUEL, vous avez simplement besoin d’un compte utilisateur dans Savia, notre système de gestion des droits de reproduction en ligne. Pour plus d’information, contactez-nous!

Ainsi, tout enseignant œuvrant dans une commission scolaire ayant une entente avec Copibec peut utiliser le matériel dans SAMUEL gratuitement (du moment que l’on ne dépasse pas les limites prévues du système pour une oeuvre). Il s’agit d’un système qui contient des ressources numériques (images, pages de livre, etc.) qui sont dans le répertoire de Copibec. Le but est de permettre aux profs de puiser directement de ce système les items dont ils ont besoin afin que Copibec puisse obtenir des données d’utilisation pour redistribuer les redevances perçues du Ministère de l’éducation, sports et loisirs.

C’est gratuit pour le prof car les items font partie de la licence. Il s’agit d’une sorte de banque de donnée de livres et images pour le secteur de l’éducation au Québec, où les droits sont déjà acquités (du moment que l’on ne dépasse pas les limites de l’entente copibec).

Ainsi, l’utilisation est libre car un prof peut utiliser du matériel numérique sous droit d’auteur sans payer directement pour l’utilisation. Elle n’est pas gratuite car le MELS a déjà acquitté le droit d’auteur par son entente annuelle.

IL s’agit vraiment d’un développement intéressant car pour une première fois, Copibec offre des licences d’utilisation en plus de fournir le document numérique auquel le droit est rattaché.

Quelques citations sur l’économie de la culture et du jeu

CultureLibre.ca - Olivier Charbonneau -

En vrac:

“The fundamental problem is that consumers of pure public goods [e.g.: copyrighted-protected digital works like indie games] have both the motivation and the ability to understate the intensity of their preferences. This incentive incompatibility is what Samuelson saw as the true root of the market’s tendency to underproduce public goods”

Yoo

“Experiences, first introduced as a limited extension of the standard rational choice model, appear to be destined for a larger role. In contemporary information-intensive economies, ‘experience industries’ constitute an economic subsector in its own right. Experience goods, interpreted as products that contain regularly varied information inducing new mental experiences in their users, pose interesting theoretical challenges. Information is needed to enable informed choices by future consumers, and such information draws its effectiveness from consistent value rankings within networks of experts, which are perceived as independent of commercial interests. The expert valuations gain a marketable value in themselves as they are experienced by the consumers and their communication network. Both notions, scales of quality and networks of communication, pose new challenges to economic theory.”

“Experience Goods” in The Handbook of Cultural Economics
(Hutter, p. 214, 2011)

“Industry, independent and non-profit creators, collecting organizations, and research organizations [need to] collaborate to develop strategies for collecting and making accessible final works, the resources from which these works were created, records of the development process of works, records of reaction and contribution by audiences, and records of marketing and reception. Supporting basic and applied research in fundamental questions ranging from information organization”

Recommendation 8: Support for Collections and Archives
(Wardrip-Fruin & Mateas, 2014, p. 9)

Bomsel, Olivier, 2010, L’Economie immatérielle, Industries et marchés d’expériences, Gallimard, “NRF Essais”
Hutter, 2011, “Experience Goods” in The Handbook of Cultural Economics, Ruth Towse ed., Edward Elgar Publishing, pp. 211-215
Lessig, Lawrence, 2006, Code v2, Basic Books, http://codev2.cc/download+remix/Lessig-Codev2.pdf
OCLC, 2003, Libraries: How They Stack Up, available from: https://oclc.org/content/dam/oclc/reports/librariesstackup.pdfWardrip-Fruin, Noah and Michael Mateas, 2014, Envisioning the Future of Computational Media The Final Report of the Media Systems Project, available from http://mediasystems.soe.ucsc.edu/sites/default/files/Media%20Systems-Full%20Report.pdf
Yoo, C.S., 2007, “Copyright and Public Good Economics: A Misunderstood Relation”, 155 U. Pa. L. Rev. 635

La rentrée scolaire du groupe de travail Transcriptions

April -

Après avoir fait le plein de fornitures, stylos, cahiers et feuilles, les membres du Groupe de Travail Transcriptions ont découvert leurs nouveaux professeurs et ont pris des notes qu'ils veulent partager avec vous.

Leur prof de Media est Benjamin Sonntag, son cours concernait le candale des photos de stars piratées et durait 7min:
http://www.april.org/interview-de-benjamin-sonntag-sur-bfmtv-scandale-de...

Le cour des discrétion est assuré par Lunar qui s'est étendu sur le réseau TOR pendant 25min:
http://www.april.org/reseau-tor-interview-de-lunar-radio-rmll-2014

Le cour de journalisme a été donné par Laurent Seguin durant 6min
http://www.april.org/interview-de-laurent-seguin-president-de-laful-sept...

Pierre Yves Gosset aide au retour à la vie normale sans Google, cela a pris 47min
http://www.april.org/remplacer-google-et-si-degooglisait-internet-confer...

Le prof le plus simpa vient d'Abidjan et a partagé son expérience
*[http://www.april.org/pourquoi-je-participerai-la-celebration-de-la-journee-mondiale-du-logiciel-libre-abidjan

Seul devoir du mois, lire le livre « Libres Savoir» d'Hervé Le Crosnier
http://www.april.org/bibliotheque-dalexandrie-presentation-de-libres-sav...

Soit un peu moins de deux heures de lectures passionnantes...

Et si on faisait le point sur le réseau social libre Diaspora*

Framablog -

En 2010, 4 étudiants New Yorkais lançaient un pari fou : créer un réseau social similaire à Facebook, mais cette fois libre et décentralisé.

Avec Diaspora* (c’est le nom du logiciel, “*” compris), non seulement il deviendrait possible d’installer son propre réseau social (pour sa famille, son entreprise, sa communauté), mais les différentes installations de Diaspora* (ces instances sont appelées des “pods”) seraient capable de discuter entre elles. Cela signifie que vous pouvez avoir créé votre compte sur le pod francophone https://framasphere.org, tout en échangeant avec des amis brésiliens (par exemple) hébergés eux sur https://diasporabrazil.org/

Estimant qu’ils avaient besoin de 10 000 $ pour financer leur projet, ces étudiants firent appel à un mode de financement original pour l’époque, le financement participatif. Annoncé en avril 2010, la somme fut atteinte en 12 jours seulement, mais les financements continuèrent d’affluer jusqu’à atteindre plus de 200 000 $, faisant de Diaspora* un des premiers logiciels à être financé ainsi par le public, mais aussi l’un des rares logiciels libres disposant de fonds non négligeables. Autant dire que les attentes étaient énormes, notamment par tous les détracteurs de Facebook qui en avaient assez d’être traqués dans leurs moindres “J’aime”.

La fin de l’année 2011 fut particulièrement rude pour le projet : critique d’internautes trouvant que le projet n’avançait pas suffisamment rapidement, première version bêta repoussée de plusieurs mois et décès de l’un des fondateurs. En août 2012, le projet fut confié à la communauté via une fondation, créée pour l’occasion.

Et depuis ? … Peu de nouvelles, en fait. Le projet continue pourtant non seulement d’exister, mais de s’améliorer, et compte plusieurs dizaines de milliers d’utilisateurs a travers le monde.

Récemment, le projet a de nouveau fait parler de lui : une dépêche AFP reprise sur de nombreux médias pointait du doigt Diaspora* et sa décentralisation comme un lieu d’expression pour les djihadistes de l’Etat Islamique.

Flaburgan, qui contribue activement au projet Diaspora* depuis deux ans, a bien voulu répondre à nos questions et nous dire où en est le projet aujourd’hui.

Bonjour Flaburgan, avant tout, peux-tu te présenter aux lecteurs du Framablog et nous dire comment tu es venu à contribuer à Diaspora* ?

Alors, je suis un jeune développeur web et Libriste avant tout (merci à l’IUT de Grenoble qui m’a bien éduqué en utilisant exclusivement du libre !) et je cogite un peu sur le fonctionnement actuel de notre société numérique, particulièrement l’approche que nous avons de la notion de vie privée. Je me suis donc engagé dans le projet Mozilla, et vous m’avez peut-être croisé aux conférences « Web et Vie privée » que je donne dans ce cadre (au Fosdem, aux JDLL ou ailleurs). Ma contribution au Logiciel Libre est donc orientée éducation et services. Pour moi, l’objectif du Libre est de proposer une alternative solide. Le but n’est donc pas le Graal « tout le monde n’utilise que du code Libre », mais plus simplement « si tu ne veux pas utiliser du logiciel propriétaire / non respectueux, nous avons quelque chose d’autre à te proposer ». Voici pour “alternative”. Par “solide”, j’entends utilisable sans avoir à faire de compromis (comprendre, sans perte de fonctionnalités ni d’utilisabilité).

Pour moi, le Libre remplit déjà cet objectif sur le desktop (Ubuntu / Firefox / Thunderbird / VLC / LibreOffice remplissent 90% des usages sans être plus compliqués ou plus pauvres que leur équivalent propriétaire, au contraire) et est en passe de réussir sur le mobile (au travers de projets comme Cyanogenmod et Firefox OS). Par contre, concernant les services (partage de photos, fournisseur de mail, réseaux sociaux…), il n’y a que peu d’alternatives libres, et elles sont en général plus pauvres. De plus, si on n’a aucune garantie sur ce que fait de nos données un logiciel propriétaire (mais on pourrait lui laisser le bénefice du doute), ce n’est pas le cas pour un service propriétaire, dont on est sûr qu’il exploite nos données. C’est sur ce secteur que les libristes devraient concentrer leurs efforts, Framasoft a d’ailleurs un raisonnement similaire puisque l’association réfléchit à un “Plan de Libération du Monde”[1] pour mettre en place des services Libres.

Quelle est la première brique à poser parmi tous ces services à libérer ? Le social, qui va permettre à chacun de se retrouver, d’échanger et de réfléchir pour construire ensuite notre idéal numérique. Il est pour moi capital de pouvoir accéder à tous ces échanges sans dépendre d’une entreprise à but lucratif. Le choix de diaspora* en soi s’est fait naturellement, c’est le projet le plus connu dans ce domaine, et il suffit de s’y connecter et de voir l’énergie et l’engouement des gens pour trouver du courage à contribuer. Me voici donc à suivre le projet depuis maintenant 3 ans, et à écrire du code (principalement front-end) depuis 2 ans. Comme j’avais besoin d’un endroit pour tester mon code en production, j’ai installé il y a un an le serveur diaspora-fr.org qui est sur la branche de développement de diaspora*, et je travaille maintenant avec Framasoft à la mise en place de Framasphère, un serveur diaspora* stable où tous seront les bienvenus.

Diaspora* souffre encore aujourd’hui d’une image un peu sulfureuse : il s’agissait de la première réussite d’envergure de crowdfunding logiciel, ce qui avait généré une énorme attente de la part des contributeurs. Avec le recul, beaucoup de gens semblent avoir été déçus avec un sentiment de « tout ça pour ça ? ». À juste titre, selon toi ?

Tordons le cou une fois pour toute aux rumeurs : $200k, cela fait $180k une fois que KickStarter a pris sa commission. Les fondateurs étaient 4, en ne se payant que $30k chacun, quand un salaire de développeur débutant à San Francisco est autour de $80k par an, il ne reste déjà plus que $60k. Oui, la somme récoltée était énorme pour un crowdfunding à l’époque, mais elle est ridicule lorsque l’on lance une startup, encore plus quand on la compare aux moyens de Facebook. Donc, je n’ai aucun doute en la bonne volonté des fondateurs, et ce ne sont certainement pas des voleurs comme on les a parfois injustement qualifiés.

Cependant, on ne peut pas dire que diaspora* au bout de deux ans de développement (2012) a été la réussite que l’on espérait. De mon point de vue (extérieur au projet à l’époque), il y a eu deux problèmes majeurs : une mauvaise communication et une absence de financement durable (il n’y avait à ma connaissance aucun autre business model que les dons). Il faut dire que lorsqu’ils ont demandé $10k sur KickStarter, les 4 étudiants pensaient faire une expérience pendant l’été, entre deux années de leurs cours, et n’envisageaient pas de laisser tomber leurs études pour lancer une start up. Ils l’ont finalement fait face au succès du crowdfunding. Le cocktail « beaucoup de pression + peu d’expérience » donne rarement de bons résultats, pour autant, d’un point de vue technique, la majorité des choix faits ont du sens, et la base de code aujourd’hui est saine : nous ne sommes pas dans un sac de nœuds rempli de hacks inmaintenables.

On peut donc reprocher leur manque de communication aux fondateurs, mais une chose est sûre, ils ont été les premiers à se lancer et à porter pour nous cette pression. Peut-être que sans eux, nous serions toujours là à nous plaindre à chaque changement un peu plus intrusif de Facebook sans pour autant faire quelque chose. Diaspora* a été une étincelle, un élément déclencheur : oui, on peut faire quelque chose, et oui, de nombreuses personnes pensent que cela est important. C’est en effet la première fois que l’on voyait un crowdfunding de cet ampleur, et chaque jour qui passe un nouveau scandale éclate en nous rappelant que ce projet n’est pas important mais carrément essentiel.

Par la suite, le décès d’un des fondateurs, puis le transfert du code (sous licence libre) à la communauté, via une fondation chapeautée par la FSSN a un peu donné l’impression d’un logiciel… abandonné. Rassure-nous : le projet est-il toujours actif ?

Lorsque les fondateurs ont souhaité arrêter en 2012, quelques courageux ont repris le flambeau, et la communauté de diaspora* reprend vie de plus en plus chaque jour. L’euphorie du départ n’est plus la même, mais on sait que l’on va dans la bonne direction, et de nombreux contributeurs nous rejoignent. Nous sommes aujourd’hui 446 sur sur loomio, l’outil que nous utilisons pour gérer le projet et prendre des décisions, et 47 personnes différentes ont participé au code depuis Août 2012, date où le projet a officiellement été transféré de Diaspora Inc à la communauté. Le projet a toujours été sous licence libre (AGPL) et plusieurs personnes qui sont aujourd’hui au cœur de la communauté travaillaient déjà avec les fondateurs à l’époque. Nous avons mis en place des numéros de versions en suivant semver, donc majeure.mineure.hotfix, en gardant un 0. en premier pour montrer que le projet n’est pas encore en “1.0”, c’est-à-dire complètement stable et prêt à être installé par tous, car s’il est prêt à être utilisé même par les plus novices, installer son instance de diaspora* est encore trop compliqué à notre goût. Nous avons sorti début septembre la version 0.4.1.0 de diaspora*, soit une version mineure après la sortie de la 0.4.0.0 fin Juin. En deux ans, nous avons donc sorti 4 versions majeures soit 2405 commits depuis la 0.0.0.0 le 15 octobre. Vous pouvez retrouver chaque release sur github. Je pense qu’on peut le dire, le projet est actif :)

Par ailleurs, les critiques techniques relatives au logiciel ont toujours été présentes : diaspora* utilise Ruby et Postgresql ou Mysql, alors que d’autres lui préféreraient XMPP et ou CouchDB. Même s’il faut reconnaître que critiquer les choix technologiques d’un logiciel est pour le geek l’équivalent sportif de la critique des choix d’un sélectionneur d’une équipe de foot, peut-on considérer que Diaspora* est construit sur des bases solides ?

Chaque technologie a ses avantages et ses inconvénients. Si diaspora* avait été écrit en PHP, il aurait été beaucoup plus facile d’installer un serveur, car les mutualisés ont tous PHP disponible. De même, il y a beaucoup plus de monde qui connaît PHP que Ruby, donc nous aurions certainement eu plus de contributions. Pour autant, maintenir une grosse application en PHP est un véritable calvaire, et même si Ruby reste le langage principal de diaspora*, 30% du code est aujourd’hui du JavaScript avec Backbone. Il n’y a pas de technologie parfaite, chacune a ses avantages et ses inconvénients. Les choix faits ici ne sont ni meilleurs ni pires qu’autre chose. La seule problématique importante pour moi est celle du protocole utilisé pour communiquer entre les nœuds. Il n’existe pas de protocole parfaitement adapté pour faire du social de manière décentralisé. Des projets comme Movim ou Libertree se sont basés sur XMPP. Cela a l’avantage d’avoir un chat et une gestion des contacts déjà en place et interopérable avec de nombreux autres services, d’ailleurs, nous travaillons en ce moment à l’intégration d’un chat basé sur XMPP dans diaspora*. Mais XMPP n’est pas non plus le protocole miraculeux : il n’est notamment pas prévu pour gérer la notion de messages “publics”, c’est à dire sans destinataire particulier. Je n’ai cependant pas étudié suffisamment le fonctionnement de ces protocoles pour en parler en détail (à quand une interview de Timothée sur le Framablog) ? En tout cas, l’idée de partir sur quelque chose de nouveau (mais basé sur Salomon) pour diaspora* puis de l’améliorer au fur et à mesure avant de le faire devenir un standard “De Facto” est une manière de faire classique sur le web. Donc, pourquoi pas.

Les expérimentations d’autres réseaux sociaux fédérés et décentralisées sont nombreuses. Que pense-tu, à titre personnel, de tels projets, comparés à Diaspora* ?

La réponse précédente explique mon point de vue sur la question. Il est rare de voir des gens travailler d’abord sur un standard puis les projets l’implémenter, même si c’est ce que cherchent à faire les gens de Tent.io. En général, on voit plutôt chaque projet se développer dans son coin, et celui qui fonctionne le mieux devient un standard et il est adopté par les autres. La diversité est toujours bonne quand la concurrence est saine. Ce qui est certain, c’est qu’on aimerait bien avoir une plus grande interopérabilité entre les projets, nous travaillons notamment un peu avec Friendica / la RedMatrix et GNU/Social, mais on manque vraiment de monde pour travailler sur ces sujets.

Très récemment, Diaspora* est revenu sur le devant de la scène médiatique : les réseaux sociaux décentralisés seraient devenus un repaire pour djihadistes en mal d’hébergement et de visibilité. Peux-tu nous en dire plus sur cette affaire ?

Nous avons vu arriver en quelques jours environ 200 comptes qui diffusaient du contenu de propagande pour l’État Islamique. La communauté s’est très vite mobilisée pour lister les contenus susceptibles d’être illégaux puis nous avons averti chaque administrateur. Selon le pays où il se trouve, un hébergeur est responsable du contenu sur ses serveurs. À ma connaissance, les podmins ont donc choisi de supprimer les contenus litigieux. C’est un choix que chaque administrateur a eu à faire, de par la nature décentralisée du réseau diaspora*, la fondation n’est pas responsable des contenus et n’a donc pas eu de rôle légal dans l’histoire. Vous pouvez en savoir plus en lisant les articles rédigés sur le blog pour l’occasion : https://blog.diasporafoundation.org/

Diaspora*, c’est une poignée de développeurs bénévoles sur leur temps libre, et très, très peu de fonds. Facebook, c’est plus de 7 000 employés à temps plein et un chiffre d’affaires de près de 8 milliards de dollars en 2013. Les réseaux sociaux libres ont-t-il une chance face au mastodonte Facebook ?

Tout dépend où l’on fixe l’objectif. Comme je l’ai dit dans la première question, si le but est d’avoir plus d’utilisateurs que Facebook, probablement pas. Mais notre but est-il là ? Pour moi, notre but est de permettre aux gens qui veulent quitter Facebook de le faire facilement. Si nous arrivons à offrir un équivalent de qualité facile à utiliser, nous aurons réussi, peu importe le nombre d’utilisateurs. Il y en a déjà bien assez pour ne pas se sentir seul.

Il y a ces derniers jours un gros buzz autour d’Ello, un nouveau réseau social qui se veut une alternative à Facebook, avec plus de liberté pour l’utilisateur (possibilité d’utiliser un pseudo, moins strict sur le contenu autorisé (pornographique notamment), pas de pub ni de revente de données). Est-ce que tu penses que de nombreuses personnes vont migrer de Facebook vers ce projet, nouveau concurrent de diaspora* ?

Le seul avantage que je vois à Ello est la facilité à comprendre le projet pour les Mme Michus : un site, une entreprise, un compte à se créer bref, aucun nouveau concept à assimiler pour l’utiliser, à la différence des réseaux décentralisés qui sont différents de ce à quoi les gens sont habitués. Mais l’intérêt s’arrête là. La comparaison ne tient sur aucun des autres points : les avantages mis en avant par Ello et cités dans la question sont présents dans tous les réseaux sociaux Libres que je connais. Pour autant, Ello ne propose aucune garantie :

  • Code source fermé : impossible de savoir ce que fait vraiment le logiciel ;
  • Plateforme centralisée : impossible d’installer son instance pour contrôler ses données ;
  • Compagnie à but lucratif qui vient de lever presque $500k auprès de FreshTracks Capital (lire https://aralbalkan.com/notes/ello-goodbye/) ;
  • …et même dans l’application, aucun réglage de vie privée, que des messages publics…

Bref, Ello n’est clairement pas la solution que l’on attend pour remplacer Facebook, et je crois que beaucoup l’ont déjà compris. Ce qu’il est intéressant de noter, c’est que depuis que ce buzz a commencé, nous avons vu plus de 6000 personnes inactives depuis longtemps se reconnecter sur diaspora*, lisant les articles sur Ello et se rappelant qu’elles avaient déjà entendu parler d’une vraie alternative libre à Facebook. L’annonce de ce projet est donc une bonne nouvelle pour Diaspora*, cela démontre qu’aujourd’hui encore nous avons besoin d’une alternative solide.

Où peut-on tester Diaspora* aujourd’hui ?

Il y a de nombreux serveurs ouverts à l’inscription, le site officiel indique bien (et en français) comment commencer dans l’univers de diaspora*. Si vous ne savez pas lequel choisir et que vous avez confiance en Framasoft pour héberger vos données, alors framasphere est le serveur qu’il vous faut !

Merci Flaburgan, quelque chose à ajouter ?

Bien sûr : si vous aussi vous pensez que le Web a besoin d’un endroit où tous peuvent communiquer sans que leurs données soient analysées à des fins publicitaires ou autres, venez nous donner un coup de main ! Nous avons un wiki très complet et besoin de tout type de contributeurs, développeurs (Backbone, Bootstrap, Rails ou SQL) comme traducteurs, communicants / marketing, blogueurs, sysadmin et autre ! Découvrez comment contribuer au code ou de manière non technique.

Notes

[1] Note de Framasoft : on vous en reparle très bientôt ! :-)

Revue de presse de l'April pour la semaine 39 de l'année 2014

April -

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 39

[Slate.fr] Shellshock, la nouvelle faille qui inquiète Internet, est-elle pire qu'Heartbleed? Difficile de le savoir

Par Andréa Fradin, le jeudi 25 septembre 2014. Extrait:
> Le bug touche Bash, un programme que vous ne connaissez peut-être pas, mais qui permet à l'utilisateur d'accéder aux fonctions du système d'exploitation.
Lien vers l'article original: http://www.slate.fr/story/92601/bash-nouveau-bug-pire-heartbleed

Et aussi:
[Le Monde.fr] Une importante faille de sécurité touche des serveurs Web et Mac OS
[20minutes.fr] Linux et Mac OS X: Les Etats-Unis mettent en garde contre une faille de sécurité

Voir aussi
Déclaration de la Free Software Foundation sur la faille «Shellshock» de GNU Bash

[Next INpact] La ministre de l’Éducation veut que les enfants soient initiés au code

Par Xavier Berne, le mercredi 24 septembre 2014. Extrait:
> Promue ministre de l’Éducation nationale suite au dernier remaniement ministériel, Najat Vallaud-Belkacem a assuré la semaine dernière qu’elle maintenait la position de son prédecesseur s’agissant de l’apprentissage de la programmation informatique à l’école. Devant l’Assemblée nationale, la benjamine du gouvernement s’est ainsi montrée déterminée à introduire une initiation obligatoire au code pour les élèves.
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/90064-la-ministre-l-education-veut-que-enfants-soient-inities-au-code.htm

Et aussi:
[Next INpact] Un député veut que chaque écolier dispose d’un espace numérique de travail
[Cowcotland] Le site Open Source Exercism.io propose d'apprendre le Code pour trouver un emploi

[Next INpact] Fleur Pellerin consacre la Hadopi en enterrant son transfert au CSA

Par Marc Rees, le mardi 23 septembre 2014. Extrait:
> La fusion des compétences de la Hadopi entre les mains du CSA n’est vraiment plus la priorité du ministère de la Culture. Dans une interview au Monde, publiée cet après-midi, Fleur Pellerin confirme que désormais, la priorité est la lutte contre le streaming et le direct download.
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/90041-fleur-pellerin-consacre-hadopi-en-enterrant-son-transfert-au-csa.htm

[ZDNet] Pratique: le guide du logiciel libre pour les TPE-PME

Par Fabien Soyez, le lundi 22 septembre 2014. Extrait:
> Sortis de leur carcan “geek”, les logiciels libres offrent aux entreprises une alternative aux produits propriétaires, couvrant la plupart de leurs tâches.
Lien vers l'article original: http://www.zdnet.fr/actualites/pratique-le-guide-du-logiciel-libre-pour-les-tpe-pme-39806659.htm

[Framablog] Enercoop: libérer les énergies

Par Pyg, le lundi 22 septembre 2014. Extrait:
> Le logiciel libre donne à tous salariés d’Enercoop et aux informaticiens en particulier, les moyens de domestiquer, de comprendre et d’enrichir les systèmes qu’ils utilisent. Le logiciel libre signifie le partage de la connaissance, c’est la base de l’enseignement, du développement d’une culture libre et de l’épanouissement intellectuel de chacun.
Lien vers l'article original: http://www.framablog.org/index.php/post/2014/09/22/Enercoop-liberer-les-energies

[WSJ.com] Hard Times for Software Patents

Par Jacob Gershman, le lundi 22 septembre 2014. Extrait:
> (Les cours fédérales ont rejeté plus de brevets logiciels depuis que le jugement de la Cour Suprême de juin) Federal courts have rejected more software patents since a U.S. Supreme Court ruling in June tackled the question of whether—and when—computer programs can qualify for intellectual-property protection.
Lien vers l'article original: http://blogs.wsj.com/law/2014/09/22/hard-times-for-software-patents/

Et aussi:
[ComputerworldUK] How EU's Unified Patent Court May Repeat US's Past Mistakes

[France Culture] Nous et nos données

Par la rédaction, le vendredi 19 septembre 2014. Extrait:
> Chaque jour, chacun d’entre nous produit de plus en plus de données. Même les plus fervents défenseurs de la déconnexion, ou les réseaux sociaux laissent des traces numériques. A chaque fois que nous nous connectons, utilisons notre abonnement pour un vélo en libre accès, prenons le métro ou le tram, envoyons des mails ou téléchargeons une application, nous laissons des informations sur nous. Elles deviennent un enjeu majeur qui mobilise de plus en plus, sauf peut-être les premiers concernés ! Enquête de Catherine Petillon.
Lien vers l'article original: http://www.franceculture.fr/emission-pixel-nous-et-nos-donnees-2014-09-19

Et aussi:
[Rue89] Tu t’es vu quand t’as signé les conditions générales d’utilisation de Facebook?

[Marianne] Traité transatlantique: le gouvernement demande enfin la transparence!

Par Bruno Rieth, le jeudi 18 septembre 2014. Extrait:
> Jusqu’à présent, le gouvernement se foutait bien de l’opacité entourant le mandat de négociation des émissaires européens sur le traité transatlantique. Pis, il paraissait l'approuver. Mais Matthias Fekl, le remplaçant du phobique Thomas Thévenoud au secrétariat au Commerce extérieur, vient d’exiger que le secret soit levé. Ni plus ni moins que ce que réclament depuis des mois les opposants au traité…
Lien vers l'article original: http://www.marianne.net/Traite-transatlantique-le-gouvernement-demande-enfin-la-transparence-_a241454.html

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

Déclaration de la Free Software Foundation sur la faille « Shellshock » de GNU Bash

April -

Suite à l'annonce de la faille de sécurité dans le shell libre GNU Bash, faille appelée « shellshock », la Free Software Foundation (Fondation pour le Logiciel Libre) a publié une réaction. En voici la traduction faite par l'April.

Une faille de sécurité majeure a été découverte dans le shell libre GNU Bash. Les problèmes les plus sérieux ont d'ores et déjà été corrigés et un correctif complet est en cours d'élaboration. Les distributions GNU/Linux travaillent d'arrache-pied pour fournir des paquets à jour à leurs utilisateurs. Tous les utilisateurs de Bash doivent procéder à une mise à jour immédiate et vérifier la liste des services de réseau distants exécutés sur leur système.

Bash est le shell du projet GNU et fait partie de la suite de programmes constitutifs du système d'exploitation GNU. Les programmes GNU associés au noyau Linux forment un système d'exploitation d'utilisation courante, libre et complet, qui s'appelle GNU/Linux. Le bogue, référencé sous le nom de « shellshock », permet aux attaquants, dans certaines circonstances, de prendre la main et de contrôler un système à distance en utilisant Bash (ainsi que les programmes utilisant Bash) comme moyen d'attaque, quel que soit le noyau concerné. Le bogue affecte probablement bon nombre des utilisateurs de GNU/Linux ainsi que ceux qui utilisent Bash sur des systèmes d'exploitation privateurs tels que l'OS X d'Apple et Microsoft Windows. Des détails techniques supplémentaires peuvent être obtenus sur CVE-2014-6271 [en] et CVE-2014-7169 [en].

GNU/Bash [en] doit son succès au fait que c'est un shell libre, fiable et bourré de fonctionnalités. Ce succès a pour conséquence que le bogue majeur découvert hier touche beaucoup de monde. Heureusement, la licence de GNU Bash, la GNU GPL version 3 (licence publique générale GNU) a rendu possible une réaction rapide. Elle a permis à Red Hat [en] de développer et de partager des correctifs conjointement au travail effectué en amont par les développeurs de Bash, correctifs qui peuvent être téléchargés et appliqués par quiconque le souhaite. Toute personne qui utilise Bash est libre de télécharger, d'étudier et de modifier le code source – ce qui n'est pas le cas avec les logiciels de Microsoft, Apple et autres éditeurs de logiciels privateurs.

La liberté du logiciel est une condition préalable à l'informatique sécurisée ; elle assure à chacun la possibilité d'étudier le code source pour y détecter des failles et celle de créer de nouvelles versions sécurisées le cas échéant. Cette liberté ne garantit pas pour autant un code source sans bogue, pas plus que ne le font les logiciels privateurs : l'existence de bogues n'est pas liée à la licence du logiciel. Par contre, lorsqu'un bogue est découvert dans un logiciel libre, chacun dispose de la permission, des droits et du code source requis pour détecter et corriger le problème. Le correctif peut alors être immédiatement et librement distribué à toute personne qui en a besoin. C'est bien pourquoi cette liberté est vitale pour une informatique juste et sûre.

Les logiciels privateurs (c.-à-d. non libres) reposent sur un modèle de développement injuste, qui refuse aux utilisateurs la liberté fondamentale de contrôler leur ordinateur. Quand le code d'un logiciel est maintenu secret, il vous expose non seulement aux bogues, qui restent indétectés, mais aussi à l'introduction et au maintien délibérés de fonctionnalités malveillantes. Les entreprises peuvent utiliser l'opacité de leur code pour passer sous silence de graves problèmes ; il a en outre été prouvé que Microsoft fournit des informations sur les failles de sécurité à des agences de renseignement, avant de les corriger [en].

Les logiciels libres ne peuvent garantir votre sécurité, voire dans certaines situations peuvent sembler moins sécurisés dans des contextes particuliers que certains logiciels privateurs. Mais, comme cela a été largement reconnu à la suite du bogue « Heartbleed » d'OpenSSL, troquer une faille de sécurité unique contre l'insécurité intrinsèque des logiciels privateurs n'est pas la solution ; la solution est bien plutôt de mettre de l'énergie et des ressources dans l'audit et l'amélioration des programmes libres.

Le développement de Bash et, plus généralement, de GNU est le fruit d'un travail presqu'exclusivement bénévole et vous pouvez y contribuer [en]. Nous réexaminons actuellement la procédure de développement de Bash afin de voir si des ressources financières plus importantes peuvent nous aider à éviter d'autres problèmes à l'avenir. Si vous-même ou votre organisation utilisez Bash et trouvez un intérêt à soutenir son développement, n'hésitez pas à nous contacter.
]

Les correctifs permettant de remédier au bogue peuvent être obtenus directement sur http://ftp.gnu.org/gnu/bash/ [en].

Contact presse :

John Sullivan, directeur exécutif
Free Software Foundation
campaigns@fsf.org

Agréable Journée Inter-associative du Libre de septembre 2014

April -

Début: 27 Septembre 2014 - 14:00Fin: 27 Septembre 2014 - 18:00

Le 27 septembre 2014 de 14h00 à 18h00, les associations Picapo, April, Parinux, Ubuntu-FR, FDN invitent leur adhérents à venir partager leurs connaissances et leur temps dans les locaux de la fondation Mozilla au 16 Bis Boulevard Montmartre à Paris.

Revue de presse de l'April pour la semaine 38 de l'année 2014

April -

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 38

[Next INpact] Les consommateurs devront être avertis de la présence de DRM

Par Marc Rees, le vendredi 19 septembre 2014. Extrait:
> Outre l’encadrement du droit de rétractation, le décret publié ce matin au Journal officiel contient une autre disposition importante en matière de droit à la consommation. Elle vise les questions des verrous numériques et de l’interopérabilité, mettant sur le dos des professionnels de nouvelles obligations.
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/89976-les-consommateurs-devront-etre-avertis-presence-drm.htm

Voir aussi:
Les consommateurs mieux informés sur les DRM mais toujours menottés

[JDN] E-commerce: solutions open source vs solutions propriétaires: 5 questions a se poser avant de faire son choix

Par Yannick Maingot, le vendredi 19 septembre 2014. Extrait:
> Dans le monde «impitoyable» des technologies e-commerce, s’affrontent depuis toujours deux philosophies: celle des solutions technologiques reposant sur le modèle Open Source et celle des éditeurs de solutions propriétaires.
Lien vers l'article original: http://www.journaldunet.com/ebusiness/expert/58489/e-commerce---solutions-open-source-vs-solutions-proprietaires---5-questions-a-se-poser-avant-de-faire-son-choix.shtml

Et aussi:
[toolinux] Guide de l'open source, édition 2014
[Programmez!] Windows est un malware selon Richard Stallman

[Next INpact] Le projet de loi sur le terrorisme adopté par les députés: notre compte-rendu

Par Marc Rees, le jeudi 18 septembre 2014. Extrait:
> Les députés viennent d'adopter le projet de loi sur le terrorisme après les débats que vous avez pu suivre ces derniers jours sur ce flux ou en suivant le hashtag #PJLterrorisme sur Twitter. Voici notre compte-rendu.
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/89946-projet-loi-sur-terrorisme-en-temps-reel-articles-deja-votes.htm

Et aussi:
[Le Monde.fr] Terrorisme: un projet de loi dangereux
[Numerama] Les FAI devront bloquer les sites terroristes par DNS, pas par DPI
[Rue89] Loi antiterroriste: eh, les députés, réveillez-vous!
[Télérama.fr] Antiterrorisme sur le Net: un projet de loi... et un cheval de Troie
[Rue89] Pendant ce temps, à l’Assemblée, l’antiterrorisme a tous les droits

Voir aussi:
Le projet de loi terrorisme adopté à l'Assemblée nationale

[Le Monde Informatique] FixMyDocuments veut aider les sites publics à adopter les formats ouverts

Par Loek Essers, le jeudi 18 septembre 2014. Extrait:
> A travers sa campagne FixMyDocuments, le groupement d'intérêt Open Forum Europe dit vouloir aider les administrations à utiliser les formats de documents ouverts sur leurs sites web. Neelie Kroes a apporté son soutien à l'initiative, mais on ne sait pas si ses successeurs lui emboîteront le pas.
Lien vers l'article original: http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-fixmydocuments-veut-aider-les-sites-publics-a-adopter-les-formats-ouverts-58665.html

Et aussi:
[Le Monde Informatique] La ville de Turin passe à Linux pour économiser 6 M€
[Silicon.fr] Deux villes italiennes larguent Microsoft pour l’Open Source

Voir aussi:
Les administrations publiques doivent mettre en pratique ce qu'elles prêchent en soutenant les formats ouverts

[La gazette.fr] L'Etat entrepreneur ouvert, nouvel avatar du numérique au service de la modernisation

Par Sabine Blanc, le jeudi 18 septembre 2014. Extrait:
> Ce mercredi 17 septembre, le secrétaire d’Etat en charge de la Modernisation de l’Etat et de la Simplification a présenté une communication synthétisant sa stratégie en terme de numérique. Elle s’inspire du monde de l’entreprise et la donnée y joue un rôle pivot.
Lien vers l'article original: http://www.lagazettedescommunes.com/270157/letat-entrepreneur-ouvert-nouvel-avatar-du-numerique-au-service-de-la-modernisation

Et aussi:
[cio-online.com] Jacques Marzin (DISIC): «nous voulons mettre en place l'Etat Plateforme, un socle de partage interministériel»

[Le Monde.fr] Le cryptoanarchiste allemand et l'ancien cadre du CAC 40 alliés contre la NSA

Par la rédaction, le mardi 16 septembre 2014. Extrait:
> Le projet «Pretty Easy Privacy» veut faire des communications chiffrées un standard utilisable par M. et Mme Tout-le-Monde, aussi bien dans l'entreprise que dans le cadre privé.
Lien vers l'article original: http://www.lemonde.fr/pixels/article/2014/09/16/le-cryptoanarchiste-allemand-et-l-ancien-cadre-du-cac-40-allies-contre-la-nsa_4486314_4408996.html

Et aussi:
[Numerama] Guide d'autodéfense numérique: le second tome est sorti
[Le Monde Informatique] PEP, un projet Open Source prometteur pour le cryptage des communications

[Framablog] Le combat pour Internet est un combat pour des personnes

Par Cory Doctorow (transcription Marie-Alice et traduction Framalang), le lundi 15 septembre 2014. Extrait:
> Bon, il y a pas mal de chances que les personnes qui assistent à des événements comme celui-ci gagnent leur vie avec une activité en ligne et même si vous ne gagnez pas votre vie en ligne aujourd’hui, vous le ferez probablement demain, parce que tout ce que nous faisons aujourd’hui implique Internet et Internet sera nécessaire pour tout ce que nous ferons demain.
Lien vers l'article original: http://www.framablog.org/index.php/post/2014/09/14/Le-combat-pour-Internet-pour-des-personnes

Et aussi:
[Bug Brother] «Sur Internet, on est tous pirates, et ça c’est bien»
[Radio-Canada.ca] Une nouvelle génération de droits de la personne?

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

Prochaine rencontre du CLA : 9 octobre 2014

Club Linux Atomic -

La prochaine rencontre du Club Linux Atomic (CLA) se déroulera le jeudi 9 octobre, de 18 à 21 heures à la Maison Notman, située au 51 rue Sherbrooke Ouest à Montréal. Voici l’information et la programmation de cette rencontre. Programmation La programtion sera ajoutée à cet article lorsqu’elle sera connue. Inscription Nous vous invitons à […]

Enercoop : libérer les énergies

Framablog -

Enercoop est un fournisseur français d’électricité d’origine renouvelable.

Depuis fin 2006, cette coopérative permet donc aux français d’approvisionner leur foyer ou leur entreprise en énergie dont les sommes facturées sont ensuite reversées auprès de producteurs d’énergies “100% verte”.

Les valeurs portées par Enercoop (et les partenaires qui la soutienne) ne sont pas sans rappeler celles du logiciel libre. Il ne s’agit en effet pas juste de dénoncer la position de monopole (de fait) d’EDF en proposant de déconcentrer le marché de l’éléctricité, mais bien aussi de proposer une autre façon de produire et de consommer de l’énergie. La production est ainsi centrée sur les énergies renouvelables exclusivement, et la consommation est elle axée sur une transparence entre les producteurs et clients, en réalité tous sociétaires de la coopérative. Le paralèlle peut donc être fait avec le libre où les licences permettent intrinsèquement la copie, la collaboration et la réutilisation de code source (avec une tracabilité des auteurs), et où les utilisateurs ne sont pas considérés comme des clients, mais comme une communauté (avec souvent une entraide entre utilisateurs, et la possibilité d’une communication directe entre les développeurs et les utilisateurs finaux).

Au-delà de ces valeurs communes et du “100% énergie verte”, Enercoop vise le “100% logiciel libre”.

A l’occasion de la première “Journée de la transition citoyenne”, ce 27 septembre, à laquelle Juilen Noé, Directeur d’Enercoop, invite les associations du libre à participer, nous avons donc souhaiter interroger David Affagard, responsable des Systèmes d’Informations de la coopérative.

Bonjour David, peux-tu te présenter en quelques phrases ?

Je suis arrivé chez Enercoop il y a un an pour le développement d’une application de type ERP, mais très vite le projet, par nécessité, s’est étendu à la refonte globale du SI Enercoop. Je me suis toujours défendu d’être un informaticien, gêné par le côté réducteur de cette qualification. Mais je suis aussi ce que mes collègues font de moi… J’ai donc été le premier “informaticien” à avoir intégré Enercoop, et, heureusement, je ne suis déjà plus le seul.

J’ai une formation initiale d’ingénieur polyvalent, Arts et Métiers avec une spécialisation en énergétique. J’ai investi le monde de l’informatique dès ma sortie de l’école dans le monde de l’industrie, mais j’ai réellement commencé à le faire avec plaisir au milieu des années 90 avec le multimédia et l’arrivée d’internet. J’ai participé à de nombreux projets multimédia avec Infogrames jusqu’en 1997 avant de créer avec un ami notre propre “maison”. Pendant 15 ans nous avons développé des applications internet/intranet pour les entreprises sur des technologies reines de l’open source internet (linux, perl, python, php, postgreSQL,…). Ce projet est arrivé à son terme de manière accidentelle en 2013. Il était alors nécessaire pour moi de tourner une page. Militant Greenpeace depuis longtemps, je connaissais Enercoop sans y être client ou sociétaire, donc, quand je suis tombé sur l’annonce, je me suis vraiment pris à rêver d’un projet qui rassemblerait mes connaissances et mes convictions personnelles. À 50 ans, après une longue période d‘“indépendance”, je goûte maintenant aux délices de la coopération au sein d’une grande équipe pour un projet de société que je souhaite voir émerger.

Enercoop, ça fonctionne comment ?

Enercoop est une Société Coopérative d’Intérêt Collectif. Son objet est de fournir aux citoyens une électricité produite à 100% par des énergies renouvelables : hydraulique, solaire, éolien et biomasse. Enercoop est une alternative concrète à la civilisation de la combustion. Nous fournissons une énergie électrique libérée du nucléaire et des énergies fossiles. Le capital d’Enercoop est distribué en parts sociales dont l’acquisition est ouverte à toute personne physique ou morale qui veut trouver sa place et soutenir le projet. Les sociétaires répartis par collèges sont les consommateurs (clients pour la fourniture d’électricité), les producteurs, les porteurs (créateurs du projet), les partenaires,les salariés et les collectivités. L’achat de parts sociales n’est pas limité en quantité. Un sociétaire possède une voix quelque soit le nombre de parts sociales qu’il détient. De fait l’investissement de chaque sociétaire est l’expression de son soutien au projet, mais il ne lui donne pas de pouvoir proportionnel à son investissement. Ce principe place Enercoop à l’abri d’une prise de pouvoir par le capital.

Aujourd’hui Enercoop est un fournisseur d’électricité au niveau national qui fonctionne avec un réseau de coopératives locales. En 2006 l’ouverture du marché de l’électricité a ordonné la séparation du réseau de distribution (ERDF) de celui de la fourniture (EDF). La fourniture d’électricité consiste à apporter au réseau de distribution une production électrique égale aux besoins de consommation des clients. Le réseau de distribution (ERDF) est l’infrastructure physique qui permet l’acheminement de l’électricité jusqu’aux compteurs, il ne produit pas d’électricité. Le fournisseur (Enercoop) apporte l’énergie au réseau de distribution.

Enercoop est un concurrent direct d’EDF, de Direct Energie, etc… Notre particularité est d’être le seul à proposer une fourniture d’électricité 100% renouvelable. Nos consommateurs savent que nous ne sommes pas dans le groupement des fournisseurs affiliés au nucléaire (ARENH). Chaque euro dépensé en consommation électrique Enercoop est intégralement fléché vers la production verte. Certains fournisseurs proposent une offre d’énergie verte tout en achetant de la production « grise » (nucléaire, charbon, pétrole). En France, un producteur d’énergie verte a le droit de vendre sa production sans sa « garantie d’origine verte », il peut vendre cette « garantie d’origine » par ailleurs à un autre fournisseur, sans la production ad hoc. Ceci permet au fournisseur d’accoler cette « garantie verte » à une production qui ne l’est pas… Enercoop milite contre ces méthodes.

Enercoop est un militant écologiste. Notre militantisme ne s’arrête pas au simple marché de l’énergie. Au travers de notre développement, nous défendons un modèle de société et de vivre ensemble. Dans une logique capitaliste, un fournisseur d’électricité serait amené à concentrer ses moyens techniques et organisationnels en un point du territoire afin de rentabiliser son infrastructure et ses équipes. Enercoop choisit une autre voie : le développement du cycle court. Il s’agit au contraire de déconcentrer nos infrastructures pour les distribuer et les rapprocher de nos acteurs : producteurs et consommateurs. Ainsi depuis 2009, Enercoop a essaimé, non pas en créant des agences dépendantes d’une coopérative mère, mais en créant des coopératives de région indépendantes . Aujourd’hui, Enercoop national concède à la coopérative Enercoop de région un droit d’exploitation de la marque Enercoop. Sept coopératives en région sont déjà installées et deux autres sont sur le point de naître.

D’après Wikipédia, Enercoop compterait 20 000 sociétaires en 2014. C’est à la fois beaucoup, et très peu face à l’opérateur historique, EDF, qui servirait près de 40 millions de clients au niveau mondial. Cela n’est pas sans rappeler la position du libre face aux géants du logiciel (Microsoft, Adobe, etc) et de l’internet (Google, Facebook, etc). Les communautés “alternatives” ont-elles vraiment une chance face aux industriels installés depuis des décennies ?

Avec Enercoop nous sommes concurrents d’EDF, mais nos valeurs et nos méthodes sont très différentes.

Nous avons la volonté de grandir, certes parce que le projet nous tient à cœur, mais plus encore pour représenter un poids politique et peser sur la transition énergétique et les grandes décisions stratégiques gouvernementales. Aujourd’hui, le Kwh Enercoop coûte plus cher que le Kwh EDF. Chaque fois que le gouvernement applique une augmentation de l’électricité, ceci n’affecte que le prix régulé du Kwh EDF. Le nôtre est inchangé depuis 2006 essentiellement parce qu’il n’est pas influencé par le financement de la filière nucléaire. En conséquence l’écart se réduit… petit à petit les règles changent. Aujourd’hui 20.000 clients nous ont choisi. Parmi nos clients nous comptons bon nombre de particuliers militants, mais aussi de collectivités et de professionnels qui ont compris la nécessité de construire une économie vertueuse et équilibrée. Espérons que dans quelques années nous ne soyons plus les seuls à proposer notre modèle, ce sera un succès pour nous, partagé avec d’autres fournisseurs, producteurs et consommateurs.

Notre adhésion au mouvement du logiciel libre n’est pas dirigée contre les géants. Elle est dirigée pour soutenir le partage et la diversité de nos intelligences.

Quels sont les types de logiciels utilisés par Enercoop ?

Nous utilisons un mix de logiciels entre applications standard et applications spécifiques métier.

Nous avons entamé il y a un an un refonte de notre SI poussée par la nécessité de déployer un ERP métier spécifique à la gestion de l’énergie. Nous avons pris le parti de recourir systématiquement au monde du libre. Notre objectif est d’interfacer chacune de nos applications avec notre openLdap d’une part pour bénéficier de l’authentification unique avec notre CAS et d’autre part pour réaliser, quand c’est nécessaire (et possible), des transferts de données d’une application à une autre.

Sur ce principe, voici la suite exhaustive de nos applications collaboratives et standard connectées à notre LDAP :

  • SOGo : groupware connectée à notre LDAP
  • Asterisk : téléphonie IP pour Paris et les coopératives de région, connectée à notre LDAP
  • ldapSaisie : une interface web pour la gestion des comptes LDAP, une application développée par notre prestataire Easter Eggs
  • ownCloud que nous avons rebaptisé le Clood (prononcez Claude !) connectée à notre LDAP
  • DokuWiki connectée à notre LDAP
  • EtherPad (baptisée Coopad chez nous) connectée à notre LDAP

Les applications que nous envisageons de connecter à LDAP : (pas encore réalisé, faute de temps…)

  • LimeSurvey : application web pour la création d’enquêtes
  • Sympa : mailing lists avec administration web
  • Redmine pour la gestion de projet
  • Mediawiki
  • RT (Request Tracker), un gestionnaire de ticket
  • BigBlueButton pour la visio avec le prestataire Talcod
  • Suite Framasoft : Framadate (Coople chez nous) et Framacalc (expérimental et pas encore baptisé mais pour lequel nous nourrissons beaucoup d’espoir).

Dans le cadre de la refonte SI, nous développons avec la société Axelor et notre partenaire Sorégies une applications métier sur un framework libre développé en Java/XML sous PostgreSQL. Il s’agit d’un ERP baptisé CoopEner qui couvre :

  • l’activité CRM et XRM (gestion clients, producteurs d’électricité, partenaires, contacts etc… )
  • la gestion des flux de données ERDF pour produire notre facturation client et réaliser une Gestion Intégrée de l’Energie (GIE)

CoopEner est bien sûr interconnecté sur notre LDAP, il nourrit LDAP.

Depuis sa création en 2006, Enercoop a, de manière naturelle, déployé des machines sous Windows.
Depuis un an, nous avons lancé la migration de notre parc sous Linux.
Nous avons opté pour une distribution Linux/Debian optimisée pour nous par Easter Eggs.
Nous faisons une sélection de logiciels libres que nous installons dans une configuration unique que nous déployons pour tous les salariés Enercoop.
Nous retrouvons tous les standards du libre : ThunderBird, Iceweasel (Firefox), Filezilla, Linphone, Gimp, Okular, QGIS, Notes Tomboy, LibreOffice, etc…
La migration n’est pas chose simple. À ce jour nous avons migré la moitié de notre parc (25 postes sur 50). Nous avons résolu les problèmes techniques de migration logiciel, mais la difficulté chronophage est la réorganisation et la gestion du changement. La gestion de parc est techniquement facilitée avec GLPI.
Linux ne nous empêche pas d’utiliser ponctuellement des applications Windows auxquelles nous ne pouvons échapper (il y en a encore :))
Pour des applications métier “historiques” nous avons optimisé notre configuration Linux afin d’utiliser ces outils en session à distance… Ainsi nous n’avons pas besoin de Windows sur les postes de travail ce qui est un gain substantiel pour la gestion du parc.

Nos prestataires :

Quelle est la politique de la coopérative vis-à-vis du logiciel libre ?

Notre objectif est d’avoir recours à 100% aux solutions libres et d’apporter notre participation en terme d’intelligence et de financement.

Les prestations que nous finançons peuvent être reversées à la communauté du libre, nous encourageons nos prestataires à le faire.
Développer le logiciel libre au cœur de notre activité suppose aussi une collaboration de confiance avec nos prestataires informatiques, la mise en place d’un éco-système stable où chaque acteur trouve les éléments de son équilibre.
Dans cette approche, nous souhaitons soutenir directement des projets de développement libre qui nous sont servis “sur un plateau”.
Nous soutenons financièrement des projets de production d’énergie verte, ça nous semble cohérent de soutenir aussi pour des projets qui nous permettent de développer notre SI, cœur de notre activité.

Quels arguments donnerais-tu à un responsable S.I. qui pourrait le pousser à utiliser du logiciel libre dans son infrastructure informatique ?

Le logiciel libre permet aux travailleurs modernes de sortir du prolétariat.

Le prolétaire est un mot antique que Marx a fait resurgir pour qualifier le travailleur qui ne possède pas son outil de travail et qui, pour vivre, doit mettre à disposition du capital son énergie personnelle et son intelligence sans qu’elles soient capitalisées. Le logiciel propriétaire est un logiciel qui entretient la dualité capitaliste / prolétaire : il conduit les SI des entreprises à n’être que des acheteurs, intégrateurs, consommateurs et promoteurs de solutions informatiques clef-en-main sur lesquels il n’y a pas d’emprise, sur lesquels les SI n’apportent aucne valeur, aucune énergie, aucune intelligence.

Le logiciel propriétaire fait de l’informaticien un prolétaire.

Le logiciel libre donne à tous salariés d’Enercoop et aux informaticiens en particulier, les moyens de domestiquer, de comprendre et d’enrichir les systèmes qu’ils utilisent.
Le logiciel libre signifie le partage de la connaissance, c’est la base de l’enseignement, du développement d’une culture libre et de l’épanouissement intellectuel de chacun.
Ce n’est pas un choix facile car nous sommes tous sollicités par des solutions propriétaires alléchantes et performantes. Mais si nous nous comportons comme des consommateurs avides de se satisfaire de solutions toutes faites et rapides dans lesquelles nous ne sommes plus acteur, certes nous serions heureux d’apporter des solutions rapides à nos collègues et dirigeants, mais nous perdrions la maîtrise et la richesse de ce que nous faisons.
Le fait de choisir des solutions libres à tous les niveaux de notre SI nous permet de maitriser la construction globale de notre ouvrage. Si nous avons besoin de faire communiquer des solutions entre elles, nous avons des possibilités, nous ne sommes pas coincés par le bon vouloir d’un éditeur, nous sommes guidés par une imagination que nous partageons avec nos prestataires. Sur le développement de notre infrastructure et la refonte de notre SI logiciel, nous sommes aujourd’hui réellement dans cette capacité.

Le Collectif pour une Transition Citoyenne, dont Enercoop est partenaire, organise ce 27 septembre une “Journée de la Transition citoyenne”. Peux-tu nous en dire plus ?

Initiés par le Collectif pour une Transition Citoyenne qui regroupe à ce jour 16 structures (la Nef, Terre de Liens, Enercoop, Biocoop, les Amis de la Terre, etc.), les événements du 27 septembre se donnent pour objectif d’inviter les citoyens à s’engager de manière concrète dans la transition : donner du sens à son argent, s’approvisionner en énergie renouvelable, en produits sains et locaux…

Depuis le printemps dernier, chaque structure membre du Collectif et d’autres partenaires invitent leurs réseaux à se mettre en lien localement pour organiser une Journée de la Transition. Ces synergies aboutissent depuis à l’organisation de plus de 150 Journées de la Transition sur les territoires !

Le 27 septembre, c’est donc l’occasion de faire connaître au plus grand nombre les acteurs qui composent ce mouvement, de montrer que la transition est en marche et qu’elle doit se faire par les citoyens, pour les citoyens !

Les associations du libre sont invitées à participer à ces journées, pour sensibiliser le public sur les enjeux numériques et les alternatives existantes à l’informatique propriétaire/privatrice. Comment peuvent-elles participer ?

Les associations du libre sont effectivement les bienvenues !

Pour participer, c’est simple, il suffit de prendre contact avec l’organisateur de l’événement et voir comment il est possible de s’intégrer dans leur programme. La participation le jour J peut prendre différentes formes : projection-débat, stands, animations… à chacun de trouver le format idéal pour faire passer son message !

Les coordonnées des organisateurs se trouvent sur la page dédiée à chaque événement. http://www.transitioncitoyenne.org/27septembre2014-journees-transition/

Merci David ! Un dernier mot pour la fin ?

Puisque j’en ai l’opportunité ici, je vais reprendre André Gorz. Cet extrait argumente, pour moi, la substance du projet Enercoop ; il explique le lien évident que nous souhaitons cultiver entre le projet Enercoop et le monde du logicel libre.

Une économie au-delà du travail emploi, de l’argent et de la marchandise, fondée sur la mise en commun des résultats d’une activité comprise d’emblée comme commune, s’annonce possible : une économie de la gratuité.
C’est la fin du travail ? Au contraire : c’est la fin de la tyrannie qu’exercent les rapports de marchandise sur le travail au sens anthropologique. Celui-ci peut s’affranchir des «nécessités extérieures» (Marx), recouvrer son autonomie, se tourner vers la réalisation de tout ce qui n’a pas de prix, ne peut être ni acheté ni vendu; devenir ce que nous faisons parce que réellement nous désirons le faire et trouvons notre accomplissement dans l’activité elle-même autant que dans son résultat.

La grande question est : que désirons-nous faire dans et de notre vie ? Question que la culture économiste du «plus vaut plus» empêche de poser
Il s’agit là, c’est entendu, d’une utopie. Mais d’une utopie concrète. Elle se situe dans le prolongement du mouvement des logiciels libres qui se comprend comme une forme germinale d’économie de la gratuité et de la mise en commun, c’est-à-dire d’un communisme. Et elle se situe dans la perspective d’une élimination de plus en plus complète du travail emploi, d’une automatisation de plus en plus poussée qui fera (et fait déjà) de la conception de logiciels de loin la plus importante activité productive - productive de richesse mais non de « valeur ».”

CRISE MONDIALE, DECROISSANCE ET SORTIE DU CAPITALISME - André Gorz, 2007 http://www.esprit68.org/deuxtextesgorz.html

Réseau Tor - Interview de Lunar - Radio RMLL 2014

April -

Titre : Réseau Tor
Intervenant : Lunar - Thomas
Lieu : RMLL - Montpellier
Date : Juillet 2014
Durée : 24 min 37 s
Lien vers l'enregistrement.

Transcription

Thomas : Bonjour à tous et à toutes. Vous êtes toujours à l'écoute de Radio RMLL. Ici c'est Thomas qui vous parle et on est avec Lunar qui est du projet Tor. Lunar, est-ce que tu peux nous rappeler un peu ce que c'est Tor ?

Lunar : Tor est un réseau d'anonymisation des connexions sur Internet et de contournement de la censure. Ce sont six mille relais à travers le monde que font tourner entre trois et quatre mille bénévoles et qui permettent, en passant, en fait on va faire rebondir nos connexions à travers trois de ces relais, chaque fois qu'on va se connecter à un site, plutôt que de s'y connecter directement et ce processus de rebonds va faire deux choses : il va empêcher notre fournisseur d'accès de savoir quels sont les sites qu'on visite, ce qui l’empêche de nous surveiller, ce qui l’empêche de, éventuellement, censurer les sites auxquels on a le droit d'accéder ou pas. Et de l'autre côté, les sites qu'on visite ne vont pas pouvoir connaître la connexion Internet qu'on utilise et donc notre adresse. Ça, ce sont les deux propriétés que va donner Tor aux gens qui l'utilisent.

Thomas : Et ça a démarré comment ?

Lunar : En fait, Tor c'est le routage en oignon, c'est pour ça que le logo de Tor c'est un oignon. Les premières recherches sur le routage en oignon c'est 96, c'est vraiment très vieux et ensuite le projet en lui-même, dans sa forme actuelle, il a dix ans cette année.

Thomas : D'accord. Et donc au niveau du développement, ça s'est développé assez vite ?

Lunar : En fait, ce qui est intéressant dans l'histoire du projet Tor, c'est qu'on a commencé avec quelque chose qui était un projet de recherche et qui cherchait à résoudre un problème théorique. Le problème théorique c’est « Comment séparer le routage de l'identification ? ». C'est le nom un peu pompeux que les chercheurs utilisent et petit à petit, on s'est rendu compte que c'est un réseau d’anonymisation et donc pour que ça fonctionne, on a besoin que tout le monde l'utilise. Une des racines du projet Tor c'est le laboratoire de recherche de la Navy des États-Unis, la Navy ne peut pas faire son propre réseau d'anonymisation, parce que sinon quand on voit une connexion qui sort du réseau de la Navy, on se dit « Ah c'est la Navy ! ».

Donc on est obligé que tout le monde se mélange et donc dans les gens qui utilisent Tor, il y a autant, bon, sûrement des gens de la Navy, que des journalistes, que des particuliers qui ne veulent pas être fichés par les agences de pub, que des gens qui contournent la censure en Chine, que je ne sais pas, vraiment tout un tas de gens différents qui utilisent Tor. Et petit à petit, avant on était vraiment sur une technologie qui était une affaire de spécialistes, c'est-à-dire que pour utiliser Tor c’était compliqué, il fallait configurer non pas un logiciel mais trois, il fallait faire attention à ne pas faire d’erreurs. Là, où on en est à l'heure actuelle, c'est que pour utiliser Tor, la façon la plus simple, c'est un navigateur web, qui s'appelle le Tor Browser. On a une version pour Linux, une version pour Mac OS X, une version pour Windows. C'est un logiciel libre, le téléchargement est gratuit, il suffit d'aller sur le site du Tor Project. On installe, c'est deux clics, on le lance, et hop, on a une fenêtre de navigation qui s'ouvre, qui ressemble à celle de Firefox, en fait parce que Tor Browser est basé sur Firefox et il suffit d'utiliser ce navigateur-là plutôt qu'un autre et on passe par le réseau Tor et on est protégé par le réseau Tor dans sa navigation web.

Thomas : Là, tu parlais, tu disais différents usages, derrière. Au niveau de la question des usages est-ce que ça pose parfois des problèmes en termes juridiques ou au niveau politique, etc ? Est-ce que vous avez déjà des retours à ce niveau-là ?

Lunar : Disons qu'en fait Tor n'est pas différent d'Internet qui n'est pas différent de la vie. Tor est un outil de navigation. Les gens utilisent des outils de communication pour communiquer sur ce qu'ils font. Dans ce monde il y a des gens qui font des trucs nuls ou illégaux ou répréhensibles ou moralement condamnables. Et puis il y a des gens qui font des trucs chouettes, ou légitimes ou importants ou juste qui communiquent avec leurs amis. En fait c'est un outil de communication, il va être utilisé pour communiquer.

Thomas : Et vous, vous n'investissez pas dans tout ce qui est question justement, vous n’êtes pas dans l’idée du contournage de la censure ?

Lunar : Si, si. C'est un des usages de Tor qui pour nous est crucial. On est un outil de contournement de la censure. On est utilisé par des gens en Chine, on est utilisé par des gens en Iran, on est utilisé par des gens en France parce leur entreprise les empêche d'accéder à leur boite Gmail, ce qui des fois les empêche de bosser, alors qu’en fait ils ont envie de bosser, alors ils installent Tor dans leur bureau et ils se connectent à leur compte Gmail.

Thomas : D'accord.

Lunar : Disons, c'est sûr que l'idée, c'est n'importe qui doit pouvoir accéder à l'information disponible.

Thomas : D'accord. Alors on va faire un petit lien avec autre chose, donc c’était Nos oignons, c'est ça ?

Lunar : Ce qui s'est passé c'est que dans plusieurs endroits à travers le monde se sont montées des associations pour participer au réseau Tor, mais plus du côté logiciel et développement que du côté relais. C'est ce que j'expliquais au début, le réseau Tor est constitué de six mille relais à travers le monde. Et donc plutôt que chaque personne fasse son petit relais dans son coin, eh bien de mettre de l’argent en commun et de récolter des dons, de façon à monter des associations qui vont pouvoir aller chercher des contrats dans les centres d'hébergement de données, avec des gros serveurs qui ont des gros tuyaux. Ce qui fait que le réseau Tor marche mieux, va plus vite, parce qu'on a plus de capacité pour accueillir et relayer l'information des gens. Et donc l'association qu'on a montée en France s'appelle Nos oignons, sur ce principe-là, et on a monté ça il y a..., on a commencé à travailler là-dessus en 2012, et là ça fait à peu près un an qu'on est sous la forme associative, un peu plus.

Thomas : Et au niveau de la question juridique, tu m'en parlais avant l'émission, avant l'interview ?

Lunar : Un des aspects de ce système de relais, c'est que le dernier relais de la chaîne, donc il y en a trois, le dernier relais de la chaîne, celui qui va se connecter au site Internet qu'on visite, c'est lui que le site va voir. Donc c'est ce relais-là qui peut être pris à partie, on va dire, en disant « Ah mais c'est vous qui attaquez mon serveur ! », si jamais des gens lancent des attaques à travers le réseau Tor. Du coup, nous au sein des Nos oignons on a travaillé avec un avocat et notre position c'est de dire, en fait, qu'on n'est pas à l'origine des communications qu'on transporte, on ne les sélectionne pas et on ne les modifie pas.

Et alors quand on fait pas ces trois trucs, c'est un statut qui est défini par la Directive européenne du 8 juin 2000 sur le commerce électronique et qui s'appelle le statut de « Mere conduit », de simple tuyau. Et ce statut-là dit que, non seulement on n'a pas à enregistrer ce qui se passe, mais qu'on n'a même pas le droit. C'est-à-dire on ne doit pas regarder les informations qu'on transporte, sauf si jamais on a des exceptions et en France les exceptions c'est si la police demande de mettre une écoute.

Mais en tout cas nous on pense qu'être un nœud de sortie Tor, c'est être un simple tuyau, mais ça on n'a jamais pu le prouver au niveau judiciaire encore, il n'y a pas eu de procès, et donc, l'idée de monter Nos oignons c'est pour faire tourner nos sorties, c’était aussi de monter une association qui ne fait que ça, faire tourner notre sortie. Donc pour un juge ce sera plus simple d'évaluer notre activité, au regard de ce qu'on pense qu'elle est, plutôt que si c'est un particulier, où il faut démêler éventuellement la moralité du particulier ou pourquoi il fait ça, c'est quoi sa vie, c'est quoi son travail. Nous, on est une association, avec un seul et unique but, donc ça devrait être plus simple pour un juge de faire le travail, de dire, est-ce que c'est un simple tuyau ou est-ce que ce n'est pas un simple tuyau ?

Et clairement, si ça arrive à un moment donné, on est prêt à remonter jusqu'aux instances européennes, pour essayer au maximum de valider notre théorie, parce que sinon ça veut dire que ça va être très difficile de continuer à aider des personnes à protéger leur intimité sur Internet à travers Tor.

Thomas : D'accord. Et au niveau des poursuites judiciaires, etc, est-ce qu'il y en a déjà eu autre part dans le monde ?

Lunar : Il y a eu, récemment, la semaine dernière, il y a eu un jugement en première instance d'un opérateur qui est en Autriche et qui effectivement a été jugé responsable de ce que les gens ont fait avec son relais. C'est une première instance et, a priori, on va essayer d'offrir tout le soutien nécessaire à cette personne pour aller en appel et continuer. Je vais dire, entre autres, de ce que j'ai compris, le jugement ne fait pas du tout référence à cette condition de simple tuyau, mais fait référence à d'autres morceaux de la loi et on pense que c'est une erreur d’interprétation.

Thomas : Et au niveau justement du particulier, etc, est-ce que tu as besoin de rentrer dans l'association pour bénéficier de l'aide que peut fournir, par exemple, Nos oignons ?

Lunar : Le réseau Tor est accessible à n'importe qui. Il suffit de télécharger le logiciel qui se connecte au réseau Tor, le Tor Browser par exemple, et hop l'accès est libre. Et ensuite, c'est pour ça que ça repose sur les épaules de bénévoles, c'est qu'il y a des tonnes de gens qui ne peuvent pas donner d'argent parce que ça poserait problème, ils ne seraient plus anonymes s'ils faisaient ça.

Thomas : Je parlais plutôt de la question au niveau des relais. Si par exemple moi je décide de monter mon relais, est-ce que je dois rentrer nécessairement dans votre association ?

Lunar : Non, n'importe qui peut faire tourner un relais Tor. Après, Nos oignons est une association ouverte. N'importe qui peut nous rejoindre. On a une équipe de bénévoles. On a une équipe d'admin sys, et l'idée de Nos oignons ce n'est pas de faire tourner pour des gens, c'est de faire tourner des relais en tant qu'association en tant que groupe, parce que c'est moins chiant de s'occuper d'une machine à quatre, quand on peut tourner et partir en vacances, que tout seul.

Thomas : Ouais, c'est sûr.

Lunar : Après c'est possible de devenir membre de Nos oignons. L'adhésion est à prix libre. L'essentiel de ce que ça donne d’être membre de Nos oignons, c'est que ça permet d'approuver les rapports moraux et financiers du conseil d'administration et de participer à l'élection du conseil d'administration. On a publié nos premiers rapports, là, ils sont disponibles publiquement maintenant sur le site et on a une vingtaine de membres.

Thomas : Donc Nos oignons ça fait combien d'années là maintenant ?

Lunar : On a commencé le projet ça fait un an et demi. Après il a fallu le temps de monter l'asso, de monter la structure, de commencer à trouver des endroits où mettre les relais. Et là, ça fait depuis l'automne dernier qu'on a deux relais principalement et on pousse 125 Mégabits sur le réseau. Ce qui n'est pas énorme, mais c'était important, toute cette période de monter, l'administratif ça prend vraiment toujours du temps, de se constituer une équipe, là maintenant on est des bénévoles, on se connaît, on travaille bien ensemble. Je suis vraiment impressionné par la qualité de la documentation technique qu'on a produite en interne et qu'on est en train d'essayer de diffuser. Là on a commencé à reprendre contact avec des nouveaux opérateurs et j'espère que d'ici la fin de l'année on aura deux ou trois nouveaux relais qu'on va mettre en place.

Thomas : D'accord. Et plutôt de façon générale, Tor, en tant que tel, ça a combien d'années ?

Lunar : Eh bien, la chose qui s'appelle Tor, ça fait dix ans.

Thomas : D'accord. Vous avez beaucoup évolué en termes de débit ou en terme de sécurité, etc. ?

Lunar : Par rapport au papier de recherche original qui a été publié il y a dix ans, il y a eu plusieurs révisions du design qui était critique parce qu'il y avait des choses qui n'étaient pas assez bien, pas assez résistantes. Ça, ça sera entre autres les éléments que je vais aborder dans la présentation que je fais mardi après-midi dans le thème sécurité. Un peu pompeusement, c'est baptisé « Défis passés et futurs de Tor ». Mais l'idée c'est bien de revenir sur ce qui s'est passé les dernières années et d'essayer de voir aussi ce qui nous pend au nez comme problèmes et comme gros changements qu'on va avoir à faire.

Thomas : OK. Et au niveau des histoires de surveillance, NSA, etc, vous l’avez pris comment, en tant que tel ?

Lunar : On était flatté. Un de slides qu'a sorti Snowden était intitulé « Tor, ça pue ». Donc a priori, ils ont quand même un peu du mal. Après il faut quand même rester conscient qu'une des choses que Tor ne protège pas, c'est, comme tous les systèmes d’anonymat à faible latence, c'est vraiment très compliqué de faire autrement. C'est que si jamais on peut regarder en même temps ce qui rentre dans le réseau Tor et ce qui sort du réseau Tor, eh bien, juste en regardant la forme de la communication « Tiens, j'ai tant de données qui rentrent, à tel endroit, à tel moment, et puis une seconde plus tard, j'ai la même quantité de données qui ressort. Ah ! Peut-être c'est la même chose ! » Donc on fait ça deux trois fois et puis on arrive à obtenir un lien. Ça, je le dis, ça paraît simple, en fait c'est plus compliqué que ça y paraît à mettre en place et c'est plus compliqué que ça paraît à mettre en place quand on a six mille relais à observer. C'est à peu près sûr que la NSA, malgré ses énormes capacités, n'a pas les capacités d'observer tous les endroits d'Internet où il y a Tor. Après, le fait que ça c'est une des choses que Tor ne sait pas résoudre.

Thomas : D'accord.

Lunar : En même temps ce dont il faut se rendre compte c'est que, dans plein de cas, la NSA, ce n'est pas la première chose à laquelle on pense. Tor est utilisé par des victimes de violences conjugales qui ont besoin de préparer leur fuite face à un agresseur. En fait, elles ont besoin de protéger leurs communications, chez elle ou pas très loin et la NSA n'a rien à voir. Avant tout elles vont essayer de protéger leur vie. Une personne qui immédiatement va leur taper dessus, c'est aussi important d'avoir une solution pour ces personnes-là.

Après, clairement, utiliser Tor, ça marche au sens où la NSA fait de la surveillance de masse, elle veut surveiller tout le monde tout le temps, et bien Tor empêche la NSA de surveiller tout le monde tout le temps !

Thomas : Et en termes, justement du travail comme ça, tu racontes cette histoire des violences conjugales. Comment est-ce que ça vous arrive aux oreilles ? Il y a des gens qui vous donnent des retours ?

Lunar : C'est Andrew Lewman, par exemple, du projet. Il travaille avec des associations d'aide aux victimes et pour essayer de fournir des outils ou améliorer Tor de façon à ce que ça puisse aider des victimes de violences conjugales, c'est un des groupes avec lequel on travaille. Comme on travaille avec d'autres associations comme Reporters sans frontières qui travaille avec des journalistes, comme, on a différents groupes ou dans d'autres pays, comme en Iran où on a des gens qui prennent des risques et en utilisant Tor ou avec d'autres outils de sécurité peuvent, soit rester en vie, soit prendre moins de risques en tout cas. On est outil qui aide à ça et donc travailler avec ces personnes, ça paraît une bonne idée.

Thomas : A partir du moment où tu utilises Tor sur ta machine et que tu passes de relais en relais, je suppose que tu as un format défini, enfin dans le protocole, qui est défini entre les deux relais. Et dans ce cas-là, quand tu fais une surveillance généralisée de ton réseau, est-ce que quelqu’un ne peut pas voir, mettons, quelqu’un qui est dans une situation en Iran ou quoi ? Dans une situation assez compliquée, où tu ne peux pas sortir, comme ça, des infos qui peuvent s'avérer sensibles, etc. Est-ce qu'il n'y a pas un risque de se faire attraper justement par le fait que tu utilises ce réseau-là ?

Lunar : Alors oui. Disons que, en fait pour l'instant on n'a pas de très bonne solution pour cacher complètement l'usage de Tor. Ce qui se passe c'est que la liste des réseaux Tor, des relais, elle est publique et donc, quand on se connecte à Tor, sans rien configurer d'autre, on va essayer de se connecter à un des six mille relais. Donc là c'est très facile pour une personne qui veut identifier la connexion de voir, la liste est publique, c'est une des machines, donc paf !

Donc les gens qui voulaient censurer le réseau Tor se sont mis à bloquer, en Chine par exemple c'est le cas, les relais sont bloqués et donc on a un système qu'on appelle les bridges. Ce sont des relais Tor, tout comme les autres, par contre la liste n'est pas publique. On donne les adresses au compte-goutte aux gens qui en ont besoin.

Ça c’était bien, ça a marché pendant un moment donné. Ensuite on s'est aperçu que le protocole utilisé par Tor, des machines pouvaient l'identifier, sans regarder l'adresse, mais juste en regardant la gueule des données échangées. Là ça a amené toute une série de projets qui s'appellent les Pluggable Transports, les transports enfichables, j'ai envie de dire. Et donc on a plein d'idées, enfin plein de solutions différentes pour contourner la censure grâce aux Pluggable Transports.

Une des méthodes, par exemple, c'est Flashproxy où en fait au lieu de nous connecter au réseau ce sont des machines qui vont se connecter à nous et, entre autres, les machines ce sont des navigateurs web de gens. Ils ouvrent leur navigateur sur le bon site, ils ont une petite icône, puis en fait hop, ils vont relayer des gens qui ont besoin de contourner la censure comme ça. On a un protocole qui s'appelle Obfs, qui va transformer juste la connexion en bruit. Ça ressemble à du bruit aléatoire, alors les machines qui catégorisent ont un peu de mal. On a Meek. Meek, en fait, va passer par les serveurs de Google, mais juste par le frontal de Google et ensuite va se connecter à une machine qui est sur leur système d'hébergement d'applications et qui, elle, va relayer la connexion vers le relais Tor. Ce qui est intéressant avec Meek, c'est que pour un censeur, à moins de couper tout Google...

Thgomas : Ah ça va être dur de le bloquer celui-là !

Lunar : Entre autres aussi parce que c'est difficile d'identifier la connexion parce que c'est un Firefox qui est piloté de façon automatique qui va faire les échanges. Du coup ça ressemble vraiment à du Firefox parce que c'est Firefox.

Et le dernier qu'on a, qui est complètement fou qui s'appelle Bananaphone qui utilise un système basé sur les chaînes de Markov. Je ne comprends rien aux maths, mais en tout cas ce que ça fait c'est qu'on lui donne, par exemple, je ne sais pas, un texte de Molière, ou plusieurs textes de Molière, et ensuite ça va coder la communication dans des messages qui vont ressembler à des vers de Molière. Du coup ça devient compliqué pour une machine automatique d'identifier que c'est la connexion Tor.

Voilà on a tous ces projets-là. La majorité d'entre eux sont avant tout orientés contournement de la censure et une partie pourrait être utilisée, peut-être, pour que ça soit plus difficile d'identifier que les gens sont en train d'utiliser Tor. Mais en l'état, et en ne voulant pas que des gens prennent de risques inutilement, je ne peux pas dire c'est possible d'utiliser Tor et de le mettre en place et que ce soit complètement indétectable que les gens utilisent Tor. Je ne peux pas garantir ça pour l'instant. On est en train de chercher des solutions pour.

Thomas : Et vous pensez y arriver ?

Lunar : Oui. J'espère. Ce dont il faut bien se rendre compte dans le projet Tor et qui est passionnant, c'est qu'on a les gens qui développent Tor et puis on a une immense communauté de chercheurs et de chercheuses qui sont autour et, entre autres, leur grand événement mensuel, leur grande réunion c'est une conférence qui s'appelle PETS, le Privacy Enhancing Technologies Symposium, et qui a lieu à Amsterdam juste après les RMLL, il me semble. Et en fait, où là, il y a des gens qui bossent sur d'autres réseaux d'anonymisation que Tor. Il y a des gens qui bossent sur comprendre pourquoi les gens ne chiffrent pas leur e-mails sur des bases sociologiques. Voilà. Il y a toute une communauté de gens qui est autour et qui fait de la recherche pour essayer de résoudre tous ces problèmes.

L’intérêt par rapport à Tor, c'est qu'en fait maintenant, du coup on est le plus gros réseau déployé et utilisé dans le monde. Les autres projets de recherche, entre autres, se comparent toujours à Tor. Des fois ils ont une idée qui fait qu'on peut reprendre dans Tor et ainsi améliorer Tor.

Thomas : D'accord.

Lunar : Ou des fois, et bien par exemple un autre réseau d'anonymisation qui est utilisé à plus faible échelle c'est I2P. Par exemple l'idée c'est de plus en plus avec les gens de I2P, de réutiliser toute cette famille de Pluggable Transports, que je décrivais tout à l'heure et du coup ça fait qu'il y a plus de gens qui vont bosser sur cette partie « Comment on rejoint le réseau d'anonymisation sans être détecté ou en contournant la censure ? ». On va être plusieurs projets qui vont bosser sur les mêmes outils, c'est plus de force, plus de chercheurs, plus de chercheuses, plus de réflexion. Et je pense qu'on va y arriver, oui.

Thomas : Et au niveau de l'intégration justement de ces Pluggable Transports, ça se fait facilement ?

Lunar : Et bien maintenant j'en suis très fier, ça fait quelques mois, c'est intégré dans le Tor Browser. Et du coup, ce que je disais tout à l'heure, on télécharge son navigateur. En France généralement les gens vont cliquer sur « connecter » et il y a un deuxième bouton quand on le démarre c'est « configurer ». Et là on peut lui dire « Ah je veux utiliser Flashproxy » ou « je veux utiliser Obfs » ou « je veux utiliser FTE ».

Thomas : D'accord.

Lunar : Ou je peux lui donner une liste de bridges que je suis allé rechercher sur le site qui donne les bridges, ou que j'ai eu par un ami et du coup la configuration est entièrement automatisée, pas les plus expérimentaux mais on y arrive progressivement. On en a ajouté trois l'année dernière et puis l'année prochaine on va en ajouter deux autres je pense en plus.

Thomas : Ben voilà. Je ne sais pas si tu as quelque chose à rajouter ?

Lunar : Si, je peux dire qu'il faut venir contribuer à Tor. Tor est un projet qui fait vraiment plein de choses et qui est tout le temps sur le coup de feu, j'ai envie de dire. On a une lettre d'information hebdomadaire, Tor Weekly News, qu'on publie tous les mercredis. C'est possible de s'inscrire. Elle est en anglais. On donne les informations sur ce qui se passe dans la communauté, quels sont les nouveaux développements, quels sont les derniers messages qui ont été envoyés à l'équipe de support, quels sont les bugs sur lesquels les gens pourraient travailler, qui seraient assez faciles d'accès. Voilà, on parle de tout ça. Et après si jamais les gens n'ont pas le temps, de télécharger le Tor Browser et au moment où on fait ça de donner une petite pièce au projet, ce n'est pas mal. Parce que, plus on arrive à diversifier les sources de financement de Tor et plus il y a des chances que le projet soit pérenne.

Thomas : Donc là on peut vous retrouver sur Internet ?

Lunar : Le site du Tor Project, c'est torproject.org. Il est en anglais. On est en train de travailler à remettre des traductions, mais ça prend toujours plus de temps qu'on ne croit. Et après il y a le site de Nos oignons donc l'association qu'on a montée en France pour faire tourner des relais Tor. Et ça c'est Nos oignons, nos-oignons.net.

Thomas : OK. En tout cas merci beaucoup et bonne continuation alors.

Lunar : On va essayer.

L’École des données a été présentée à la Table ronde sur les ressources éducatives libres (REL) au Québec

OKFN Canada -

Pour souligner la Journée internationale du logiciel libre, l’École des données a été présentée à la Table ronde sur les ressources éducatives libres (REL) au Québec le 20 septembre au CRIM à Montréal. Cette table ronde a aussi inauguré la Semaine québécoise de l’informatique libre (20 au 28 septembre).

Que sont les ressources éducatives libres (REL)? Adoptée pour la première fois lors du Forum 2002 de l’UNESCO sur l’impact des logiciels libres en éducation, l’expression « ressources éducatives libres » (Open Educational Resources) ou REL (OER) désigne « des matériels d’enseignement, d’apprentissage et de recherche sur tout support, numérique ou autre, existant dans le domaine public ou publiés sous une licence ouverte permettant l’accès, l’utilisation, l’adaptation et la redistribution gratuits par d’autres, sans restrictions ou avec des restrictions limitées.» Les REL sont promues par un fort mouvement à l’échelle internationale et le Québec ne fait pas exception.

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