Le monde du libre

Revue de presse de l'April pour la semaine 29 de l'année 2016

April - 25 juillet, 2016 - 13:06

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 29

[next51.net] SAIP l'application d'alerte sur iPhone et Android qui ne convainc personne

Par Next 51, le samedi 23 juillet 2016. Extrait:
> Lancée à l'occasion de l'Euro 2016 début juin dernier, l'application d'alerte SAIP sert à compléter l’éventail des dispositifs d’alerte (signalétique urbaine, information diffusée oralement sur le terrain par les forces de sécurité ou via les médias, réseaux sociaux ...).
Lien vers l'article original: http://www.next51.net/SAIP-l-application-d-alerte-sur-iPhone-et-Android-qui-ne-convainc-personne_a13685.html

[Le Monde.fr] Snowden présente une coque d’iPhone antisurveillance

Par la rédaction, le vendredi 22 juillet 2016. Extrait:
> Le prototype, développé avec le hackeur Andrew Huang, doit permettre de savoir si un téléphone émet des ondes à l’insu de son utilisateur.
Lien vers l'article original: http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/07/22/snowden-presente-une-coque-d-iphone-anti-surveillance_4973611_4408996.html

Et aussi:
[Numerama] Snowden présente une coque anti-surveillance pour iPhone
[Next INpact] Le projet Tor a élu un nouveau comité de direction

Voir aussi:
Position de l'April sur la surveillance généralisée

[Les Echos] Le code open source pour les… enfants!

Par Grégory Becue, le jeudi 21 juillet 2016. Extrait:
> Les nouvelles générations sont les plus connectées au monde. Élevées dès leur plus jeune âge par les nouvelles technologies, leur doudou n’est autre qu’Internet, Facebook ou Snapchat. Aujourd’hui, la question de l’apprentissage du code devient donc une évidence. Mais pour parvenir à démocratiser la programmation, tant pour les grands que pour les petits, l’open source est la condition sine qua non par laquelle passer.
Lien vers l'article original: http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-159100-le-code-open-source-pour-les-enfants-2015962.php

[Next INpact] Windows 10: pourquoi la CNIL met en demeure Microsoft

Par Marc Rees, le jeudi 21 juillet 2016. Extrait:
> De nombreux manquements à la loi Informatique et Libertés de 1978. Voilà le reproche qu’a adressé hier en fin de journée la CNIL à Microsoft, et son système d’exploitation Windows 10. L’éditeur a trois mois pour corriger le tir, avant une possible sanction.
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/100719-windows-10-pourquoi-cnil-met-en-demeure-microsoft.htm

Et aussi:
[Numerama] Microsoft gagne en justice pour mieux protéger les données des Européens

[Les Echos] Le logiciel libre doit passer de la réussite technologique au succès économique

Par Sebastien Dumoulin, le mercredi 20 juillet 2016. Extrait:
> Les Gafa ont popularisé l’open source, cependant les entreprises qui vivent du logiciel libre restent rares. Avec l’émergence du cloud et du Big Data, des start-up se sentent pousser des ailes.
Lien vers l'article original: http://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/0211139278397-le-logiciel-libre-doit-passer-de-la-reussite-technologique-au-succes-economique-2015476.php

[LeMagIT] Inria construit la grande bibliothèque mondiale du code source

Par Sophy Caulier, le mardi 19 juillet 2016. Extrait:
> Le projet Software Heritage a l'ambition de collecter et d'organiser le patrimoine logiciel mondial. Démarrée il y a déjà un an et demi, cette initiative veut être une gigantesque bibliothèque du code source. Le projet initié par Inria a déjà reçu plusieurs soutiens dont le premier de Microsoft.
Lien vers l'article original: http://www.lemagit.fr/actualites/450300582/Inria-construit-la-grande-bibliotheque-mondiale-du-code-source

[Journal du Net] Loi pour une République numérique: ce qui va changer

Par Gregoire Ducret, le lundi 18 juillet 2016. Extrait:
> La version finale du projet de loi pour une République numérique a été décidée le 29 juin. Quels en seront les impacts concrets pour les entreprises? Réponses croisées de l'homme d’affaires et président de l'Acsel Cyril Zimmermann et de l'avocat Eric Barbry.
Lien vers l'article original: http://www.journaldunet.com/ebusiness/expert/64845/loi-pour-une-republique-numerique---ce-qui-va-changer.shtml

Voir aussi:
Projet de loi numérique: des codes sources communicables sous conditions et des logiciels libres simplement encouragés

[MacGeneration] La police lituanienne va augmenter ses salaires en virant Microsoft

Par Nicolas Furno, le lundi 18 juillet 2016. Extrait:
> La police lituanienne a abandonné les produits Microsoft dans ses commissariats. À la place de Windows, ses ordinateurs tournent désormais sous Ubuntu et à la place de la suite bureautique Office, c’est LibreOffice qui a succédé.
Lien vers l'article original: http://www.macg.co/ailleurs/2016/07/la-police-lituanienne-va-augmenter-ses-salaires-en-virant-microsoft-94967

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

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CLA Rencontre 11 août 2016

Club Linux Atomic - 25 juillet, 2016 - 08:33
La prochaine rencontre du Club Linux Atomic (CLA) se déroulera le jeudi 11 août 2016, de 18 à 21 heures à la salle du 3e étage de la Maison Notman, située au 51 rue Sherbrooke Ouest à Montréal. La rencontre débute à 18:00. Cependant, la salle est disponible à 17:00. Profitez-en pour mieux vous connaître […]
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Loi « pour une République numérique » : quelles avancées ? quelles limites ? Un retour des acteurs associatifs

April - 22 juillet, 2016 - 09:15
Début: 23 Juillet 2016 - 14:00Fin: 23 Juillet 2016 - 15:30

La radio Libre@Toi réunit samedi 23 juillet 2026 de 14h à 15h30 des représentants d'associations étant intervenues au cours de l’adoption de la loi « pour une République numérique », dont l'April, pour débattre ensemble et répondre aux questions du public, sur place et en ligne.

Les détails sont en ligne et pour écouter la radio samedi rendez-vous sur le site de la radio.

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YULDev BBQ

Montréal Python - 20 juillet, 2016 - 00:00

Développeurs Python de la région de Montréal, cet événement est pour VOUS! Peu importe votre langage de programmation de prédilection, venez manger un burger et boire une bière en excellente compagnie!

Cette année, pour notre barbecue traditionnel inter-communautaire, on voit grand! Grâce au soutien financier et logistique de plusieurs sponsors, nous vous offrons une activité de réseautage mémorable.

Au menu
  • Chapiteau de 225 m² pouvant accueillir 150+ personnes
  • Terrasse sur pilotis avec vue sur le Lac de l'Île Notre Dame
  • Accès à la plage et à un terrain de volley-ball privé
  • Hamburgers 100% bœuf et végétariens
  • Bière de microbrasserie, GURU et boissons gazeuses
  • Vue des feux de cloture de l'International des Feux Loto-Québec
  • Stationnement gratuit inclus

Venez en grand nombre, c'est un rendez-vous à ne pas manquer!

Pour obtenir plus d'informations et acheter vos billets, visitez la page Meetup.

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Revue de presse de l'April pour la semaine 28 de l'année 2016

April - 18 juillet, 2016 - 14:21

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 28

[Le Monde Informatique] Collectivités territoriales: Le label libre plus disponible au 1er octobre

Par Didier Barathon, le vendredi 15 juillet 2016. Extrait:
> L'Adullact, avec le soutien de l'Etat et de la DINSIC, propose depuis le 1er juillet aux collectivités territoriales qui le souhaitent de se doter du label Territoire numérique libre pour signifier leur engagement envers les technologies ouvertes. La date limite de dépôt des dossiers est fixée au 30 septembre.
Lien vers l'article original: http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-collectivites-territoriales-le-label-libre-plus-disponible-au-1er-octobre-65421.html

Et aussi:
[Localtis.info] Territoire numérique libre, un label pour récompenser les collectivités impliquées dans le logiciel libre

Voir aussi:
Lancement du label Territoire Numérique Libre

[ZDNet France] AbulEdu, des logiciels libres pour l'enseignement sauvés par crowdfunding

Par Thierry Noisette, le jeudi 14 juillet 2016. Extrait:
> Créé en 2001 par des enseignants et des informaticiens libristes, cet ensemble d'outils logiciels devrait être pérennisé grâce à une campagne réussie.
Lien vers l'article original: http://www.zdnet.fr/actualites/abuledu-des-logiciels-libres-pour-l-enseignement-sauves-par-crowdfunding-39839724.htm

Voir aussi:
Participez à la campagne de financement participatif pour AbulÉdu

[Les Echos] Pour une Équipe France du numérique

Par Grégory Pascal, le mercredi 13 juillet 2016. Extrait:
> En politique, économie, pour un seul secteur professionnel, il n’existe pas d'"équipe". Une équipe suppose à sa tête un modèle de référence sur lequel on peut, si ce n’est, copier, du moins, compter. Avons-nous donc un leader, capable de créer l’"Équipe France" du numérique qui saura positionner le pays sur les devants de la scène internationale? La question est posée, mais la réponse est loin d’être facile.
Lien vers l'article original: http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-158896-pour-une-equipe-france-du-numerique-2014279.php

[Le Monde.fr] A peine adopté, l’accord Privacy Shield sur les données personnelles est déjà menacé

Par Martin Untersinger, le mercredi 13 juillet 2016. Extrait:
> Le nouveau cadre négocié entre l’Union européenne et les Etats-Unis pour remplacer Safe Harbour pourrait se retrouver bientôt devant la justice.
Lien vers l'article original: http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/07/13/a-peine-adopte-l-accord-privacy-shield-sur-les-donnees-personnelles-est-deja-menace_4969020_4408996.html

Voir aussi:
Position de l'April sur la surveillance généralisée

[Prat!que] La loi numérique fait débat

Par Charlotte Jouss, le mardi 12 juillet 2016. Extrait:
> Dans le cadre de la loi Numérique, mercredi 29 juin dernier, la commission mixte paritaire (CMP) composée de 7 députés, 7 sénateurs ainsi que de nombreux membres suppléants, a réussi à mettre en place un accord pour que les administrations encouragent "l’utilisation des logiciels libres et des formats ouverts lors du développement". Celui-ci fait débat.
Lien vers l'article original: http://www.pratique.fr/actu/la-loi-numerique-fait-debat-1563076.html

Et aussi:
[Global Security Mag] Axelle Lemaire à l'heure du bilan (catastrophique) du gouvernement sur le numérique

[Next INpact] Java: Oracle ne veut pas laisser passer la victoire de Google

Par Vincent Hermann, le mardi 12 juillet 2016. Extrait:
> En mai, Google a infligé une défaite retentissante à Oracle. Ce dernier réclamait 9 milliards de dollars pour avoir violé le copyright de Java et s’en être servi pour assurer le succès d’Android. Un juge en a finalement décidé autrement: il s’agit bien d’un cas de fair use. Qu’Oracle conteste à présent.
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/100607-java-oracle-ne-veut-pas-laisser-passer-victoire-google.htm

Et aussi:
[Developpez.com] Procès sur les API Java: Oracle ne veut pas s'avouer vaincu et conteste la décision du jury

[Developpez.com] La ville de Grenoble compte faire migrer huit autres écoles sur Linux cette année

Par Olivier Famien, le lundi 11 juillet 2016. Extrait:
> En juin 2015, les autorités de la ville de Grenoble ont présenté leur projet de remplacer les systèmes d’exploitation propriétaires équipant actuellement les appareils dans les écoles de la ville par le système d’exploitation Linux. Quelques mois plus tard, et plus précisément en décembre dernier, la ville de Grenoble a encore annoncé son adhésion à l’association April, ayant pour vocation de défendre et promouvoir les logiciels libres.
Lien vers l'article original: http://www.developpez.com/actu/101131/La-ville-de-Grenoble-compte-faire-migrer-huit-autres-ecoles-sur-Linux-cette-annee-et-prevoit-de-basculer-plusieurs-autres-ecoles-d-ici-2018

[la Croix] «Les communautés du Web collaboratif restent peu visibles du grand public»

Par Julien Duriez, le vendredi 8 juillet 2016. Extrait:
> Cet été, La Croix fait le portrait des communautés des bénévoles de l’Internet libre et collaboratif. En guise d’introduction, entretien avec Dominique Cardon (1). Ce sociologue de la technique, spécialiste des rapports entre nouvelles technologies et mobilisation politique, suit les militants du Web collaboratif depuis leurs débuts.
Lien vers l'article original: http://www.la-croix.com/Sciences/Numerique/Les-communautes-Web-collaboratif-restent-visibles-grand-public-2016-07-08-1200774524

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

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La Bulgarie avance vers une informatique plus libre et plus loyale en faveur de l'intérêt général

April - 18 juillet, 2016 - 06:07

Le 1er juillet 2016, une série d'amendements à l' « E-governement Act » bulgare de 2007 est entrée en vigueur. Un des articles ainsi créé, le 58a., constitue une véritable avancée en assurant aux administrations de pouvoir librement modifier et partager les logiciels développés pour elles et en créant un dépôt national public pour valoriser ces ressources.

Art. 58a. (Nouveau, applicable au 01/07/2016)
Lors d’appels d’offre techniques et fonctionnels pour les marchés publics visant le développement, la mise à jour ou la mise en oeuvre de systèmes d’information ou de e-services, les autorités administratives doivent inclure les exigences suivantes :
1.Lorsque l’objet du contrat [du marché public] inclut le développement de logiciel :
a) les programmes doivent répondre aux critères des logiciels open-source ;
b) tout droit d’auteur et droit voisin des programmes, du code source, des interfaces et bases de données qui sont produits dans le cadre de la réalisation de l’appel d’offre doivent être livrés dans leur entièreté sans limitation d’utilisation, de modification ni de distribution ;
c) le développement doit être réalisé dans le dépôt maintenu par l’Agence [de « Gouvernance Électronique »] selon les termes de l’article 7c alinéa 18 ;

Traduction réalisée à partir d'une traduction automatisée en anglais du texte intégral

Notons que l'article 65 alinéa 30 de la loi énonce (traduction April) :

 Un « logiciel open-source » est un logiciel dont les codes sources sont disponibles publiquement et gratuitement et sur lesquelles les droits d'accès et de modification sont soumis aux conditions prévues par l'ayant-droit. 

Depuis le 1er juillet 2016, les logiciels développés pour les administrations bulgares doivent respecter des conditions qui permettront l'accessibilité de leurs codes sources, sous des licences qui garantiront ces administrations contre l'enfermement technologique tout en permettant la mutualisation des développements et des ressources. La création d'un dépôt public national dont il est mention au point c) est, dans cette perspective, une initiative très prometteuse.

L'April salue la disposition adoptée par le législateur bulgare sous l'impulsion de Bozhidar Bozhanov, informaticien et conseiller du Vice-Premier ministre bulgare depuis 2015. La comparaison avec le simple encouragement au logiciel libre prévu à l'article 9 ter du projet de loi numérique français, et avec la timide reconnaissance à l'article 1er bis du caractère communicable des codes sources des logiciels des administrations limitée par une exception disproportionnée en cas de risque pour la sécurité des systèmes d'information, révèle la différence d'ambition politique sur ce sujet.

Bien sûr, aussi engageante soit-elle, la disposition n'est pas exempte de points d'amélioration potentielle :

L'April observe ainsi qu'une référence au logiciel libre et sa définition aurait été plus ambitieuse. Le message aurait été plus fort, plaçant les notions de liberté et d'intérêt général au centre des considérations. En outre, puisque le texte mentionne les « critères des logiciels open-source », une référence explicite aux critères de l' « Open Source Initiative », aurait pu être plus appropriée. La formulation retenue dans la loi bulgare résulterait-elle de la complexe réalité de l'écriture législative et des tractations y affèrant ?

L'April remarque également que cette disposition ne vise que le développement et non l'acquisition en général des logiciels par les administrations. Peut-être qu'une solution, plus large, basée sur une priorité au développement en interne et à la mutualisation entre administrations, à l'instar de ce qui est prévu en Italie ou comme ce que l'on rencontre dans le projet sourcecode.cio.gov américain, aurait été plus pertinente ?

Toutes ces réflexions trouveront certainement leurs réponses dans la mise en oeuvre pratique de ce texte. L'article 58a. instaure à cette fin un cadre très favorable au développement d'une architecture logicielle plus libre et plus loyale en faveur de l'intérêt général. Dans cette optique le rôle de l'Agence de Gouvernance Électronique nouvellement créée et de son directeur, ainsi que celui du décret d'application en Conseil des Ministres prévu à l'article 43 (2) - qui devra entre autre préciser la mise en oeuvre du critère d'interopérabilité - seront prépondérants dans le succès des ambitions affichées par ce texte.

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Atelier du Libre du CLA à la Fondation Lionel-Groulx le 23 et 24 juillet 2016

Club Linux Atomic - 14 juillet, 2016 - 06:37
Samedi le 23 et dimanche le 24 juillet, les utilisateurs du libre se donnent rendez-vous à la Fondation Lionel-Groulx pour s’entraider. Les Ateliers du Libre sont des rencontres qui ont été mises en place afin d’aider tout public au sujet de l’utilisation et l’installation de logiciels libres. L’espace permet le dialogue, aussi les participants discutent […]
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Position de l'April sur la surveillance généralisée

April - 14 juillet, 2016 - 05:29

Le scandale cristallisé autour de Prism, qui a révélé l'ampleur des écoutes généralisées commises par les États-Unis et certains de ses alliés sur les communications de tous les citoyens, a rappelé à la fois que le niveau de surveillance dans nos sociétés est incompatible avec les droits humains ainsi que l'importance de maîtriser et de contrôler son système informatique. Comme nous l'indiquions déjà suite aux révélations d'Edward Snowden, la surveillance de masse devient de plus en plus le fait non pas d'un seul État mais des États, aidés en cela directement ou indirectement par de grandes entreprises. Et le problème ne fait que commencer ! Demain, une NSA chinoise aura certainement supplanté la NSA américaine, et un constat s'impose : les responsables politiques n’ont pas su tirer les leçons de ce scandale planétaire.

Au contraire, prétextant de l’actualité et du contexte géopolitique, la France a une nouvelle fois accumulé des lois liberticides, avec la loi de programmation militaire en décembre 2014, la loi sur le renseignement en juin 2015 et celle sur la surveillance internationale en octobre 2015. Et la prochaine ne se fera sans doute pas attendre longtemps. Nous devons mettre un frein, voire faire cesser cette compulsion obscène qui consiste à mettre un œil derrière chaque trou de serrure numérique. Ces lois correspondent à une logique de contrôle social au service de la vision d'une société docile parfaitement incarnée par Manuel Valls quand par exemple il se plaignait en mai 2015 de l'intolérable pression de la société civile lors des discussions sur la loi de surveillance. Elles confirment aussi la mise en place d’une société panoptique, où chaque citoyen est sous surveillance permanente et où la liberté d’opinion devient indésirable, voire parasitaire.

L'April comprend ainsi la surveillance comme un outil supplémentaire pour l'asservissement politique, culturel et économique. En effet, l'appareil de surveillance généralisée forme une nouvelle oligarchie dont l'avènement est largement dénoncé par la société civile, bien au-delà des sujets informatiques. Il accompagne le renforcement d'un modèle réactionnaire qui maintient l'immobilisme social, environnemental et économique au bénéfice d'une minorité. Il ne faudra pas longtemps pour que l'exercice des quelques libertés informatiques restantes devienne une intolérable infraction à la surveillance, justement parce qu'elles peuvent faire la différence et permettre aux citoyens de réfléchir, d'échanger, de construire et de contester l'ordre établi ; autrement dit, ces libertés permettent aux citoyens d'exercer leurs droits les plus élémentaires : maîtriser leur vie et essayer de se construire un avenir meilleur.

L'April s'est ainsi toujours opposée à la surveillance de masse en signant notamment les 13 Principes internationaux sur l’application des droits humains à la surveillance des communications (voir un résumé des 13 principes). Ces 13 principes, élaborés avec le concours d’un groupe d’experts internationaux, ont pour objectif de créer un cadre de référence pour la société civile, les entreprises et les États, afin que la législation et les pratiques en matière de surveillance en vigueur dans un pays respectent les libertés fondamentales. L'association s'est par ailleurs maintes fois mobilisée, aux côtés de La Quadrature du Net et d'autres organisations et personnes qui refusent de céder à la logique de surveillance généralisée, pour informer et agir sur les nombreux projets de loi étendant le spectre de la surveillance de masse.

L'April rappelle aussi régulièrement que cette surveillance de masse conduit de plus en plus à la remise en cause des grands principes de l'informatique libre : liberté de comprendre, liberté de faire évoluer un logiciel ou un matériel. Des algorithmes qui nous gouvernent aux « boîtes noires » en passant par l'introduction de portes dérobées dans les logiciels ou l’interdiction des modifications sous de faux prétextes sécuritaires, l'informatique devient un champ de bataille social, et l'expression « maîtriser son informatique ou être maîtrisé par elle » acquiert une signification inquiétante. Les logiciels libres, parce qu'ils peuvent être vérifiés et améliorés par tous, demeureront pour longtemps une brique de base nécessaire à la construction d'une informatique au service des utilisateurs, et non pas un outil au service de ceux qui souhaitent les asservir.

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Revue de presse de l'April pour la semaine 27 de l'année 2016

April - 11 juillet, 2016 - 05:13

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 27

[Journal du Net] Contribuer à l’open source, un levier de croissance et de dynamisme pour l’entreprise

Par Arnaud Breton, le jeudi 7 juillet 2016. Extrait:
> La production en open source est extrêmement riche et présente de nombreux avantages pour les entreprises dès lors qu’elles souhaitent s’y investir de manière concrète et durable.
Lien vers l'article original: http://www.journaldunet.com/solutions/expert/64809/contribuer-a-l-open-source--un-levier-de-croissance-et-de-dynamisme-pour-l-entreprise.shtml

[L'OBS] Chic, le gouvernement choisit le logiciel libre. Zut, c’est en Bulgarie

Par Thierry Noisette, le mercredi 6 juillet 2016. Extrait:
> Apprendre que le gouvernement choisit, pour tout développement logiciel sur mesure qu’il commandera, de privilégier les logiciels sous licences open source, voilà qui réjouit les partisans des logiciels libres et de leurs avantages (partage, économie, souveraineté...).
Lien vers l'article original: http://rue89.nouvelobs.com/2016/07/06/chic-gouvernement-choisit-logiciel-libre-zut-cest-bulgarie-264570

Et aussi:
[Numerama] La Bulgarie impose l'open source dans l'administration

[France Info] Un Wikipédia mondial du logiciel

Par Jérôme Colombain, le mercredi 6 juillet 2016. Extrait:
> Les logiciels constituent aujourd’hui une part importante de notre savoir collectif mais ils peuvent se perdre. Pour éviter cela, des Français ont décidé de créer une sorte de bibliothèque mondiale du logiciel.
Lien vers l'article original: http://www.franceinfo.fr/emission/nouveau-monde/2015-2016/un-wikipedia-du-logiciel-06-07-2016-07-00

[Next INpact] Loi Numérique: pas de recours «prioritaire» aux logiciels libres pour l'administration

Par Xavier Berne, le lundi 4 juillet 2016. Extrait:
> En dépit des avis émis par les participants à la consultation sur l'avant-projet de loi Numérique, le législateur n’a pas souhaité imposer aux administrations de recourir «en priorité» aux logiciels libres. Les fonctionnaires devront simplement s’en tenir à un vague «encouragement».
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/100503-loi-numerique-pas-recours-prioritaire-aux-logiciels-libres-pour-l-administration.htm

Voir aussi:
Projet de loi numérique: des codes sources communicables sous conditions et des logiciels libres simplement encouragés

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

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Priorité au logiciel libre ? Une lecture politique. Véronique Bonnet - PSESHSF2016

April - 9 juillet, 2016 - 09:29


Titre : Priorité au logiciel libre ? Une lecture politique.
Intervenant : Véronique Bonnet
Lieu : PSESHSF - Choisy-le-Roy
Date : Juillet 2016
Licence : Verbatim
Durée : 56 min 15
Pour visionner la vidéo

Transcription

C'est bon ? Bien. Eh bien écoutez, je suis Véronique Bonnet. Je suis administratrice de l'April et étant donné le titre Priorité au logiciel libre ? Une lecture politique, vous pensez peut-être que je vais parler du projet de loi « pour une République numérique ». Il se trouve que hier la commission paritaire s'est réunie. Puisque comme ce projet de loi n'a pas été adopté dans les mêmes termes à l'Assemblée nationale et au Sénat, dans ce cas-là l'usage est que sénateurs et députés pour harmoniser, pour voir ce qu'il va rester comme amendements, ce qu'il va devoir compléter… Est-ce qu'il va y avoir des annonces de décrets ? Est-ce qu'on va charger le Conseil d’État de préciser tel terme ou tel terme de la loi?

Je pense que tous ici, autant que vous êtes vous, avez idée de l'enjeu qui a été celui de la question de la priorité au logiciel libre dans le domaine public. Vous avez certainement entendu parler du partenariat1entre l'Assemblée nationale [Éducation nationale - NdC.] et Microsoft, par exemple, ce qui va strictement à l'encontre de ce type de démarche. Il y a eu une consultation en ligne. Les amendements qui sont arrivés en premier, qui ont été les plus plébiscités, aussi bien donc ceux de l'April, que je représente ici, que de la Quadrature, n'ont pas semble-t-il eu des effets décisifs dans la rédaction actuelle de la loi. Parce que plutôt que de parler de priorité au logiciel libre, il est question de l'encourager. Alors évidemment, ce terme n'est pas du tout le même, parce que si on dit encourager, dans ce cas-là il n'y a pas de valeur normative. Peut-être que la teneur qui impose, n'est pas du tout précisée. L'April, pour son 1er avril, a décidé de fonder un groupe de travail de pom-pom gnousL'April lance un groupe de pom-pom gnous pour encourager le secteur public à utiliser les logiciels libres, puisque encourager c'est aussi bien danser, c'est aussi bien troller le logiciel privateur pour donner idée de ce qui n'est pas lui.

Tel ne sera pas mon propos d’aujourd’hui. Pourquoi ? Alors le sous-titre est, je dirais, plus philosophique. Bon, c'est la discipline qui est la mienne. Pourquoi GNU against GUN  ? Je vais essayer de montrer que nous sommes dans une position qui est délicate. Délicate dans les deux sens du terme. Aussi bien nous sommes dans une délicatesse, nous sommes dans un respect. Et peut-être que nous respectons tellement l'utilisateur, l’environnement de l'utilisateur, son autonomie, que nous n'osons pas aller d'une façon intrusive vers ce qui s'oppose à cette autonomie ou ce qui s'oppose à cette liberté qui voudrait être déclinée, par exemple, dans ses quatre libertés, aussi bien d'exécuter, aussi bien d'étudier, de modifier, d’améliorer, de distribuer des copies modifiées, qui sont les quatre libertés du logiciel libre.

Je dirais que nous sommes dans une délicatesse, au sens où on dit aussi qu'on est en délicatesse avec…, parce que du coup notre posture est extrêmement délicate. C'est comme si on passait notre temps à nous excuser de demander pardon, d'une certaine façon. Parce que, comme nous sommes dans un respect et comme nous ne pouvons pas adopter les armes de ceux qui non seulement se permettent dans les circuits marchands d'imposer ce qui s'appelle la vente liée, qu'on appelle aussi la vente forcée… Comme nous ne sommes pas à happer les utilisateurs, à siphonner en permanence leurs données pour en faire une marchandise sonnante et trébuchante, c'est vrai que nous sommes en même temps « en délicatesse », nous sommes dans une posture qui est délicate, parce qu'elle ne peut pas relever de l'artillerie lourde.

Et donc, ce que je vais essayer de montrer aujourd'hui, c'est comment la notion de priorité au logiciel libre, étant donné cette double délicatesse, à la fois nous sommes respectueux et en même temps ceci nous met en position délicate parce que nous ne pouvons pas y aller avec des rouleaux compresseurs comme le font ceux auxquels on s'oppose. Comme nous ne pouvons pas y aller, et là je reprends les termes de Bayart, de Benjamin Bayart, nous sommes un peu dans la posture de ceux qui enverraient des lance-pierre à des chars d'assaut2, nous sommes à peu près dans cette démarche-là. Délicatesse. Est-ce que ceci signe notre impuissance ? Est-ce que notre respect, la recherche d’être en cohérence avec nous-mêmes, nous barre la route d'une réplique?

C'est vrai que les métaphores que je vais utiliser sont des métaphores assez guerrières, parce que j'aime bien lire Clausewitz3 et que de temps en temps, chez Clausewitz, il y a une notion qui intervient d'une façon souveraine, qui est la notion de polarité, de principe polaire, parce que quand vraiment on veut mettre le paquet dans un combat, dans un idéal, c'est vrai que la plupart du temps, si on veut faire le poids face à l'adversaire, on va avoir la tentation d'utiliser ses armes à lui.

Or, ce que je vais essayer de montrer c'est comment, dans la démarche du projet GNU, il y a quelque chose qui n'est pas de l'ordre de l'artillerie lourde qui n'est pas de l'ordre de l'intrusion, de la violence faite à l’utilisateur, mais quelque chose qui est absolu et qui prévaut sur le caractère relatif, intéressé, affairiste. Les activistes que nous sommes, nous ne sommes pas des affairistes et ceci, je crois, fait toute la différence.

Je vais commencer par un préalable, parce que je vais quand même dire quelque chose, quelques mots de ce projet de loi pour une République qui a occupé donc hier, et c’était le commencement et ça va se poursuivre demain. Il va y avoir, donc, une harmonisation de ce qui a été voté par l'Assemblée et de ce qui a été voté par le Sénat.

Alors d'une façon scandaleuse, si j'essaie de résumer ce qu'il en est du projet de loi pour une République numérique, en gros il y a deux volets. C'est-à-dire il y a un volet, le titre et le titre 3, qui essaient de faire toute la lumière sur ce que les citoyens ont besoin de connaître, c'est-à-dire les algorithmes qui régissent leur vie, et là il faut qu'il y ait une transparence. Il ne faut pas que nos existences soient vouées à des instances de décision qui sont de plus en plus numérisées et qui sont de plus en plus opaques. Ça je dirais que c'est le premier volet du projet de loi pour une République numérique.

Il y en un autre, c'est le titre 3 qui là, respecte, qui fait toute l'ombre. Les deux premiers points font toute la lumière parce qu'il y a de procédures qui ont besoin d’être transparentes dans une démocratie. Le point 2, le titre 2, il fait, je dirais, toute l'obscurité, ou du moins il devrait faire toute l'obscurité, c'est-à-dire séparer nettement ce qui relève de la vie publique et de la vie privée. Or il y a une porosité de plus en plus dangereuse entre la vie publique et la vie privée.

Je vais donner un exemple, parce que encore une fois ce n'est pas mon objet d'aujourd'hui, je vais vous monter donc comment dans le titre premier qui est La circulation des données et du savoir – Économie de la donnée – Ouverture de l'accès aux données publiques, c'est sur quoi je vais parler, comme il y a de plus en plus de processus informatisés, qui régissent nos existences aussi bien fiscales, aussi bien scolaires, aussi bien citoyennes, alors ce projet de loi, par le titre ronflant qui est le sien, laissait espérer que la transparence serait faite.

J'attire votre attention sur l'article 9 ter qui a beaucoup préoccupé l'April, par exemple. Là on parle des services de l’État qui « encouragent l'utilisation des logiciels libres », donc pas priorité mais encouragement. Là c'est la version qui est adoptée par l'Assemblée nationale. Voici la version qui a été adoptée par le Sénat, qui est très semblable. Ce que souhaiterait l'April, et ceci reste ouvert. Ce qui est complètement fermé c'est la priorité au logiciel libre. Terminé ! Parce que comme les deux assemblées ont voté l'encouragement, ça veut dire qu'il ne peut plus être question de priorité. Par contre, si on parle d'un encouragement, ce à quoi l'April souhaiterait encourager, donc nos élus, c'est que dans cet article 9 ter se trouve un renvoi à un décret, décret qui serait fait par le Conseil d’État et qui pourrait rendre beaucoup plus normatif, beaucoup plus contraignant, et en tout cas donner un contenu, parce que sinon le Conseil constitutionnel va dire que ça ne peut pas être validé étant donné le caractère tout à fait flou. Là on est dans le flou conceptuel, encourager c'est quoi ? Exemple, ce que souhaiterait l'April, c'est qu'il y ait dans cet article 9 ter quelque chose qui soit un renvoi à décret. Décret qui serait formulé par le Conseil d’État qui pourrait donc donner du poids à ce qui n'en a pas. Parce que là on est dans le léger, on est dans le tout et n'importe quoi. Encore une fois on est dans le pom-pom gnous. Tant que la priorité a été écartée, on veut au moins donner corps à ce qui s'appelle encouragement.

Deuxième exemple. Ce fameux article premier bis qui est nouveau. Voici la version adoptée par l'Assemblée nationale. Ça c'est une avancée qui est très importante parce que maintenant le code source est considéré comme document administratif communicable. Il y a une instance qui s'appelle la CADA qui, lorsqu’un citoyen n’obtient pas gain de cause, intervient. Donc ça s'est passé. Vous avez entendu parler d'Etalab, de ce qui s'est passé chez Mozilla concernant le code source du calcul des impôts. Là, dans la loi, est désormais inscrite la notion de code source qui fait partie des documents administratifs communicables.

Alors c'est la version du Sénat, donc la version de l'article premier bis. Il se trouve que là, une exception intervient. Pourquoi ? Parce qu’on se demande ce qui se passe lorsqu'on est dans un secteur exposé à la concurrence. Or, peut-être que tous les secteurs sont exposés à la concurrence. Peut-être qu'on vit dans un monde qui est dans une tension perpétuelle, dans un rapport de rivalité qui est extrêmement fort. Et donc, ce que souhaiterait l'April, c'est que soit abrogée cette exception, parce que, de toutes façons, cette exception est déjà prise en compte par d'autres textes. Vous voyez bien que là, l'exception risque de neutraliser en grande partie cette avancée considérable qui fait du code source un document administratif qui est communicable.

Pourquoi est-ce que je dirais ces combats, qui sont un peu des combats d'aménagement, ne sont pas tout à fait étonnants ? Parce que dès sa délibération de fin 2015, déjà le Conseil d’État avait dit à quel point le contenu du projet de loi était sans commune mesure, ne se donnait pas les moyens du titre qui était le sien. Parce que si on veut en effet honorer la notion de République qui, comme son nom l'indique, est un commun qui est agencement, une sorte de régulation des existences. Donc il y a besoin à la fois de rendre transparents les processus d'agencement et de laisser opaque la dimension privée. Très tôt le Conseil d’État, avant même que ces textes soient examinés en séance dans les deux assemblées, avait dit à quel point cette démarche lui paraissait irréaliste étant donné l'absence d'ambition des contenus.

Ce que je vais faire, je vais maintenant essayer d’expliciter ce que j'ai appelé GNU against GUN. Pourquoi sommes-nous, libristes, dans cette position extrêmement délicate qui consiste, puisque nous sommes aussi délicats au sens de respectueux, à ne pas vouloir faire de « rentre dedans », ne pas utiliser les mêmes rapports intrusifs, la même forme dissymétrique de celle qui est manifestée par les GAFAM qui sont en position dominante ? Tout simplement, alors c'est peut-être un résumé de cet argumentaire qui va être le mien, il me semble que l'informatique privatrice s'impose : des choses écrites en tout petit, des clauses qu'on ne peut même pas lire, parce que si on veut pouvoir regarder telle vidéo, alors il faut accepter les conditions. C'est comme si on nous demandait de livrer absolument tout ce qui nous concerne, puisque par avance on s'engage, on prend acte, sans même le savoir, que les photos qu'on va poster ne seront plus notre propriété et autres choses de ce genre.

Il me semble qu'il faudrait très fortement dissocier l'informatique privatrice qui s'impose, qui nous happe, qui est dans une sorte d'attente de ce qui va être lâché par nous, dont elle va éventuellement pouvoir s'emparer, alors que l'informatique libre se propose. C'est-à-dire que l'utilisateur peut dire non, l'utilisateur peut choisir. Jamais on n'aura vu des logiciels du projet GNU être dans un rapport clandestin, dans une forme invasive. Ceci est complètement exclu. Donc vous voyez bien que cette dissymétrie-là, entre une informatique qui y va carrément, sans prendre de gants, et une informatique délicate, dans les deux sens du terme, va faire que peut-être cette informatique libre va être dans un rapport défavorable ou va être toujours en train d'avoir le dessous, alors que l'informatique privatrice aura le dessus. Tout simplement parce que l'informatique libre ne peut pas utiliser les mêmes outils violents, intrusifs et clandestins que l'informatique privatrice.

On pourrait dire d'une autre façon. On pourrait dire que l'informatique privatrice y va à coups de lobbying, étant donné le trésor de guerre qui est le sien. Et à côté, les fonds souverains ne sont pas grand-chose parce qu'elle peut, sans sourciller, racheter tel procédé ou tel autre. Alors que l'informatique libre est du côté de l'advocacy, c'est-à-dire du plaidoyer, c'est-à-dire de l'exposé pacifique, de l'exposé qui peut-être sera extrêmement cohérent, mais qui n'aura pas avec lui la force de frappe ou la puissance qui est celle de l'informatique privatrice. Et donc la question pourrait être : « que faire ? »

Vous avez entendu parler des quatre dangers de l’informatique privatrice. Vous voyez bien que comme elle y va à coups de brevets logiciels, à coups de DRM ou encore à coups de vente forcée. Cette informatique qu'on appelle déloyale, parce qu'effectivement là tous les coups sont permis, va être d'une pointure telle que peut-être jamais, celle qui essaie d’être loyale, celle qui essaie de mettre l’humain au centre, va être disqualifiée avant même qu'elle ait ouvert la bouche. Pourquoi ? Parce que son plaidoyer va être un argumentaire délicat qui va mettre les formes, qui va essayer de se donner le droit de dire ce qu'il dit. Alors il y aura de l'humour. Et j'ai eu une grande émotion lors de l'exposé précédent : il va y avoir de l'inventivité et vos exposés, cet après-midi, ont manifesté des formes extrêmement créatrices de manières de se présenter et d'avancer. Mais peut-être que jamais il n'y aura de possibilité de lutter contre ces démarches-là.

Comme j'ai tout à l'heure utilisé une métaphore de Benjamin Bayart, nous sommes un petit peu comme des gentils face à des chars d'assaut. Alors là vous avez carrément le premier char d'assaut qui a été dessiné de l'histoire de l'humanité, c'est-à-dire celui de Léonard de Vinci, qui a été réalisé. Alors attention, parce que si vous regardez le panorama, ça va aller très mal pour vous. Surtout que là, c'est le panorama d'un château de la Renaissance, j'en dirai quelques mots tout à l'heure. Vous avez ici ce char d'assaut qui est maintenant au Clos Lucé, qui a fait un petit peu le tour des différents châteaux de la Loire et qui permet à, métaphore bien sûr, à l'informatique déloyale de s'avancer en étant certaine, à chaque fois, d'éviter les égratignures que nos tentatives d'opposition pourront éventuellement lui faire.

Alors on peut en rajouter pour penser cette dissymétrie. Là c'est le premier rouleau compresseur de l'inventeur du rouleau compresseur, donc c’est au milieu du 19e siècle. Vous avez aussi bien la moissonneuse-batteuse. Quand on regarde les manières de prospecter de l'informatique privatrice, on se sent une sorte de frêle fétu de paille puisque, de toutes façons, si on veut écouter les sirènes de l'informatique privatrice, de nous, il ne restera pas grand-chose.

Cette informatique s'avance avec ses gros sabots. Pourquoi ces sabots-là ? Non seulement parce que la licence est libre, non seulement ce sont les gros sabots de Wikipédia, mais parce que j'aime à faire le lien entre ces gros sabots-là et ce tableau qui est un tableau de Magritte qui s'appelle Le modèle rouge. Alors je vous raconte l'histoire épouvantable, le conte de fées épouvantable qui mène à ces souliers qui sont en même temps des pieds dont on ne sait plus bien s'ils sont faits de chair ou de cuir. On dit que ce qui a inspiré Magritte c'est qu'il y a des souliers enchantés. Si on chausse ces souliers qui sont ensorcelés, on va danser, on va danser encore, sans jamais pouvoir arrêter la danse, et les pieds vont se trouver en sang et les danseurs, du fait du sortilège, ne peuvent plus être maîtres de leurs mouvements.

J'aime assez à me représenter l'utilisateur de l'informatique privatrice chaussant des logiciels qui, par les portes dérobées, accomplissent, sans même qu'il le sache, à son insu, des procédés qui siphonnent, qui confisquent, qui mettent de côté des données qui pourraient servir. Il me semble, et ça je ne le fais plus jamais depuis alors seulement trois ans, il me semble qu'utiliser ce type de logiciels c'est être un petit peu dans la posture du danseur qui a chaussé ce qui a permis, selon lui, telle aisance du pas, telle élégance du saut, et qui, en réalité, est en train de manger, sans qu'il le sache, quelque chose de lui, quelque chose de sa chair. Il paye de sa personne.

Que faire ? Alors évidemment on pourrait en rire. Vous avez ici un tableau du 17e siècle de Van Sandart. J'ai trouvé que c'était plus digne, pour cet après-midi, que certaines petites chansons destinées aux enfants dans lesquelles on dit que bien sûr, d'habitude ce sont les chasseurs qui tuent les lapins, sauf que de temps en temps, peut-être, ce sont les lapins, ceux qui sont dans la délicatesse d'une posture dissymétrique, qui essaient de s'en prendre à ce qui leur tire dessus.

Je vais mimer devant lui la posture du malheureux libriste. Je n'ai pas voulu faire à Walt Disney le cadeau. Vous savez que c'est à cause de lui, de Disney, que l'accession au domaine publique est passée à 70 ans. Absolument pas question de projeter ici un lapin qui serait le sien. Là c’est un lapin de la tapisserie de La Dame à la Licorne, qui est au musée de Cluny, sur les cinq sens. Vous avez une dame qui met à sa narine une fleur et en même temps on a l'impression que les animaux autour d'elle écoutent, sentent, sont dans un rapport à l'univers extrêmement sensible et doux.

Je vais mimer le libriste qui, évidemment par définition, ne veut pas utiliser les rapports intrusifs qui sont ceux de l'informatique déloyale. Ça pourrait donner quelque chose comme : « I'm a little rabbit! I'm a little rabbit! I'm a little rabbit! Ou encore. Ça c'est un bébé gnou, c'est sur le site de la FSF, c'est de Étienne Savasa, comme le gnou que vous connaissez. Peut-être qu'on peut essayer aussi avec le gnou. Ça peut donner I'm a little gnou! I'm a little gnou! I'm a little gnou! »

Vous voyez bien que pour exorciser le caractère très violent - et Clausewitz dirait que le principe de polarité imposerait au petit lapin et au petit gnou de s'armer un peu, quand même - ce serait la moindre des choses.

Donc il semblerait que le droit soit un moyen de faire intervenir quelque chose qui s'oppose au droit du plus fort. Merci beaucoup Nicolas de m'avoir signalé, donc il me reste trente minutes. Il me semble que nous pouvons tenter quelque chose comme une démarche, qui ne serait pas du tout une démarche qui serait la course à avoir plus de muscles, être mieux armé, être davantage blindé, se désensibiliser, essayer d'adopter des postures plus guerrières. Il me semble que là on ferait contresens.

Je vais rappeler, c'est trivial, qu'il y a, si on pense la priorité comme résultante de la force, pas directement en un sens juridique, en un sens physique, si on pense la priorité comme résultante de la force, nécessairement la priorité est celle de celui qui, ce jour-là, a eu le dessus, soit parce qu'il est allé jusqu'au bout de son énergie, soit parce qu'il a été le plus rusé, soit parce qu'il a été surprenant et l'autre s'est laissé avoir. Je vais rappeler, et c’est trivial, que si on pense la priorité, on pense le plus souvent la priorité en un sens énergétique, au sens de celui qui arrive à faire plier l'autre. Sauf que, il y a, et là c'est l'histoire du droit, des décisions qui sont des décisions politiques et là je parle vraiment de la politique au sens de la tentative de régler les rapports entre les existences, d'essayer d'éviter les chocs, essayer d'éviter les comportements les plus improbables, c'est vrai qu'il y a dans le droit, qui l'impose à celui qui est le plus fort, la tentative de donner une chance à celui qui n'est pas le plus fort. C'est-à-dire la tentative d’arrêter celui qui a une telle suprématie qu'il peut aller trop loin, qu'il peut aller jusqu'au bout. J'ai parlé tout à l'heure de moissonneuse-batteuse, de rouleau compresseur ou de char d'assaut. Il y a dans le droit, depuis par exemple le code d'Hammourabi, il y a quelque chose qui s'appelle « je m'interpose moi, le roi, et celui qui ira jusqu'au bout de sa force, celui-là devra répondre de ce qu'il a fait ». Il y a des choses comme ça.

Apparemment la priorité au logiciel libre, ce qui concerne la priorité au logiciel libre, tel n'en a pas décidé pour l'instant le législateur. J'ai dit où en était la commission paritaire. Mais ce que je vais essayer de montrer c'est que même s'il n'y a pas de priorité juridique, qu'il y ait priorité juridique ou non, je vais essayer, en tout cas c'est ma conviction et c'est ce qui fait que j'essaye d'avancer et j’essaye de ne pas tous les jours savoir que je suis en posture de petit gnou ou de petit lapin ou de proie, il me semble que nous pouvons en tout cas montrer que dans l'informatique libre il y a quelque chose comme un absolu, il y a quelque chose comme une forme de « je dois », comme une forme de respect qui prévaut sur les calculs marchands du « si je veux envahir tel marché, alors je vais racheter tel logiciel. Si je veux couper l'herbe sous le pied de celui qui veut donner au domaine public tel usage, alors il faut que je contourne la difficulté de cette façon-là », il me semble qu'on peut opposer ensemble, ce qui relève de l'absolu, qui toujours, et là on est n'est plus rapport de force, on est dans une autre dimension, il semble que toujours l'absolu prévaut sur le relatif. C'est ce que je vais essayer de montrer.

Ma première démarche, donc c'est trivial d'abord. J'ai fait exprès, alors vous allez dire pourquoi est-ce qu'elle a choisi la version en anglais du Gorgias de Platon ? Parce que là on voit très bien, donc c'est un texte de Platon qui s'appelle le Gorgias, là il y a un très vieux, vous avez sa canne, il a du mal à tenir debout. Vous avez un très vieux philosophe qui est Socrate. Il n'en peut plus. On sait que là Platon le représente, il est au bout du rouleau, c'est la fin de sa vie, il n'a plus beaucoup d'énergie, d'ailleurs il le manifeste dans le dialogue. Et en face vous avez un jeune, vous avez Calliclès, vous avez les dents qui rayent le parquet, il est athlète, c'est le plus beau d’Athènes. On a l'impression qu'absolument tous les espoirs lui sont permis. Athènes va être bientôt à ses pieds. Et vous avez pourtant celui-là, le plus fort, Calliclès, qui défend le droit du plus fort, qui envie Socrate, qui envie à Socrate le pouvoir de la vérité. Il n'a qu'une envie, de démontrer que le plus fort a le droit d’être le plus fort.

Et là, bien sûr il se contredit, parce que plus fort ! S'il a besoin que de sa force pour avoir le droit d'être le plus fort il n'a pas besoin de légitimer sa position. Et là qu'est-ce qu'il se passe ? Vous avez Socrate qui est en difficulté. Vous avez Socrate qui a en face de lui quelqu’un qui, de toutes façons, ne l'écoute pas. Et que va faire Socrate ? Eh bien progressivement utiliser les armes de l’adversaire, il essaie de l'intimider. Calliclès essaye de séduire Socrate, il essaie de faire peur à Socrate : si tu ne dis pas comme moi, je vais te casser la figure.

Progressivement vous avez Socrate qui utilise le ton, qui utilise le langage de Calliclès, qui lui demande de se laisser de persuader. Et progressivement vous avez Socrate même, qui utilise des faux-semblants, qui utilise la sophistique pour être fort sur Calliclès. C'est un dialogue qui tourne mal.

Exemple, ça c'est toujours dans le Gorgias, vous avez un moment où on dit que « l'orateur est en état de parler contre tous et sur toute chose ; en sorte qu'il sera plus propre que personne à persuader en un instant la multitude sur tel sujet qui lui plaira. » Vous avez un moment où Socrate, tout philosophe qu'il est, il rêve d’être un rhéteur pour fasciner Calliclès. Il a envie de réduire cette dissymétrie, il a envie de réduire ce rapport de force.

Là on a parlé de force, on pourrait aussi bien parler de celui qui arrive en premier : Not the best, but the first. Ça a été un certain temps l'un des adages des écoles de commerce. : il ne faut pas être le meilleur, on n'en a rien à faire, not the best, but the first. Ce qui est important c'est d'arriver en premier, parce que si tu arrives en premier, si tu es le premier à enclore un champ qui est à tout le monde, alors tout le monde sera tellement sidéré, stupéfait que personne n'osera rien faire.

Quand on parle de rapport de force, on peut aussi bien parler de rapport de séduction ou de rapport de ruse, parce que celui qui arrive en premier ! Je sais qu'il y a des mathématiciens ici présents. Là c'est le fameux paradoxe : est-ce que la tortue part en premier lorsqu'elle se bat contre Achille, ah oui, là vous avez a tortue, là vous avez Achille. Qu'est-ce qui se passe si Achille a la courtoisie de laisser partir en premier la tortue ? Est-ce qu'il peut la rattraper ? Effectivement, il va s'élancer. Mais le temps où il rattrape la tortue, la tortue a encore avancé, etc. Vous voyez ce dont on parle, ce qu'on décrit là en termes de rapports de force, on peut aussi bien le décrire en termes de ruse, en termes de séduction. Parce que toujours, quand on parle des GAFAM, il est question du dernier coup d'untel qui a trouvé en effet prudent d'éviter tel ennui à venir ou telle menace sur sa suprématie, en achetant, il a mis le prix qu'il fallait, telle création de celui-là qui lui a cédé. Et du coup, il est toujours le premier. Il est toujours en posture de domination.

La question : pourquoi ici la Nef des fous ? Parce que je vais parler d'une difficulté qui a surgi concernant le droit de panorama. Si vous êtes de fréquents utilisateurs de Wikipédia, de Wikimédia, vous savez que la dernière qui a été inventée, alors toujours « dans ce champ est à tous, mais si je l'enclos le premier alors il est à moi », vous savez que la France est en train de se laisser piéger, concernant le droit au panorama, par de nouvelles enclosures. Si vous prenez la photo du copain devant tel monument, alors attention, comme vous avez pris le monument, qui pourtant est dans le domaine public, vous pourrez avoir des comptes à rendre. Peut-être que tel moteur aura telle taxe à payer. Bon vous-même risquez d'avoir à vous expliquer de votre geste, et autres choses de ce genre.

Là j'ai fait exprès de me référer à un usage du droit de panorama. C'était au Moyen Âge. Au Moyen Âge, on soigne les fous, à l’époque on ne dit pas les aliénés. On parle de la folie non pas comme déraison, non pas comme aliénation, mais comme autre manière de fonctionner. On installe donc ceux qui sont dans ce mode-là de conscience, sur une nef, ça c'est la Nef des fous de Jérôme Bosch. Et qu’est-ce qui se passe ? Vous avez le navire qui circule et le dépaysement, la succession très étrange, le ravissement qui est constitué par les paysages successifs, finissent par stimuler le rapport à l'espace, finissent par articuler autrement le rapport au monde, et là vous avez des formes très intéressantes d'usage de la culture. Alors peut-être que bientôt il y aura une propriété privée du langage, on ne sait pas, en tout cas on va vers une propriété privée du panorama et des paysages, ce qui fait dire à Foucault que le bateau c'est une des formes les plus thérapeutiques qui soit, au Moyen Âge, puisque la succession des paysages rencontrés fait que celui qui a à chaque fois à se repositionner, à se reconfigurer, va stimuler en lui-même tel lien avec le monde, tel lien avec les autres, qui s'était trouvé à un certain moment fragilisé ou défaillant.

J'en ai fini avec ma partie triviale. Vous avez entendu parler donc de priorité du plus fort, du plus rusé, de celui qui s'y prend en premier. Que fait le droit ? Que propose le droit ? Vous avez ici la stèle, c'est au Louvre, la stèle du code d'Hammourabi : œil pour œil, dent pour dent, etc. Souvent on dit « le code d'Hammourabi c'est épouvantable, vraiment Babylone a inventé la pire cruauté. » Attention. ! C'est, au départ, un code de régulation, avant ce n'est pas œil pour œil, dent pour dent. C'est « si tu as fait du mal à l’œil du malabar qui est là et qui a la force de t’ôter la vie, alors il le fera ». C'est, au début, une démarche de régulation. C'est-à-dire c'est seulement l’œil. Celui qui a blessé l’œil, on va seulement lui prendre l’œil et pas la vie. Ou encore, rassurez-vous, il ne va y avoir que deux occurrences parce que j'arrive à l'essentiel, c’est-à-dire au caractère absolu de l'informatique libre.

Là c'est Athéna, c'est la déesse de la sagesse grecque. Que fait Athéna ? Parce que avant l'Aréopage, il y a ce qu'on appelle la vengeance judicatoire. C'est-à-dire que lorsqu’un être a été tué dans une lignée, nécessairement, il faut, d'une façon symétrique tuer, sinon il y a souillure, sinon il y a les Érinyes qui s'y mettent. Il faut, pour purifier la souillure, se livrer au crime inverse. Et du coup, les familles athéniennes sont décimées, et du coup Athènes ne peut pas se défendre contre ses ennemis extérieurs. Donc vous avez Athéna qui invente l'Aréopage, potion divine pour une priorisation. Ici on donne la priorité à la possibilité pour Athènes de se défendre contre ses ennemis extérieurs. C'est-à-dire que l'Aréopage va évidemment juger les crimes de sang, va évidemment sanctionner les crimes de sang, mais sans pour autant mettre à mort celui qui a tué quelqu'un. Parce qu'il faut qu'il y ait encore des forces vives dans la cité.

Alors pourquoi est-ce que j'ai parlé d'Hammourabi, d'Athéna ? Parce que la plupart du temps, dans les codes anciens, on a besoin d'une divinité tutélaire, on a besoin de faire référence à une transcendance. Or mon propos, c'est de vous montrer aujourd'hui, c'est de montrer aujourd'hui que l'informatique libre n'a pas besoin de gourou, l'informatique libre n'a pas besoin de protection tutélaire. Certes, et je sais qu'il va venir dans deux jours, lorsqu'il arrive à Richard Stallman de jouer à Saint IGNUcius, c'est une façon de troller les figures tutélaires. C'est une façon de bien dire que dans l'informatique libre il y a une forme de densité qui dispense allégrement de toute caution théologique, de toute caution transcendante. Bon, lorsqu'il le fait, avec le talent que vous connaissez, il se délecte. C'est-à-dire qu'il est, bien sûr, dans la caricature de ce de quoi les autres ont besoin et dont le projet GNU lui, se passe, parce que le projet GNU a en lui suffisamment de densité et d'exigence morale pour s'imposer sans avoir besoin d'une référence à un au-delà, fut-ce l'église d'Emacs.

J'en viens, et je garde du temps pour vos questions. J'en viens à mon dernier point. Pourquoi y a-t-il dans l'informatique libre quelque chose qui relève d'un absolu ? Et là on ne parle même plus de priorité, on ne parle même plus de premier, de ruser, de séduire, de trouver telle parade, d’être dans un système polaire au sens où l’entend Clausewitz, le grand stratège, le grand polémologue. Tout simplement parce que, quand vous relisez le tout début du projet GNU, ce qu'on appelle donc le GNU Manifesto4, que vous trouvez sur les pages de la FSF, quand vous regardez le lexique, quand vous regardez le vocabulaire qui est utilisé par Richard Stallman, « la règle de réciprocité exige, exige de moi, exige que je partage les programmes que j'ai appréciés avec les personnes qui apprécient ces mêmes programmes. Les éditeurs de logiciels, cherchant à diviser pour régner, obtiennent des utilisateurs qu'ils renoncent à tout partage. Je refuse de rompre de cette manière la solidarité qui me lie aux autres utilisateurs. »

Vous avez des termes qui sont des termes qui sont absolument sans réplique. Là on n'est pas dans la polarité. On est dans une forme d'exigence, de loi donnée à soi par soi, qui a une telle densité existentielle, qui a une forme qui est tellement dans une exigence autonome. Si je suis utilisateur alors je ne peux pas tolérer que cet utilisateur-là, lui, soit piégé par des DRM. Je ne peux pas supporter, si j'ai le droit d'utiliser le travail de mes collègues, parce qu'au début ce sont des universitaires qui essayaient de mettre au pot commun des créations, parce que la notion de propriété intellectuelle est effectivement une forme d'illusion, une forme de faux-semblant au sens où l'entend Platon… Vous avez donc dans le lexique, alors voilà il y a seulement trois diapos et ensuite je ferai appel à vos questions. « Je me sentirais coupable de signer un accord de non-divulgation ». Autrement dit la référence à la volonté, attention pas au caprice, la volonté en tant qu'elle donne à elle-même la tâche d'accomplir ce qui est juste, est une forme d'absolu à côté desquels tous les stratagèmes, tous les arrangements, tous les petits accommodements entre amis de l'informatique privatrice, ne fait pas le poids. « Afin de pouvoir, j'ai décidé de constituer un ensemble de logiciels. J'ai démissionné. » Pourquoi est-ce qu'il démissionne ? Pourquoi est-ce qu'il met en péril sa possibilité même d'assurer son existence ? Parce que s'il ne le fait pas, il y a le risque en effet que via le MIT qui l'emploie, alors telle brevetabilité advienne, dont il ne veut absolument pas.

Je me suis permis, voilà, si j'avais à résumer ma conférence, je dirais : « L'informatique privatrice, c'est du brutal. » Bon je pense que vous avez retrouvé. Vous vouliez la référence. J'ai besoin de la préciser ? Tontons flingueurs. L'informatique privatrice c'est du brutal. Je dirais : « L'informatique libre c'est du lourd. » Lourd au sens de dense, au sens d'exigeant et au sens de digne. Ce qui veut dire que même si actuellement la priorité au logiciel libre n'est pas inscrite dans la loi, si au moins on peut essayer de faire en sorte que l'encouragement qui a été adopté par les deux assemblées puisse être assorti aussi bien de renvoi à décret pour l'article 9 ter et pour l’article qui concerne le code source qu'on en finisse avec les restrictions ridicules, il me semble que nous avons pour nous, le caractère dense de l'informatique libre qui peut prévaloir quoi qu'elle fasse [inaudible].

Applaudissements

Organisateur : Il reste cinq minutes de questions. Si vous avez des questions vous n'oubliez pas qu'il y a un micro pour ceux qui sont sur Internet. Pas de questions ?

Public : Bonsoir. Merci. La question que je me pose par rapport à la transcendance et tout ça. C'est bien gentil, on échange du code, on partage, on a des principes, mais il y a quand même des gens qui les ont institués, ces principes. Les licences, elles ont été établies. Donc on est dans un domaine où beaucoup de choses sont possibles grâce à un cadre, un cadre juridique en fait, comment dire, qui a été imaginé. Est-ce qu'il n'y a pas là une forme de protection, pour le moins, et éventuellement même de transcendance ?

Véronique : Inaudible.

Public : Certaines personnes n'ont pas fait l'effort, en fait, de comprendre que Richard Stallman se moquait d'une certaine manière de cette espèce d'effet de gourou, comme on voyait avec Steve Jobs, et que lui, le personnage qu'il joue, est une sorte de satyre, de caricature de cette situation aujourd'hui. Ah tout est dû à un seul homme. Tout est fait par un seul homme, et il faut acheter ses produits vite, vite, très cher, quoi ! C'est tout quoi ! C'est clairement !

Véronique : Je disais qu'on peut à loisir fabriquer tous les adages sacrés qu'on voudra, l'informatique libre n'en a pas besoin et je pense que c'est pour ça qu'on se sent si bien en elle, me semble-t-il. Oui.

Public : En même temps, même si Stallman n'est qu'un contributeur du logiciel libre parmi tous les autres, au niveau d'un point de vue extérieur, c'est quand même celui, c'est un peu le symbole. Il représente quand même…

Véronique : Inaudible.

Public : Mais il représente quand même, pour le grand public qui est habitué justement à avoir un gourou, il représente quand même une figure qui peut être comparable à celle des gourous du logiciel propriétaire.

Véronique : J'aime bien, si je peux me permettre. Je crois que je vois l'anti-gourou. Parce que, étant donné l'exigence sans pareille de l'informatique libre, ce n'est pas rien de dire : « Sois maître à bord. Aie le courage de faire de tes doigts et de ta réflexion quelque chose que tu choisiras. » Et ça ce n'est pas simple. Il me semble que quand on a cette énergie-là, cette énergie est sans rapport avec toute l'énergie de tous les Calliclès du monde. Parce je crois qu'il est en notre pouvoir de donner à nous-même des chemins que nous élaborons pour nous-même d'une façon absolument singulière et absolument inventive. Alors que l’informatique privatrice c'est « tu te laisses guider, tu délègues. Sois dans des chemins qui sont préétablis pour toi et, de toutes façons, tu ne pourras pas en sortir ». Il me semble que c'est ça la différence.

Lionel Maurel : Bonjour. Je m'appelle Lionel Maurel, je suis au CA de La Quadrature et je voudrais juste vous raconter une petite anecdote liée à la loi numérique. Je vous la fais rapidement. Juste avant que la loi passe en CMP, La Quadrature, avec d'autres organisations qui sont dans un organisme qui s'appelle l'Observatoire des libertés et du numérique dans lequel il y a le Syndicat de la magistrature, l'Ordre des avocats, la Ligue des droits de l'Homme, a fait une déclaration sur la loi numérique qui s'appelle « République Numérique : déception 2.0 », dans laquelle toutes ces organisations ont dit qu'elles étaient extrêmement déçues non seulement des résultats de cette loi, mais aussi du processus. C'est-à-dire ce processus consultatif qui a conduit, en fait, la société civile à beaucoup s'impliquer, à pousser des propositions comme celle de la priorité au logiciel libre, les propositions sur les Communs, les propositions sur la liberté de panorama et au final cette loi a complètement écarté ces aspects-là et les a ignorés.

Donc on fait cette déclaration et quelque temps plus tard on reçoit un petit DM sur Twitter d'Axelle Lemaire, qui nous écrit un petit mot et qui nous dit : « Je suis extrêmement déçue par La Quadrature. Vous mettez en avant, arbitrairement, des sujets alors que ma loi contient plein d'avancées positives. La crise de la politique n'est pas finie ». Et je ne sais pas si vous voyez : « La crise de la politique n'est pas finie ». Donc elle nous accuse, en fait, nous, d’être la source de la crise de la politique et d'avoir choisi arbitrairement des sujets alors que ce sont des sujets qui sont tous arrivés en tête de la consultation en termes de voix. C'est-à-dire que vous tous, vous avez voté sur cette plate-forme pour pousser ces sujets-là. Et elle va à la radio après, elle fait une interview, et elle déclare. On lui demande : « Qu'est-ce que vous pensez de cette déclaration de La Quadrature et d'autres organisations ? Elle dit : Le Syndicat de la magistrature et La Quadrature du Net sont des lobbies comme les autres. » Et si vous voulez, c'est extrêmement grave qu'elle puisse dire quelque chose comme ça, parce que le Syndicat de la magistrature ce n'est pas un lobby comme les autres. Et La Quadrature du Net et l'April, par exemple aussi, ne sont pas des lobbies comme les autres. On ne peut pas mettre sur le même plan l'influence que peut avoir un Microsoft avec ses moyens et ses moyens d'influence sur le Parlement et sur le gouvernement, et ce qu'on fait en tant que citoyens et ce que fait quelque chose comme le Syndicat de la magistrature.

Moi j'ai trouvé très éclairant tout ce que tu as pu dire, mais en fait il faut voir que ce qui est arrivé au logiciel libre a traduit aussi un très gros malaise dans la démocratie et une incapacité du politique à distinguer entre les priorités aussi et les ordres de valeur entre lui et autres. Donc merci pour ta présentation.

Véronique : Merci à vous

Applaudissements

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L'April recherche un(e) stagiaire affaires publiques à compter d'octobre 2016

April - 5 juillet, 2016 - 11:50

L'April, association de promotion et de défense du logiciel libre, recherche un(e) stagiaire affaires publiques.

Spécialité du poste : affaires publiques
Début : Octobre ou Novembre 2016
Durée : 4 à 6 mois, temps plein ou éventuellement en 4/5. Possibilité de temps partiel avant janvier.
Lieu : Paris 14ième
Indemnisation : Selon profil
Profil : Master, études juridiques / sciences politiques / affaires publiques

Descriptif du poste :
Dans le cadre de ce stage, vous serez amené(e) à travailler sur les dossiers de fond de l'April (interopérabilité, brevets logiciels, DRM, vente forcée, priorité au logiciel libre dans le secteur public... ). En étroite collaboration avec le responsable affaires publiques, vous réaliserez des analyses, participerez aux discussions et au travail de sensibilisation réalisés par l'association sur les questions politiques et juridiques autour du logiciel libre.

Profil recherché :
Des compétences techniques ne sont pas nécessaires, mais vous êtes intéressé(e) par les enjeux des libertés fondamentales et par le logiciel libre dans ses aspects éthiques, philosophiques et politiques. Capable de travailler de manière autonome, doté(e) d'une bonne capacité d'analyse et de synthèse, le milieu associatif vous intéresse.

Anglais courant souhaité.

Stage indemnisé.

Envoyer CV et lettre de motivation dans un format ouvert.

Catégories: Le monde du libre

Le logiciel libre : un modèle de société - François Pellegrini - 2011

April - 5 juillet, 2016 - 10:27



Titre : Le logiciel libre : un modèle de société
Intervenant : François Pellegrini
Lieu : Toulouse - Capitole du Libre
Date : Novembre 2011
Durée : 1 h 00 min 57
Licence : Verbatim
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Transcription

Bonjour à toutes et tous. On m'a sollicité pour faire une présentation un peu, j’allais dire gros bout de la lorgnette, sur le logiciel libre et donc, de façon très modeste, j'ai appelé ça « un modèle de société ». J'essaierai de vous expliquer où je veux en venir.

Premier point, on est confronté à un événement social, qu'on appelle maintenant sans risques de se tromper, la révolution numérique et [ah oui d'accord, ouais OK. Effectivement la révolution numérique commence mal. Voyons voir hop, on ne va pas s’embêter, on va descendre la réso. Hop là. Est-ce que ça, ça va marcher ? Ouais c'est mieux]. Donc avec un objet au sens immatériel du terme, puisqu'on va parler du logiciel qui a un statut unique dans l'histoire de l’humanité parce que c’est finalement le premier outil de l'homme qui soit une extension de son esprit et non de son corps. Et ça, bien sûr, ça va avoir un impact, j'allais dire fondamental, sur la façon de produire et de traiter la connaissance.

En fait, cette révolution numérique dont je veux vous parler, elle fait suite à deux révolutions dans le champ de la connaissance. La première ça a été la révolution de l'écriture entre moins quarante mille ans et puis moins trois mille où, pour la première fois, on a pu fixer de l’information sur un support et ça a permis socialement la création des premières cités-États, des premiers empires. Et ce n'est donc pas étonnant que, finalement, toutes les traces archéologiques d'écriture qu'on retrouve soient majoritairement des traces administratives, des décomptes de têtes de moutons, etc., avant même, ensuite, de trouver des traces littéraires.

Et puis révolution de l’imprimerie, juste cinq cents ans auparavant, où, avec la mécanisation de la transmission de l’information sur le support, imprimerie, puis radio, puis télévision, on a vu apparaître les États-nations avec des questions de standardisation : standardisation, par exemple, des claviers de machines à écrire ou des écartements de rails de chemin de fer dans le monde matériel, mais qui définissaient des sphères qui, ensuite, s'opposaient les unes aux autres.

Et on se retrouve maintenant avec la révolution numérique, finalement, à faire l'inverse de la révolution de l'écriture. Il y a quarante mille ans on s'était fatigué à fixer de l’information sur un support. Avec la révolution numérique, on a réussi à extraire l'information du support pour la transformer en tas de 0 et de 1. Et à partir de là, on va pouvoir manipuler cette information de façon radicalement différente de précédemment.

Et de la même façon que dans la révolution industrielle la machine était l'objet et l’outil de cette révolution, le moyen, c’est-à-dire que l'humain avait commencé à fabriquer quelques machines qui ont servi à fabriquer des machines encore plus puissantes et des machines encore plus puissantes, jusqu'à ce qu'une seule personne puisse agir sur énormément de matière grâce à une machine, eh bien on va se retrouver face au même phénomène dans la révolution numérique où, grâce aux premiers logiciels qui ont servi à faire des échanges de courriers électroniques on a pu échanger encore plus d'informations. Et puis, à partir de ces informations, construire encore plus de logiciels, encore plus malins, encore plus efficaces, et maintenant une seule personne peut manipuler, traiter, peut lier à sa volonté des quantités d'informations considérables.

Ça, ça s'est produit conjointement à l'arrivée d'un objet, lui aussi unique, qui va s'appeler Internet. Alors quand on met quatre PC en réseau pour jouer à des jeux, ce n'est pas Internet, c'est un réseau local. Quand une entreprise multinationale relie toutes ses filiales à travers un réseau privé, ce n'est pas Internet. Internet n'existe, il n'est, que parce qu'il est unique. On le définit comme le réseau des réseaux et c'est ce qu'on appelle, en économie, un bien commun. C'est un peu comme l'eau, comme l'air : à la fois ça n'appartient à personne et à la fois ça appartient à tout le monde et on doit le préserver comme appartenant à tout le monde. Et finalement, d'ailleurs, une grande question juridique actuellement c'est à qui appartient l'internet ? Qui a le droit de censurer sur Internet ? Est-ce que chaque pays a le droit de faire son propre bout d'Internet en filtrant, ou pas ? Et donc on voit bien qu'on est exactement dans les mêmes problématiques que par rapport à l'eau ou l'air. On est face à un objet juridique nouveau, un bien commun nouveau.

Qui plus est Internet, par rapport au modèle de l'industrie du divertissement et de la mécanisation de la diffusion, révolution de l'imprimerie, va ré-horizontaliser les échanges. On avait un modèle totalement pyramidal où quelques-uns décidaient de l'information qui allait être consommée par des centaines de millions de personnes. On se retrouve avec un réseau a-centré dans lequel tout le monde peut échanger avec tout le monde. Et clairement, ça dynamite tous les modèles économiques et sociaux qui avaient été édictés du temps de la mécanisation de l'imprimerie, en particulier avec la notion d'auteur. Le régime du droit d'auteur est un régime qui avait été conçu quand il y avait quelques auteurs et aussi un nombre assez petit de directeurs de salles de théâtre. C’était Beaumarchais qui avait, en France, créé la société des auteurs, avait fait édicter le droit d’auteur. C'était arrivé un petit peu avant aux États-Unis. Maintenant nous sommes tous des auteurs. Sur Internet, une majorité de contenus est auto-produite. Et qui plus est, on se retrouve aussi face à des moyens de création collective. Nous sommes tous des auteurs parce qu'il ne se passe plus un événement dans le monde sans que quelqu'un, avec son téléphone mobile, le capte, et l’envoie, et l’échange sur les réseaux où il est dupliqué à des centaines voire des dizaines de milliers d’exemplaires

De ce fait d'ailleurs, quand on voit, quand on pense à Internet, Internet est le lieu de la copie. Quand vous demandez une page web sur un serveur, elle ne disparaît pas du serveur. Elle est copiée de machine en machine jusqu'à atterrir dans la mémoire de votre ordinateur puis sur la carte graphique. Donc effectivement, vouloir interdire la copie sur Internet, c'est contraire à ce qu'est Internet. C'est, j'allais dire, techniquement impossible. Donc on voit bien les conflits qui peuvent en découler.

Ceci parce que le fait d'avoir extrait l'information du support a radicalement changé les modèles économiques qui vont sous-tendre les échanges de cette information. En particulier, on va se trouver avec les biens informationnels, dans un cadre économique qui s'appelle celui des biens non rivaux. Un bien est rival quand on est en compétition pour : moi j'ai ma montre, si je vous la donne je ne l'ai plus. Si je vous donne idée, eh bien je l'ai toujours, vous l'avez aussi. Donc effectivement, on se retrouve, avec la numérisation, à avoir un coût de copie de l'information qui est nul. Et ça aussi ça change complètement. Quand quelqu'un avait l'idée d'une voiture et fabriquait le prototype de la voiture, pour chaque voiture qu'il construisait il devait rajouter un bout d'acier, un bout d'électricité, un bout d'usine autour, avec des ouvriers dedans. Chaque voiture coûtait un certain prix qui faisait qu'on ne pouvait pas la vendre au-dessous de ce prix.

Dans le monde numérique, la copie est identique à l'original : un 0 pour un 0, un 1 pour un 1, et elle s'effectue à coût nul. Parce que votre ordinateur fonctionne, eh bien il consomme de l'électricité, que vous fassiez quelque chose ou que vous ne fassiez pas. Et finalement, faire, cliquer, copier, hop, hop, ou envoyer plein de courriels, ça ne vous coûte rien de plus que si la machine ne faisait rien. Bien sûr il y a un coût parce que l’électricité il faut la fabriquer, la machine il a fallu la fabriquer, mais tout ça c'est forfaitisé, c'est dilué. Ce qui fait que le coût de copie, le coût de l'acte de copie, est fondamentalement nul et ça, ça veut dire que, finalement, un logiciel, dès le moment où son coût de développement a été amorti, vous pouvez le déployer en des millions d'exemplaires, ça ne vous coûte rien. Et donc un logiciel peut être distribué gratuitement dès le moment où son développement a été financé.

Autre point essentiel dans l’économie des biens informationnels, qui existait aussi dans l'économie matérielle, a minima, c'est la notion d'effet de réseau. L'effet de réseau c'est que la valeur d'un bien augmente avec le nombre de personnes qui l'utilisent. S'il n'y a que deux personnes au monde qui ont le téléphone, est-ce que c'est intéressant que vous, vous ayez le téléphone ? Deux chances sur six milliards que vous connaissiez les personnes en question, ça ne vaut peut-être pas le coup ! En revanche, si 80 % de vos amis ont le téléphone, ça devient vachement intéressant d'avoir le téléphone pour organiser la prochaine soirée ou autre.

Donc on se retrouve, grâce à Internet, avec une capacité d'innovation considérable. Pourquoi ? Parce qu'Internet est un réseau stupide. Ça peut paraître antinomique ce que je dis, mais pensez que avant, du temps du téléphone, c’était le central téléphonique qui possédait l'intelligence. Le combiné que vous aviez chez vous était un truc complètement idiot avec un micro, un haut-parleur et des bouts de fil. Vous ne pouviez rien en faire par vous-même, vous étiez obligé de passer par l'opérateur qui, sur son central, mettait en place des services, la conversation à trois, le renvoi d'appel. Et puis si vous n'étiez pas prêt à payer le prix, eh bien vous ne l'aviez pas. Et puis vous vouliez la conversation à quatre, eh bien l’opérateur vous dit : « Non, ça on ne l'a pas. — Moi je la voudrais.— Oui mais ça ne nous intéresse pas. » Et vous étiez prisonnier de ce que l'opérateur pouvait faire.

Avec Internet, le réseau est stupide : il sert juste à acheminer les 0 et les 1 d'une machine à l'autre. Et l'intelligence est dans les logiciels que vous allez mettre sur chacun des ordinateurs. Et quand vous voulez un nouveau service, eh bien vous installez le logiciel qui va bien. Ça tombe bien, le coût de copie est nul, donc vous déployez à des centaines de milliers d'exemplaires et vous mettez en place un nouveau service. C'est comme ça que, par exemple, Skype est arrivé. Avant les opérateurs téléphoniques vous disaient que téléphoner aux États-Unis c'était un euro la minute. Tout d'un coup on vous dit : « Eh bien non ! Tiens, maintenant c'est gratuit. » Et on voit effectivement, j'allais dire la révolution en termes de modèle économique que ça cause, et donc c'est pour ça qu'on parle vraiment de la révolution numérique.

Et donc ce marché est très volatile, puisqu'effectivement un service arrive, si un concurrent propose des nouvelles fonctionnalités, le coût de déploiement et d'installation d'un logiciel étant quasiment nul, eh bien le nouveau concurrent arrive, prend les parts de marché. Il y a une volatilité très grande, ce qui va justement permettre une innovation et une vitesse d'innovation considérable, qui n'a rien à voir avec ce qu'elle est dans le monde matériel.

Donc effectivement, de quoi parle-t-on finalement quand on parle de logiciel ? J'ai repris une phrase de Lawrence Lessig qui dit Code is law, c'est-à-dire que finalement on vit un peu dans le monde de Matrix. On ne peut faire que ce que le logiciel demande. Si vous voulez maintenant une place de train particulière, eh bien vous êtes obligé de passer par le logiciel de l'opérateur de chemin de fer et c'est finalement le logiciel qui vous dit quelle place vous avez le droit d'avoir ou pas. Avant on pouvait toujours s’arranger, maintenant ce n'est pas possible. Les gens qui font Wordpress eux parlent de Code is poetry qui est quelque chose que j'aime bien, en fait, parce qu'en tant que développeur de logiciels j'aime bien me considérer un peu comme un artiste, en tout cas comme un artisan. Je pense de façon plus globale, en me mettant au niveau des autres, que Code is life et j’essaierai de vous montrer pourquoi.

Premier point, de quoi parle-t-on ? Peut-être que la majorité d'entre vous savent ce qu'est un logiciel ou en produisent, mais finalement c'est bien de rappeler des choses fondamentales. En fait, on peut avoir des idées de méthode, de trucs. « Tiens j'aimerais bien que mon logiciel fasse ça, alors peut-être qu'il faut que je commence par trier les noms des personnes, et ensuite je recherche ceux que je veux, etc. » En fait, on met en place ce qu'on appelle des algorithmes, c'est-à-dire des méthodes intellectuelles, et puis il y a un moment où il faut que l’ordinateur fasse le boulot. Donc ces algorithmes, on les traduit par une action de codage en un programme et ce programme c'est lui qui va être exécuté par l’ordinateur. Mais en fait, un programme c'est beaucoup plus que ça. Parce que, effectivement, c'est une œuvre de l'esprit. C'est : j'ai pensé l'idée et je l'ai écrite dans un langage de programmation. Mais mon collègue programmeur, il lit mon programme et il comprend ce que j'ai voulu dire. Donc au-delà d’être simplement un objet de transmission d'informations entre un humain et un ordinateur, un programme c'est aussi un bien qui permet la communication d’humain à humain et, de façon extrêmement importante, surtout dans le cas du logiciel libre où le code source va être accessible, c'est-à-dire on pourra réellement voir ce qu'ont écrit les autres. Et bien sûr, quand on donne ça à manger à un ordinateur, chouette il fait le boulot à notre place, c'est exactement ce qu'on voulait.

Donc finalement, on voit que l'écriture d'un logiciel ça ressemble à un artisanat, un peu comme un processus de création littéraire, pas tout à fait mais presque, et donc le droit s'est un peu adapté. Les législateurs ont toujours deux techniques : soit ça ressemble et donc ils étendent le droit existant au nouvel objet. Soit ça ne ressemble pas puis ils fabriquent une loi spéciale pour. Là ça ressemblait beaucoup et donc le régime des droits d'auteur a été également appliqué au logiciel, en rabotant un peu parce qu'on considère que les salariés, par exemple qui travaillent dans les boîtes, ne sont pas titulaires des droits d'auteur sur le logiciel, c'est directement l’employeur qui l'est, ce qui ne serait pas vrai avec le droit d’auteur traditionnel. Et puis, pour les œuvres littéraires, on a le droit de faire une copie à usage privé, même autant qu'on veut pour notre usage privé. Là pour les logiciels, si vous avez trois ordinateurs rien que pour vous, eh bien vous devez payer trois licences de logiciel si le vendeur vous l'impose. Et donc pas d’exception de copie privée pour les logiciels.

Tout ça passe par un truc qu'on appelle une licence, qui est une espèce de contrat entre le titulaire des droits d'auteur et puis les usagers, qui va donc légiférer sur, réglementer vos capacités d'utiliser ou d'exploiter l’œuvre logicielle. La plupart du temps vous n'avez le droit de rien faire, ce sont les fameux trucs « contrat et cliquer » où, quand vous les lisez, je n'ose même pas faire lever la main aux gens en demandant « qui a jamais lu un contrat jusqu'au bout avant de cliquer sur j'accepte », mais a priori, je vous suggère de le faire de temps en temps. Mais en tout état de cause, vos droits sont relativement écornés.

Alors qu'avec le logiciel libre, qui est l'objet de notre réunion tous ici, eh bien on se trouve face d'abord à un nouvel objet qui est, en fait, une innovation juridique. On dit les logiciels libres c'est super bien, ça marche, c'est innovant, etc., mais finalement, on ne parle pas de technique là, on parle de droit. Un logiciel libre, c'est un logiciel comme tous les autres. Simplement sa caractéristique de liberté est basée sur les conditions de licence avec laquelle ce logiciel va être distribué. Et en fait, on va s'appuyer sur le mécanisme de droit d'auteur qui était censé limiter les droits des usagers pour, au contraire, garantir à l'usager des droits et aussi quelques devoirs, parce que, par réciprocité, les droits des uns sont les devoirs des autres.

Et donc on se trouve dans un écosystème, finalement, où on voit que le coût de copie de l'information est nul. Où on va pouvoir, comme ça, diffuser de l'information de façon très rapide. Et on va se retrouver, donc, avec des coûts de transaction négligeables qui vont, là aussi, changer la façon dont on va produire le logiciel.

Avant, quand il n'y avait pas Internet, les gens qui produisaient le logiciel étaient loin et on avait besoin de les réunir tous ensemble dans le même bâtiment. Et donc il fallait construire le bâtiment, il fallait de l'électricité, ça coûtait des ressources. Maintenant qu'il y a Internet, eh bien les gens, on n'a pas besoin de les bouger. Ils peuvent être là où ils étaient avant et en plus, puisque le coût d'accès à Internet maintenant lui aussi est nul, on peut permettre à n'importe qui de faire de la micro création de valeur ajoutée.

Quand vous regardez la page de la Wikipédia, si vous voyez une faute d’accord, vous cliquez sur modifier. Tac tac vous modifiez. Prévisualiser. Hop. Ça y est, c'est bon. Valider.

Avant, quand on construisait des encyclopédies, il y avait des gens qui étaient des correcteurs orthographiques, qui étaient payés de façon salariée pour faire ce boulot-là, sur l'ensemble du travail. Là, chacun d'entre nous fait un peu de valeur ajoutée et cette valeur ajoutée n'est pas taxée. Il y a une taxe sur la valeur ajoutée, on en entend bien parler de nos jours. Tout ça pour montrer aussi que le fisc peut lui aussi se poser des questions sur le changement de société en disant « eh bien finalement, on taxait la valeur ajoutée. Maintenant on crée de la valeur ajoutée non taxée », mais parce que, finalement, elle bénéficie à tous. Donc est-ce qu'il y a un intérêt à taxer ce qui bénéficie à tous ?

Et donc, les licences libres, eh bien elles ont en commun quatre libertés. La majorité d'entre vous le sait peut-être déjà : liberté d'exécuter le programme pour tout usage. Il n'y a pas de version Home et de version Professionnal où, quand on tape un courriel pour le boulot chez soi sur sa version Home peut-être que les gendarmes vont débarquer à six heures du matin en disant : « Hou, ce n'est pas bien ! » On a la liberté d'étudier le logiciel. On a la liberté de pouvoir l'adapter à ses besoins. Et on a la liberté de rediffuser soit le programme original, soit le programme modifié. Et donc on se trouve dans un régime de capitalisation du savoir et de mutualisation des développements. La mutualisation va être l’objet de ma conférence, j'en parlerai.

Il existe une flopée de licences libres exactement comme il existait une flopée de licences privatives, ce que j’appellerai privatives par la suite, c'est-à-dire qui créent des espaces privés autour du logiciel. Je ne vais pas rentrer dans les détails à ce niveau-là. Si vous voulez on pourra en parler.

Clairement, le truc à retenir si vous êtes confronté pour la première fois à la notion de logiciel libre, c'est que libre ne veut pas dire gratuit et qu'il ne faut absolument pas confondre ce qu'on appelle en québécois les gratuiciels, qui se dit en anglais freeware parce que free veut dire gratuit. Ce sont des logiciels qu'on vous fournira pour un coût nul, mais qui peuvent être sous une licence qui ne vous garantit absolument pas des libertés d’usage. Et puis les logiciels libres qui s'appellent les free software et vous voyez que ça ressemble quand même beaucoup, mais ce n'est pas pareil, qui eux vont préserver la liberté des usagers. C'est pour ça que, puisqu'on a une belle langue qui s’appelle le français, je vous incite à utiliser le terme gratuiciel et logiciel libre, au moins on verra réellement de quoi on parle. D'autant plus que, clairement, cette polysémie du terme free est extrêmement dommageable. Libre et gratuit ça ne veut absolument pas dire la même chose. L'exemple en est, qu'effectivement, quand un dealer vous fourgue les premières doses de drogue gratuitement ce n'est vraisemblablement pas pour vous rendre libre !

Donc, au-delà de ça, puisqu'on parle de société et qu'on nous dit que l’économie dirige la société, ma foi, quelle est l'économie du logiciel ?

Premier point, premier principe d'économie : rien n'est gratuit à part l'air qu'on respire et encore, et donc il faut financer le développement de logiciels. Mais rappelez-vous que parce que le coût de copie est nul, dès le moment où un logiciel a été financé, il peut être distribué à coût nul, soit gratuitement soit éventuellement, et c'est ce que je prône ici, librement.

Et donc on trouve différents modèles d’affaires. Le modèle classique qui était l'analogue du modèle dans le monde matériel, c'était la cession de licence, c'est un modèle de rente, parce le prix auquel on vend une licence de logiciel peut être largement supérieur au coût réel de fabrication. Rappelons qu'effectivement, sur les produits de la gamme Office, Microsoft fait plus de 85 % de marge et sachant que les 15 % qui restent ce n'est pas du coût de développement. C'est du coût de pub, c'est du coût de lobbying. Je veux dire les coûts structurels de développement sont très faibles par rapport à la réalité des bénéfices engrangés.

Ou alors, puisque dans ce cas-là un logiciel coûte à produire, comment ça se fait qu'on puisse le diffuser gratuitement ? Il y a donc nécessairement derrière, une valorisation possible à travers des avantages indirects. Soit c'est un produit d'appel, soit c'est la possibilité de récupérer des informations commerciales, parce que vous êtes obligé de vous connecter sur le site et de laisser vos identifiants pour récupérer un accès au logiciel. Donc ça c'est quelque chose qui a une valeur commerciale très intéressante. Ou alors on peut vous fournir des services annexes, tels que du développement sur une base existante, des services d'installation et de configuration. Mais sachant que pour que le système soit soutenable, les revenus collectés doivent pouvoir bénéficier au créateur.

Avec le système privatif ou ce qu'on appelle parfois propriétaire – je n’aime pas le terme justement parce que propriété intellectuelle ça ne veut rien dire. Propriété c'est pour le monde matériel et intellectuel ce sont les idées, et on a vu que les idées ne fonctionnaient dans le régime des biens rivaux physiques, donc je parlerai plutôt de privatif au sens partie privative d'un immeuble par rapport aux parties communes.

Donc l'économie du logiciel privatif est très simple : c'est la monétisation de tous les échanges, et donc on est dans un modèle où, finalement, le créateur d'un logiciel dans ce monde-là doit payer pour ses briques et, une fois qu'il a payé pour ses briques, il va se rétribuer en se faisant payer pour les cessions de licences. Donc c'est « paye d'abord et gagne ensuite ! » Finalement on se retrouve à restaurer un coût marginal non nul puisque comme ça a coûté d'obtenir les logiciels éventuellement avec des contrats qui disent « par licence que tu utiliseras tu devras me reverser tant » . Donc on retrouve une transposition du modèle ancien de l'économie matérielle et, finalement, on s'aperçoit que c'est modèle qui est par nature expansionniste. C'est-à-dire que vous-même si vous voulez faire un logiciel, vous êtes obligé d'acheter avant de revendre et donc vous rentrez dans ce système-là. C'est pour ça que les critiques des tenants de ce modèle-là face au logiciel libre, à certaines licences qu'ils ont qualifiées de contaminantes ou de choses comme ça, en trouvant que le modèle était expansionniste, finalement on est modèle expansionniste contre modèle expansionniste et finalement, c'est simplement une bataille pour un territoire.

Donc point important, là aussi, je vous ai montré qu'il ne fallait pas confondre logiciel libre/logiciel gratuit, il ne faut pas dire logiciel libre et logiciel commercial. Le logiciel libre peut être du logiciel commercial et l’intérêt c'est que la majorité des développeurs de logiciels libres puisse en vivre. Donc il faut faire du business, du commerce, avec du logiciel libre, c'est tout à fait permis et c'est même encouragé. En particulier, François Elie dans son livre Économie du logiciel libre dit bien qu'il faut faire cesser le scandale du travail non rémunéré en trouvant des moyens de faire en sorte que les développeurs de logiciels libres soient rémunérés pour leurs créations.

Là, en revanche, il y a une plus grande variété de modèles économiques permettant de rendre cette activité soutenable, soit être développeur à façon de logiciels libres. Mais donc il faut garantir le fait qu'on continuera à en vivre, ce qui est peu antinomique on se dit : « Mais oui, c'est bizarre. Mais alors, dans ce cas-là, si le logiciel on le diffuse, d'autres peuvent le copier, alors on n'aura pas de licence. » Effectivement non, on ne marchera plus sur le modèle des licences, il faut trouver autre chose. Par exemple la fourniture de services tels que la maintenance et la modification, mais ça, d'une certaine manière, faire du service autour du logiciel, c'est de l’activité mais ça n'aide généralement pas à la création de nouveaux codes sources. Donc ce n'est pas une activité qui participe, j'allais dire, à l'amélioration de l'ensemble, du pool de logiciels existants. Ça crée de nouveaux clients, ça augmente le marché, mais ça ne crée pas de nouveaux logiciels.

Donc il y a maintenant des services nouveaux, par exemple des accompagnements au développement. Puisqu'on peut modifier le logiciel, un client qui aurait envie de modifier le logiciel à sa manière pourrait soit le faire dans son coin et bricoler son truc à partir d'un logiciel obtenu. Mais le problème c'est que le logiciel une fois qu'il est obtenu, lui, de son côté, il évolue. Et on va se retrouver face à une divergence, ce qu'on appelle un fork. Et donc ça c'est ballot, parce que les améliorations faites par les autres, vous, comme vous êtes allé vous mettre sur votre petite voie de garage, là où vous avez agencé vos trucs, ça va devenir de plus en plus compliqué de les réintégrer. Donc il y aura un coût induit par ça. Donc l'accompagnement au développement va permettre d'essayer d'éviter les divergences entre branches et donc c'est de la gestion de projet, c'est de l'action à haute valeur ajoutée qui, en général, est faite par les gens qui ont développé le logiciel parce qu'ils savent ce qu'on peut faire ou pas. Et donc ça devient de plus en plus un modèle économique intéressant pour les créateurs de logiciels libres.

Point auquel j'attache aussi une grande importance c'est qu'effectivement l'absence de rente, puisqu'on sort du modèle de rente, va autoriser mais surtout va imposer l'efficacité économique. Parce qu'il y a une grande volatilité du marché, les gens ne sont plus captifs de tel ou tel logiciel qui enfermerait leurs données dans un format fermé. Et donc ils peuvent très bien décider de dire « eh bien tiens, votre logiciel finalement il ne m'intéresse pas, je vais aller prendre celui de l'autre personne ». Sauf qu'on ne bascule pas d'un environnement logiciel à un autre aussi facilement, ça c'est un peu un mythe, et donc il y a quand même un coût de sortie d'une solution, y compris en logiciel libre, un coût d’entrée dans une solution, y compris en logiciel libre. Et donc ça peut être le moyen d'essayer de restaurer les effets de rente indirecte en maintenant une complexité artificielle du coût de sortie ou du coût d'entrée.

On peut aussi imaginer qu'il puisse exister une bande de parasites qui attendent la sortie de la version du logiciel pour la récupérer puis la monétiser auprès d'autres, en fournissant un service de faible valeur. Ça, finalement, on verra que c'est assez peu vrai. C'est toujours une inquiétude des gens qui disent : « Ah oui, mais moi si je libère mon code source, les gens vont me le prendre. » Ça, en fait, on verra, ça ne fonctionne pas comme ça, justement parce que l'efficacité économique va imposer qu'on ne sorte pas juste un logiciel comme ça. On sort un logiciel comme ça et on le fait vivre. Et donc on a un avantage compétitif par rapport aux gens qui seraient simplement des parasites passifs et qui n'auraient pas la maîtrise de la connaissance du logiciel. Alors que si vous avez « un parasite », entre guillemets, qui acquiert la connaissance de votre logiciel, eh bien finalement ce n'est plus un parasite, c'est quelqu'un qui est capable d'intervenir, c'est quelqu'un qui est capable de développer et finalement, cet adversaire peut devenir un allié.

Et on se retrouve donc avec un phénomène qui va être essentiel et qui est déjà essentiel pour les sociétés humaines, et qui sera encore plus flagrant dans le monde du logiciel, qui est la question de la mutualisation des dépenses, en particulier hors ce que j'appelle, hors du cœur de métier. Et ça, ça va introduire deux éléments clefs de la création du logiciel libre qui sont la mutualisation et la coopétition.

Coopétition c'est un terme un peu bizarre, un peu barbare. C'est la fusion de coopération et compétition. Pour vous donner une image claire, regardez des athlètes au niveau international. Ils ne sont pas tout seuls dans leur coin, ils s’entraînent ensemble. Le moment où ils sont seuls avec eux-mêmes c'est quand il y a la compétition pour de vrai et que, quand ils doivent gagner un marché, une médaille, une compétition, là ils sont seuls face aux autres. Mais en revanche, ils s'entraînent ensemble, parce que c'est en s’entraînant ensemble qu'ils arrivent à monter de niveau. Effectivement, en plus, ils peuvent s'unir : « Tiens il y a une course de relais, il faut tenir une distance plus longue ». Alors celui qui était finalement un adversaire à un compétiteur sur une petite problématique peut devenir un allié quand il y a un problème plus important à résoudre qui nécessiterait, justement, qu'on fasse étalage de plus de force.

Donc, je me marre un peu en écrivant ça, mais Adam Smith s'est complètement planté quand il avait écrit et développé sa théorie donc ensuite sur la tragédie des Communs, c’est-à-dire le fait que c'est l’égoïsme qui permet l'efficacité et que finalement l’intérêt général est la somme des intérêts particuliers. Non, ce n'est pas tout à fait vrai. Plus exactement, l’intérêt particulier ne peut prospérer que grâce à la prise en compte de l’intérêt général. Et ça justement, c'est l'élément clef qui est la mutualisation.

Pensez que vous avez deux banques, qui sont dans un environnement compétitif, où elles essayent de se tirer des parts de marché. Elles ont toutes besoin d'avoir des logiciels de traitement de texte. Est-ce qu'elles vont chacune développer leur propre logiciel de traitement de texte ? Ce n'est pas un avantage compétitif pour elles. Ce n'est pas leur cœur de métier. Elles ont tout intérêt à payer le moins possible pour ça, pour augmenter leurs marges. Donc finalement, ces gens qui sont en compétition sur leur cœur de métier ont tout intérêt à s'allier pour mutualiser leurs coûts sur les segments qui ne représentent pas en fait, pour eux, des gains importants et qui ne représentent pas un avantage différenciant.

Et c'est comme ça qu'est née l’industrie du logiciel. L'idée c'est de dire je fabrique un logiciel et je le fournis à plusieurs clients. Là où le système est parti en vrille c'est qu'on l'a fourni à chaque client quasiment au prix qu’il aurait payé pour le développer en entier. C'est-à-dire que l'industriel, quand il met en place un système de rente, eh bien il s’arrange pour se goinfrer le plus possible, en faisant en sorte que les clients raclent le plus possible et ne puissent pas s'en échapper.

Bien sûr, la mutualisation suppose qu'on ne mutualise pas seul dans son coin. Par exemple, vous faites un logiciel, c'est l'exemple qu'avait pris Éric Raymond, vous faites un logiciel de calcul de découpe de planches pour les scieries. Avec qui vous allez pouvoir imaginer ouvrir votre code source pour mutualiser ? Les seules personnes qui sont capables de faire ça, ce sont les gens qui font aussi des logiciels de scierie, donc ce sont vos concurrents. Donc ça veut dire que vous allez donner votre valeur essentielle à des gens qui vont en profiter pour aller gagner des parts de marché sur vous. Donc si finalement les seules personnes avec lesquelles vous pouvez échanger le code sont vos compétiteurs directs, là où est votre valeur ajoutée, eh bien ça ne va pas marcher, quoi ! Vous ne pouvez pas faire ça !

En revanche, si moi je suis un dirigeant de scierie, plutôt que d'avoir un logiciel fermé où le vendeur me fait le prix qu'il veut, j'aimerais bien avoir un logiciel ouvert où je puisse décider de dire « non, moi ce que je veux sur ce logiciel c'est ça et pas ça. Et si toi tu ne me le fais pas, c'est quelqu'un d'autre qui va me le faire. »

C'est-à-dire que finalement la mutualisation, ça c'est François Elie qui l'a théorisé dans son bouquin, elle peut passer par deux stades. Pour les logiciels d'infrastructure, les trucs généraux, genre les traitements de texte, tout ça, eh bien finalement on se retrouve face à une mutualisation par l'offre. Et on voit apparaître des consortiums, The Document Foundation, avec plein d'entreprises qui, pour mutualiser leurs coûts de développement, vont créer une espèce de super éditeur de logiciels qui permettra d'offrir des coûts censés être raisonnables aux usagers. Mais les usagers sont toujours, d'une certaine manière, un peu esclaves, parce qu’ils peuvent éventuellement intervenir à la marge sur le développement du logiciel, mais pas tant que ça.

Alors qu'effectivement, si vous êtes dans le cas d'un logiciel métier, typiquement le logiciel de scierie, eh bien là ce sera intéressant que les utilisateurs se coalisent et reprennent le contrôle du développement. Pour mettre au pot commun, pour dire finalement l'argent on doit le donner aux gens, mais il vaut mieux qu’on le donne aux éditeurs de logiciels qui nous font le logiciel qu'on veut. Donc on voit qu'une reprise en main, à l'inverse de ce qui s’était passé il y a vingt ans quand on a dit il faut externaliser le développement logiciel, etc., enfin, et où toutes les entreprises ont transféré, finalement, la richesse stratégique que constitue la gestion de leur système d'information à des entités privées, ils se sont liés pieds et poings à des éditeurs qui ensuite leur ont fait payer très cher pour des logiciels qui n'étaient pas nécessairement ce qu'ils voulaient.

Donc on se trouve aussi, pour organiser la création de logiciels, face à un truc qu'on a appelé les communautés, parce que ça a l'air cool et sympa, et en fait ça remplace ce qu'on appelait avant l’entreprise, dans le monde industriel. La communauté c'est cool parce que ça s'organise tout seul. Avant, une entreprise, il fallait réunir des parts de capital, il fallait organiser les lieux, il fallait trouver un lieu, fabriquer l'usine, fabriquer les bureaux. Tout ça c’était coûteux. Là on voit que c'est un truc, ça s'évolue, enfin ça évolue tout seul, et donc ça a des capacités de plasticité et de résilience qui sont très supérieures. En plus on voit que, parfois, il y a des structures qui existent, qui deviennent obsolètes et qui passent leur temps à consommer de l'énergie à se maintenir alors qu'elles n’ont plus de raison d’être. Et donc, finalement, elles deviennent des postes de coût pour la société. Alors qu'avec un système qui s'auto-organise, eh bien des moments où les gens voient qu'ils n'ont plus de boulot, ils vont s'en chercher ailleurs. Et donc on voit des développeurs qui migrent de projet en projet, de communauté en communauté, parce que finalement le fun, parce que l’intérêt économique, se trouve déplacé dans d'autres pans, sur d'autres fronts de l'innovation, dirais-je.

On est avec un système très plastique où justement il n'y a pas de hiérarchie dure. On a une gouvernance qui est basée sur la reconnaissance par les pairs. Ce qui est, là aussi, quelque chose de très difficile parce qu'il ne suffit pas d’être bon un jour et d’être nommé chef et ensuite de se débrouiller. Il faut être bon tout le temps parce que sinon il y a quelqu'un d'autre qui dira : « Bon, eh bien maintenant tu es un peu outdated, c'est moi qui prends la place parce que mes idées sont meilleures ». Et donc, effectivement, cette communauté devient un lieu d'échanges et de construction, plus ou moins formel, et on voit qu'en fonction des besoins spécifiques de l'écosystème logiciel, on verra des communautés qui ont des fonctionnements différents : soit des communautés d'usagers, soit des communautés de développeurs, ou des communautés hybrides. Tout dépend vraiment du niveau de maturité logicielle, parce qu'il y a aussi une évolution dans le temps qui est tout à fait possible.

Donc c'est vrai que l’industriel qui veut acheter du logiciel à la papa/maman, quand on lui dit : « Il y a un super logiciel libre qui fait ce que tu veux », il va voir ça, il voit une espèce, et puis, comme ils disent, finalement pour contacter le chef développeur du super projet qui va être le moteur stratégique de son entreprise, il doit envoyer un courriel à riquiqui at toto.org. Effectivement, ça sèche un peu au début. Mais non pourtant ! C'est finalement la garantie de la pérennité des développements. Parce que si une entreprise fond les plombs, eh bien les gens qui avaient basé toute leur infrastructure logicielle sur ces produits-là, ils sont obligés de changer dans la douleur et parfois c'est très cher, et parfois ils n’ont pas accès à leurs propres données, ça devient monstrueux. Là, finalement, si riquiqui at toto.org passe sous un camion, eh bien finalement, c'est fifi sur tutu.com qui pourra lui répondre. Et donc c'est relativement intéressant.

Les gens craignent aussi beaucoup le fork en disant : « Oui, mais tous ces gens-là, c'est tellement le bordel que chacun va partir avec le soft dans son coin, va bricoler son truc, etc. » En fait ce qui et assez intéressant maintenant qu'on a le recul c'est de voir, là aussi, que c'est l'efficacité énergétique qui guide le fonctionnement des communautés, au niveau macroéconomique.

Un fork, c'est un événement affreusement consommateur d'énergie, c'est quelque chose qui crée du stress, de la tension, qui fait en sorte que les gens doivent gérer le conflit plutôt que de faire ce qui les fait croûter c'est-à-dire écrire du code et donc c'est très rare. Un fork, c'est vraiment exceptionnel. On l'a vu, le dernier avec OpenOffice versus LibreOffice, c’était en plus lié à un événement, une pression extérieure dont je parlerai par la suite sur comment essayer de les éviter. Et donc penser à ça plutôt comme le départ des nouvelles reines de la ruche. C'est assez intéressant de voir comment finalement, à un moment donné, quand il y a des nouvelles reines qui arrivent parce que la ruche est devenue trop grande, parce qu'elle n'est plus gérable en tant qu'entité auto-organisée, alors il se crée des nouveaux leaders qui vont emmener une partie de la communauté pour essaimer, et faire quelque chose de différent, qui pourra éventuellement rester en relation.

En fait, les communautés parfois ont besoin de se structurer un peu plus, continuer à interagir avec le vieux monde physique et dans ce cas-là il y a des structures plus rigides qui doivent être mises en place. En fait, le but c'est de créer une personne morale au sens du droit. Et ça, ça va servir, justement, à gérer des points qui sont, par exemple, la gestion des droits d'auteur ou la gestion des marques. C'est ballot que la marque OpenOffice ait été la propriété de Sun puis d'Oracle, c'est-à-dire des entités privées, qui n'avaient pas le même objectif que la communauté qui était censée développer le logiciel. Alors que penser que la Mozilla Foundation, justement, elle est là pour héberger l'ensemble des éléments qui conduisent le développement du projet, y compris les marques et autres. Et c'est ce qu'ils vont essayer de faire avec The document Foundation, mais, manque de bol, la marque appartient encore à Oracle. Alors il a transmis les droits sur le code source à, justement, la Fondation Apache, dont ce n'est pas le métier. Donc on voit que finalement la gestion des droits, c'est-à-dire les trucs un peu pénibles, eh bien c'est ça qui peut créer des problèmes de friction. Et donc c'est intéressant, pour passer outre la durée de vie d'une entité privée, de créer une structure publique qui servira à héberger le patrimoine immatériel, finalement, du projet, c’est-à-dire la titularité des droits d'auteur sur le code, le droit des marques. Et en plus, ce sont ces entités-là qui pourront, éventuellement, être chargées de la collecte de fonds, d’être destinataires des fonds qui seront récupérés, de façon à allouer ces fonds de la façon la plus efficace possible, aux développeurs qui proposeront les innovations les meilleures possibles pour le développement du produit.

Avoir une personne morale, ça permet aussi de pouvoir faire valoir ses droits alors qu'effectivement riquiqui at toto point com, quels droits il a sur le projet machin ? À un moment donné il a fait dix lignes de code. Ouais, mais est-ce que ça suffit ? Le juge pourrait décider qu'il n'est pas fondé à agir en justice. Le fait d'avoir une personne morale c'est toujours pratique pour ça.

Dernier point sur lequel je veux insister, finalement on voit des systèmes auto-organisant, auto-organisés, et on se trouve face à un défi considérable qui est celui de la gestion de la complexité. Et on retrouve la même chose dans les sociétés humaines. Finalement ce que je vous raconte, quand je dis « le Libre, un modèle de société », finalement ça ressemble beaucoup à ce qu'on nous raconte. Sauf qu'en ce moment on est en train de nous raconter que c'est en se bouffant la gueule les uns les autres que la société ira mieux, alors que, finalement, quand on fait une petite étude par le petit bout de la lorgnette de la société des abeilles et des fabricants, des concepteurs de logiciels libres, eh bien on voit que ce n'est peut-être pas ça, non, le truc qui marche bien.

Et donc effectivement on se trouve face à des objets, comme les systèmes d'exploitation, qui sont les assemblages immatériels les plus complexes jamais réalisés. Pensez que dans une voiture, quand vous analysez une voiture, il y a le moteur, mais vous pouvez découper le moteur, il y a le démarreur, il y a les pistons, il y a ça. Il y a un découpage en sous-systèmes, avec quelques niveaux de complexité, jusqu'à arriver à des vis, des courroies, enfin des éléments élémentaires dont vous comprenez la nature.

Dans un système d’exploitation, si vous regardez le découpage fonctionnel d'un système, c'est éminemment complexe. La navette spatiale était l'objet le plus complexe qu'un humain avait réalisé au niveau matériel, en termes d’intégration de sous-système, de la rondelle et de la vis jusqu’à l'objet complet. Un système d’exploitation c'est d'une architecture extraordinairement belle et complexe, où vous allez, justement, de la ligne de code jusqu'à l'objet immatériel complet.

Donc, avec les théories classiques du développement logiciel, du fait que l'augmentation de la production de lignes de code source et de l'injection de nouveaux codes à l’intérieur d'un système d’exploitation croît d'une façon considérable, normalement, ce truc-là devrait être un tas de bugs. Ça ne devrait pas marcher. Or, ce n'est pas le cas. Et on voit qu'effectivement, l'auto-organisation des communautés est le moyen de gérer cette complexité croissante des logiciels. C’est-à-dire que dès le moment où il y a un problème qui est identifié comme étant un problème saignant, un problème un peu dur — la gestion de la pagination mémoire, la gestion de l'allocation du processeur à tel ou tel processus, eh bien il y a une communauté qui va se créer autour et donc il va y avoir une auto-organisation des ressources, des gens, un peu comme ce que je vous ai raconté précédemment, qui va permettre de gérer cette complexité. Et qui va donc répondre à un besoin d’organisation et d'auto-organisation double.

D'abord les gens veulent travailler tranquilles, sans qu'on les embête en regardant tout le temps par-dessus leur épaule. Et puis l’intérêt c'est que, s'ils se débrouillent pour faire un truc super joli, par exemple comme dans une voiture, moi je fais un démarreur, moi je fais un alternateur, eh bien ça pourra servir à une voiture, mais ça pourra servir à un camion, à un bateau, finalement ce sera réutilisable. Et donc en fait, le principe d'économie qu'on voit mis en œuvre, c'est finalement celui qu'on appellera, dans le jargon, la minimisation des interfaces. C'est-à-dire qu'un démarreur c'est cool parce qu'il est juste tenu à la voiture par quatre vis, une courroie et deux fils. Et ça c'est bien, parce que ça veut dire que vous pouvez changer de démarreur, en mettre un autre d'une autre marque : si cette marque-là est pourrie, vous pouvez changer votre produit. Donc c'est bien ! Plutôt que d'avoir un gros moteur avec un tas de trucs où vous ne savez pas du tout extraire les morceaux, c'est super bien d'avoir un truc qui est bien découpé en modules, avec des interfaces, c'est-à-dire des zones de contact qui soient les plus identifiées et les plus petites possibles.

C'est un peu comme, vous voyez, des bulles de savon. Les bulles de savon elles sont organisées, tac, tac, pour minimiser leurs interfaces, pour faire en sorte qu'elles prennent l'espace, les unes par rapport aux autres, de façon à ce que les surfaces de contact minimisent l'énergie. Et ça, en fait, c'est un facteur d’amélioration de la qualité de production du logiciel. Mais on le voit aussi dans les sociétés humaines normales. Quand, dans une boîte, il y a le service compta qui se mêle de regarder comment les gens taillent leurs crayons ou comment ils vissent les boulons, ça ne fonctionne pas ! Les gens sont embêtés parce qu'il y a toujours un type qui regarde à quelle vitesse ils vissent. Ça marche moins bien ! Le stress sur la productivité, ça emmerde tout le monde.

C'est la même chose en fait, finalement. C'est que si on donne à chacun un espace dans lequel il peut s'épanouir, résoudre son problème et ensuite interagir avec les autres, on a une efficacité accrue du développement. Et donc, alors là du point de vue, je suis désolé j'utilise des termes de geek, mais du point de vue de la maintenabilité, c'est-à-dire de la capacité à réparer le truc tout seul, eh bien oui, s'il n'est pas lié à plein de choses, identifier les pannes, c'est beaucoup plus facile.

Par rapport à la réutilisabilité. C'est-à-dire j'ai fabriqué un truc que j'identifie comme étant un alternateur et donc je peux aller le mettre ailleurs.

Ou au contraire la substituabilité. C'est : moi je fais le moteur et je vois que l'alternateur ne marche pas, donc je vais en chercher un d'un autre fabricant. Tout ça ce sont, eh bien justement, des garants de l'efficacité des logiciels libres par rapport à des structures beaucoup plus rigides, basées sur des effets de rente où, au contraire, on voudra rendre les trucs les plus opaques possibles pour que les gens n'aillent surtout pas toucher dedans, et qu'ils nous appellent à chaque fois pour qu'on récupère très cher de la maintenance. Et donc on voit, finalement, qu'en termes de modèle d'organisation sociale, cette auto-organisation fonctionne remarquablement bien.

Je suis extrêmement bavard et donc je parle beaucoup. Je vais m’arrêter là. J'aurais pu vous raconter d'autres trucs sur la révolution numérique. Je vais juste me permettre de vous passer deux slides. Ça aura l'air un peu d’être des cheveux sur la soupe, mais le point important c'est que la capacité accrue de traitement de l'information permet de faire plus de choses, y compris dans le fichage des gens. Et donc on voit, en ce moment, on a vu année après année, sous prétexte de protéger nos enfants contre les affreux pédonazis et de protéger les revenus de Johnny le Suisse, on a vu plein de réglementations apparaître qui, finalement, visent à surveiller l'ensemble des activités que nous effectuons avec nos outils de traitement informatique.

Clairement, face à cette révolution, il faut au contraire se rendre compte qu'un nouvel espace s'ouvre à nous et que, j'allais dire, autant nous avions des libertés qui étaient garanties par la Constitution dans le monde physique, autant nous devons voir garanties les mêmes libertés, ou la transposition de ces libertés, dans le monde numérique. Par exemple, il y a un truc qui s'appelle la neutralité d'Internet. Nous sommes tous égaux face à Internet parce que les paquets que moi j'envoie à un copain ont la même priorité que les paquets que la société Schmurtz essaiera de m'envoyer pour me vendre sa pub. Si tout d'un coup on casse cette neutralité-là pour favoriser les envois d'informations de la part de Schmurtz et m'empêcher de discuter avec mon pair, au sens mon égal, alors effectivement on a un problème.

Le fait que je puisse faire interagir mes logiciels avec ceux des autres et ceux que je fabrique, et récupérer mes données, ce qu'on appelle l'interopérabilité, ou habilité, la capacité à, inter, entre égaux, opérer, œuvrer, travailler, donc la capacité à travailler ensemble, eh bien c'est l'équivalent de la liberté d'association dans le monde physique. Et on voit justement, à travers des verrous numériques, les fameux trucs qui vous empêchent de copier la musique de votre CD à votre baladeur MP3. Ou le truc bizarre qui fait que quand vous mettez un DVD dans votre lecteur, eh bien vous n'avez pas le droit de sauter la pub. C'est bizarre ça ! C'est comme moi quand je prends un livre, dans le monde matériel, je peux aller à n'importe quel chapitre immédiatement. Pourquoi je dois voir quinze secondes ou trente secondes de pub dont je n'ai rien à meuh, simplement parce que c’est dans le monde numérique ? Ben !

Et donc effectivement, il faut prendre conscience que, du fait de la révolution numérique, on a maintenant une identité physique, on a des identités physiques, on a des identités numériques, on existe aussi dans le monde numérique et que, de fait, il faut combattre avec la plus grande véhémence les lois anti-révolutionnaires. Chaque fois qu'il y a une révolution il y a un phénomène de pré rigidification, où les tenants de l'ordre établi cherchent à mettre le pied sur la marmite pour empêcher que ça change. Un peu ce qui s’était passé avant la nuit du 4 août. Il y avait un truc génial : quand les automobiles sont arrivées en Angleterre, les éleveurs de chevaux avaient fait passer une loi où tout véhicule automobile devait être précédé d'un type à pied avec un drapeau rouge qui dit : « Attention, il arrive ! », dans le but de ralentir le développement de l'automobile. Cette loi n'a été abrogée qu'il y a une quinzaine d'années.

Quand on voit qu'effectivement la révolution numérique permet énormément de choses et qu'on voit des lois pour nous empêcher de faire ces choses-là à des prétextes économiquement douteux, clairement il faut se poser la question de comment accompagner, au contraire, la révolution numérique plutôt que de la combattre.

Voilà. J'en ai terminé pour ce qui est de ma présentation. Bien volontiers pour répondre aux questions.

Applaudissements

Présentateur : Est-ce qu'il y a des gens qui ont des questions ? Il y a quelque chose que j'ai oublié de dire. En fait, est-ce que vous pourrez reprendre la question pour que les gens entendent ?

François Pellegrini : Oui, bien sûr. Vous pouvez répéter la question ?

Présentateur : Est-ce qu'il y a des questions ?

François Pellegrini : Oui !

Public : Vous parlez des systèmes, enfin des modèles économiques hors modèle classique de la rente. Est-ce que vous pensez que ça peut-être applicable, notamment la mutualisation, dans le cadre de logiciels grand public, où les utilisateurs pourraient faire ensemble, je pensais à du logiciel grand public. Est-ce que ça peut marcher ? Sinon pourquoi ?

Frnçois Pellegrini : Je répète la question : est-ce que la mutualisation fonctionne dans le cadre de logiciels grand public ? Oui, ça fonctionne, justement, et on est dans le cadre de ce que François Elie appelle la mutualisation par l'offre. C'est-à-dire que ce qui va se passer c'est que, là encore, on a tous intérêt à avoir un traitement de texte pas cher. Donc c'est plutôt intéressant si on arrive à trouver quelqu'un qui nous fournit un traitement de texte pas cher. Et donc il va y avoir du point de vue des gens qui fabriquent des traitements de texte, surtout ceux qui décident de le faire en logiciel libre. Pourquoi ils vont le faire en logiciel libre ? Parce que ça va accroître leurs parts de marché. Pourquoi ? Parce qu'ils vont pouvoir mutualiser les développements avec d'autres, également. C’est-à-dire que, finalement, la question derrière, enfin excusez-moi je vais revenir un coup en arrière, la question essentielle c'est la question aussi du coût de la gouvernance. En tant que Mme Michu ou même François Pellegrini qui adore faire de l'informatique sur son sujet qui est son cœur de métier, je n'ai pas envie de passer un quart d'heure de mon temps à gérer la gouvernance pour le logiciel de traitement de texte que j'utilise. Donc ce coût de la gouvernance, je vais moi, souhaiter le voir mutualiser également. Et donc il sera mutualisé parce que sera créé un consortium et c'est ce consortium-là, l'Open Document Foundation ou autre, qui o.rientera le développement du logiciel dans une voie dont j'espère qu'elle sera bonne. Si ça devient une nuisance pour moi parce que les types font n'importe quoi, alors selon le principe célèbre when you want a think done, do it yourself, il y aura des gens que ça énervera suffisamment, parce que ce sera leur cœur de métier stratégique, pour qu'ils investissent dans la gouvernance. C'est-à-dire que les gens qui dépendent de la production de documents vont dire « ce logiciel de traitement de texte fait n'importe quoi. Avec quelques personnes qui pensent comme moi, je vais reprendre le lead du projet, donc éventuellement je serai prêt à investir dans un fork, ou alors j'investis dans la création d'un module que je financerai moi-même avec mes copains, pour obtenir ce que je veux ». Mais en cherchant à le mutualiser avec des gens qui ont les mêmes besoins que moi.

Si je suis, en revanche, dans du logiciel métier, là je ne veux surtout pas lâcher la gouvernance, et donc j'investis en permanence pour contrôler la feuille de route du projet.

Mais on est toujours dans une démarche de mutualisation. Les logiciels grand public, en fait, c'est qu'on mutualise la gouvernance parce qu'on suppose qu'il y a tellement de personnes qui pensent comme nous, qu'il y en bien quelques-unes qui vont se charger du boulot. Et si ce n'est pas vrai, eh bien il va falloir qu'on s'en charge nous. Typiquement dans le cas des logiciels métier. Donc ça marche pareil. Ça marche pareil !

Je n'ai pas assez parlé de la gouvernance, effectivement, dans mes transparents. Mais la gouvernance est un coût, c'est une charge. C'est un pouvoir, puisque influencer le cours des choses c'est un truc qui peut être super cool surtout quand l'intérêt stratégique de la boîte en dépend. Mais justement, si mon intérêt stratégique n'en dépend pas au jour le jour, je délègue ça à d’autres et je mutualise ce coût-là. Oui !

Public : On a lu dans Le Monde de la Technologie que Android c'est open source, est distribué gratuitement, s'est assez répandu et a rapidement conquis la majorité des parts de marché. Alors dans ce cas-là comment expliquer que parmi les PC de bureau grand public, comment expliquer que les constructeurs continuent de se référer à des logiciels propriétaires, privatifs comme vous avez dit, alors que dans la téléphonie mobile, Android a été adopté massivement ? Comment on explique cette différence ?

Frnçois Pellegrini : D'abord parce qu'il y a un truc qui s’appelle la vente liée. Je vous invite à faire un tour sur un site qui s'appelle racketticiel.info, qui est assez bien par rapport à ça. C'est très simple. La question, en fait, elle tient à plusieurs points. Premier point, l'effet de rente. Deuxième point, les formats de données fermés. Prenons un exemple. En fait, le coût des données, le coût de vos données, est irremplaçable. Si vous cramez un ordinateur, vous avez perdu cinq cents euros, ça peut faire deuil, mais ce n'est rien. Si vous effacez toutes les clefs de licence des logiciels pour lesquels vous avez payé des licences, ça peut représenter des dizaines de milliers d'euros, mais ce n'est rien. Si, quelque part au CEA, on efface les données des essais nucléaires, vous imaginez le président de la République retourner à l'ONU, dire « excusez-nous, on va refaire péter six bombes parce que voilà ! » Ou alors les photos des grands parents. Vous avez pris des photos, les grands parents sont mourus, si vous crashez les photos, vous n'avez plus rien et vous ne retrouverez jamais plus rien ! Donc les données sont irremplaçables.

Et effectivement quand vous utilisez, pour stoker vos données à vous, le format de données Schmurtz de l'éditeur Schmurtz, et que ce format est fermé, c'est-à-dire que vous ne savez pas comment vos données sont mises en place, sont archivées, plus vous mettez de données sous le format Schmurtz et plus vous vous mettez pieds et poings liés avec l'éditeur Schmurtz. Et le jour où il faudra changer de version logicielle, eh bien vous serez toujours obligé d'acheter le logiciel Schmurtz. Donc c'est multifactoriel.

Pourquoi est-ce les gens font de la vente liée avec, par exemple, le système d’exploitation Windows de chez Microsoft ? Parce que, déjà, Microsoft dit aux fabricants d'ordinateurs : « Vous nous installez sur tous les ordinateurs et on vous fait la licence à tant. S'il existe un seul ordinateur que vous sortez sur lequel vous ne mettez pas notre logiciel, on multiplie le prix de la licence par poum ! » Donc bien sûr que le fabricant, lui, pour minimiser ses coûts, il va avoir tendance à le mettre partout et à ne pas se poser la question si c'est légal ou pas qu'il fasse une vente liée. De la même façon Mme Michu qui aura pendant des années créé du logiciel Schmurtz, ou alors les étudiants qui croient que parce que ce sont des hackers ils ont craqué la version du logiciel Schmurtz et ils ont mis de plus de données à eux sous le format Schmurtz, le jour où il faudra qu'ils légalisent leur situation, eh bien quel logiciel ils vont prendre ? Le logiciel Schmurtz !

Donc l'effet de réseau, à travers les formats fermés, il est considérable. Donc voilà pourquoi, eh bien à cause de ça ! Et parce que justement la vente liée fait que, quand on achète un ordinateur, on ne voit pas le coût caché de ces logiciels-là, qui représente près du tiers du prix de la machine. Au moins ! Si sur l'étiquette il y avait marqué la machine nue c'est tant et la machine avec le logiciel Schmurtz c'est tant plus poum, on serait sur une base, j'allais dire, de concurrence libre et non faussée beaucoup plus saine.

Présentateur : Une dernière question, sinon on peut clore le débat.

Frnçois Pellegrini : Oui !

Public : Pour créer une communauté, aujourd'hui, quelles seraient les clefs de son succès ?

Frnçois Pellegrini : Alors ça c'est vraiment la question !

Public : On la pose en dernier.

Frnçois Pellegrini : À ne pas poser en dernier. Mais justement on ne mutualise pas seul dans son coin. Ça veut dire que, justement, il faut déjà sentir que le logiciel pourra bénéficier à une communauté. C’est-à-dire qu'il faut faire une étude de marché, d'une certaine façon, pour voir qui sont les personnes capables de contribuer au logiciel et à quel titre. C'est un peu comme ce que je racontais pour l'exemple de la scierie. Vous analysez le marché en disant quels sont mes clients qui pourraient bénéficier ? Quelles sont les contributeurs que je pourrais avoir ? Et vous êtes dans cette dualité de mutualisation par l'offre ou la demande.

C'est-à-dire que si vous êtes en mutualisation par la demande, vous avez plutôt intérêt vous, à être le client qui cherchez à créer une communauté de clients, pour mutualiser vos coûts de développement et garder le contrôle sur la feuille de route du logiciel, la road map, comme on dit en grand breton. Alors que si vous faites effectivement un logiciel d'infrastructure, typiquement un langage, vous créez un nouveau langage. Regardez comment sont apparus Java, regardez comment sont apparus Ruby. C'est justement en essayant de montrer à quel point le soft était cool et en le diffusant le plus possible pour que les gens arrivent à s'exprimer dans ce langage, décident de l'apprendre. Sur terre il y a plus de gens qui parlent le klingon que le navajo. C'est un truc. Mais pareil, il y a des nouveaux langages qui se créent en permanence et les gens les apprennent. Pourquoi ils les apprennent ? Parce que ça répond à un besoin. Vous ne créerez pas de communauté si vous ne répondez pas à un besoin. Il faut avoir un argument économiquement différenciant. Ça demande vraiment une connaissance fine de votre écosystème, de penser si vous allez pouvoir faire une communauté ou pas. Et ensuite il faut la gérer sa communauté, ça aussi ça fait partie des jobs, l’animation de communauté. C'est justement d'identifier les gens qui seront capables de prendre le lead et de gérer les problèmes qu'ils soient techniques ou relationnels. Parce que c'est partout dans la vie, c'est comme dans les modèles sociétés, des psychopathes il y en a partout. Et des pervers, des pervers au sens pervers pas sexuel, mais pervers dans la relation psychologique, des manipulateurs qui veulent le pouvoir pour le pouvoir, il y en a aussi. Ça, ça peut flinguer une communauté si jamais vous avez un élément comme ça qui rentre. Exactement comme dans n'importe quel service de n'importe quelle entreprise. Vraiment une communauté c'est une société humaine et donc eh bien il faut qu'il y ait des gens qui aient envie de s'associer pour que la communauté fonctionne et qu’elle résiste aux aléas, c’est-à-dire aux accidents individuels : les décès de certains, les changements d’orientation, le fait que, effectivement, un pervers déboule et foute le box. C'est super dur comme réponse. Mais en tout cas c'est là où est la valeur ajoutée. Le Master of Ceremonies a dit que…

Présentateur : Merci.

Applaudissements

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Lancement du label Territoire Numérique Libre

April - 5 juillet, 2016 - 09:32

Le label « Territoire Numérique Libre » est une initiative de l'Adullact (Association des Développeurs et des Utilisateurs de Logiciels Libres pour les Administrations et les Collectivités Territoriales), destinée à mettre en valeur l’utilisation de logiciels et systèmes d’exploitation libres au sein des collectivités territoriales françaises. Ce label a pour objectif de promouvoir l'utilisation des logiciels libres et des formats ouverts au sein des collectivités territoriales ainsi que la mise à disposition de données ouvertes. Les collectivités peuvent proposer leur candidature au label Territoire Numérique Libre du 1er juillet au 30 septembre 2016.

L'April fait partie du Comité d'Orientation du label et a travaillé de concert avec d'autres acteurs ainsi qu'avec l'ADULLACT pour produire le questionnaire et le règlement de cette première édition.

Pour en savoir plus et pour candidater, consulter le site web du label « Territoire Numérique Libre ».

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Rencontre du CLA 14 juillet 2016

Club Linux Atomic - 4 juillet, 2016 - 09:39
La prochaine rencontre du Club Linux Atomic (CLA) se déroulera le jeudi 14 juillet 2016, de 18 à 21 heures à la salle du 3e étage de la Maison Notman, située au 51 rue Sherbrooke Ouest à Montréal. La rencontre débute à 18:00. Cependant, la salle est disponible à 17:00. Profitez-en pour mieux vous connaître […]
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Décès de Michel Rocard

April - 4 juillet, 2016 - 05:10

Michel Rocard, ancien Premier ministre et député européen, est décédé samedi 2 juillet 2016. En 2009, lors de son départ du Parlement européen, l'April avait eu l'occasion de saluer l'implication déterminante de Michel Rocard dans le rejet des brevets logiciels contre lesquels il s'est engagé avec vigueur, usant de son poids politique.

ZDNet et Libération rappellent son action Rocard, un «noob» respecté par les défenseurs des libertés numériques et Michel Rocard, héros victorieux de la lutte contre les brevets logiciels.

Action moins connue sans doute, Michel Rocard a été co-signataire en 2008 d'un projet de déclaration écrite du Parlement européen sur l'utilisation des logiciels libres. Malheureusement cette déclaration n'avait pas été adoptée. Il aura fallu attendre 2015 pour que le Parlement européen appelle l'Union européenne à migrer vers le logiciel libre.

L'April adresse ses plus vives condoléances à sa famille et à ses amis.

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Revue de presse de l'April pour la semaine 26 de l'année 2016

April - 4 juillet, 2016 - 04:22

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 26

[Libération] Rocard, un «noob» respecté par les défenseurs des libertés numériques

Par Erwan Cario, le dimanche 3 juillet 2016. Extrait:
> Le député européen d'alors, qui reconnaissait ne pas avoir «une pratique facile de l’ordinateur», s'est battu avec succès contre une directive qui menaçait les logiciels libres.
Lien vers l'article original: http://www.liberation.fr/futurs/2016/07/03/rocard-un-noob-respecte-par-les-defenseurs-des-libertes-numeriques_1463715

Et aussi:
[ZDNet France] Michel Rocard, héros victorieux de la lutte contre les brevets logiciels

[ZDNet France] L'Italie, l'autre pays du logiciel libre. Et la France?

Par Christophe Auffray, le vendredi 1 juillet 2016. Extrait:
> Les services militaires italiens ont entamé leur migration de dizaines de milliers de postes vers LibreOffice, délaissant ainsi Microsoft Office. En France, l'armée a conclu elle un contrat Open Bar avec Microsoft, et les députés encouragent le libre sans lui donner la priorité.
Lien vers l'article original: http://www.zdnet.fr/actualites/l-italie-l-autre-pays-du-logiciel-libre-et-la-france-39839168.htm

[Numerama] Avec Software Heritage l'Inria crée un sanctuaire pour préserver les logiciels libres

Par Guillaume Champeau, le vendredi 1 juillet 2016. Extrait:
> L'Inria dévoile Software Heritage, une plateforme qui ambitionne de réunir et de préserver l'ensemble des logiciels libres distribués sur Internet.
Lien vers l'article original: http://www.numerama.com/tech/179289-avec-software-heritage-linria-cree-un-sanctuaire-pour-preserver-les-logiciels-libres.html

Et aussi:
[Archimag] Open source: lancement de Software Heritage, la plus grande bibliothèque de codes source de la planète
[Programmez!] Software Heritage: la bibliothèque d'Alexandrie de l'open source!
[usine-digitale.fr] La bibliothèque universelle de l'open source sera française

[Next INpact] Loi Numérique: les codes sources de l'administration communicables par principe

Par Xavier Berne, le vendredi 1 juillet 2016. Extrait:
> Suivant la «jurisprudence» de la CADA et du juge administratif, le législateur s’apprête à faire entrer les codes sources de l’administration dans la liste des documents administratifs communicables de plein droit au citoyen (qui en fait la demande).
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/100492-loi-numerique-codes-sources-l-administration-communicables-par-principe.htm

Et aussi:
[ZDNet France] La loi numérique réconcilie-t-elle tout le monde?
[Silicon] Loi Numérique: ce qu'a retenu la CMP rassure l'industrie

Voir aussi:
Projet de loi numérique: des codes sources communicables sous conditions et des logiciels libres simplement encouragés

[Les Echos] La France, un pays discret, mais innovant

Par Grégory Pascal, le jeudi 30 juin 2016. Extrait:
> Quand on parle "innovation" et "nouvelles technologies", on pense tout de suite aux États-Unis et plus particulièrement à la Silicon Valley, mais certainement pas à la France. La France, c’est plutôt le vin, la gastronomie, le luxe… et plus rarement la création technologique et les start-ups.
Lien vers l'article original: http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-158533-la-france-un-pays-discret-mais-innovant-2011051.php

[zoomdici] Saint-Étienne capitale mondiale du Logiciel Libre en 2017

Par la rédaction, le mercredi 29 juin 2016. Extrait:
> Après Strasbourg, Genève, Bruxelles, Montpellier et Beauvais, Saint-Étienne accueillera «Les Rencontres Mondiales du Logiciel Libre» (RMLL) du 1er au 7 juillet 2017.
Lien vers l'article original: http://www.zoomdici.fr/actualite/Saint-Etienne-capitale-mondiale-du-Logiciel-Libre-en-2017-id152417.html

[Silicon] Jim Whitehurst, Red Hat: «Linux a gagné»

Par David Feugey, le mercredi 29 juin 2016. Extrait:
> Le patron de Red Hat revient sur la révolution apportée par le modèle de développement participatif, utilisé par des projets comme Linux.
Lien vers l'article original: http://www.silicon.fr/whitehurst-red-hat-linux-gagne-151602.html

Et aussi:
[Silicon] Girl Develop It veut féminiser le monde de la programmation

[The Good Life] Intelligence Artificielle: nouvelle cyber-guerre économique?

Par Kahina Meziant, le mercredi 29 juin 2016. Extrait:
> Nous assistons à une véritable course à la recherche autour de l'IA. Qu’est-ce donc que cette forme d’intelligence et pourquoi cet engouement soudain?
Lien vers l'article original: http://thegoodlife.thegoodhub.com/2016/06/29/intelligence-artificielle-vers-nouvelle-cyber-guerre-economique

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

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Opération Libre 27 et 28 août 2016 - un week-end en Provence autour des communs numériques : OpenStreetMap, Wikipédia, Wikimedia Commons

April - 2 juillet, 2016 - 03:30
Début: 26 Août 2016 - 18:00Fin: 28 Août 2016 - 18:00

Opération Libre, c'est un week-end complet pour contribuer ensemble aux communs numériques, notamment OpenStreetMap, Wikipédia et Wikimedia Commons.

La prochaine édition aura lieu à Aiglun, près de Digne les samedi 27 et dimanche 28 août prochains avec le soutien de l'April.

Historiens, géographes, botanistes, développeurs, cartographes, photographes, designers, traducteurs, vidéastes, professionnels ou en herbe... et tous les curieux êtes invités à nous rejoindre pour 48 heures d'animations participatives destinées à collecter et libérer les informations et outils d'une commune avec les habitants et des contributeurs rassemblés pour l'occasion.

Aiglun est une commune provençale de 1 350 habitants située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence. Soutenue par la ville de Digne-les-Bains qui est moteur dans l’ouverture de données, Aiglun souhaite valoriser son territoire en démarrant une démarche de partage de données libres :

  • répertorier la faune et flore locale sur Tela Botanica
  • créer des cartes du territoire basées sur OpenStreetMap
  • prendre des photographies et les partager librement sur Wikimedia Commons
  • mettre à disposition vos archives, cartes postales, images de la commune
  • rédiger des articles historiques de la commune sur Wikipédia
  • imprimantes 3D, films, drônes, vues aériennes, et bien plus encore !

Participation libre et gratuite pour tous, hébergement chez l'habitant et restauration sur place, venez nombreux !

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Lettre d'information publique de l'April du 1er juillet 2016

April - 1 juillet, 2016 - 11:06

Bonjour,

Le mois de juin a été particulièrement riche. Plusieurs événements se sont déroulés. Un April Camp à Lille qui a permis notamment au groupe Transcriptions de nous proposer la lecture de nouvelles transcriptions. L'April était présente à Nevers pour l'opération « Dégooglisons Internet », manifestation organisée par l'agglomération. Un apéro à Saint-Étienne pour un point sur les actions en cours de l'April ainsi qu'une présentation par l’association Alolise concernant l'organisation à venir des RMLL 2017.

Last but not least actuellement et jusqu'au 3 juillet nous participons à Pas Sage en Seine/Hacker Space Festival à Choisy-le-Roy.

Une version EPUB de notre Guide Libre Association est désormais disponible.

Côté éducation, Microsoft instrumentalise les propos de deux ministres dans une opération de marketing ambigu en direction du monde de l'éducation.

Notre liste de discussions sur l'éducation est particulièrement active, nous avons publié une synthèse des nombreux échanges concernant Scratch, Snap et Arduino.

Et toujours dans le thème éducation, nous vous encourageons à participer à la campagne de financement participatif pour AbulÉdu.

Mercredi 29 juin s'est tenue la commission mixte paritaire (CMP) pour le projet de loi pour une « République numérique ». Le texte adopté maintient une communicabilité des codes sources des logiciels des administrations, mais sous conditions, et un simple encouragement à l'usage des logiciels libres.

Consultez la lettre publique ci-dessous pour toutes les autres informations et notamment la revue de presse qui propose une quinzaine d'articles.

Librement,
Frédéric Couchet
délégué général de l'April.

Si vous voulez nous soutenir, vous pouvez faire un don ou adhérer à l'association.

Le Guide Libre Association désormais disponible au format EPUB

Depuis avril 2016, sous l'impulsion de l'association Framasoft, une nouvelle version de notre Guide Libre Association est disponible. La version EPUB du guide vient d'être ajoutée. Le guide est ainsi à votre disposition sous différents formats sur le site libreassociation.info. Nous vous proposons ici de télécharger directement la version EPUB.

Projet de loi numérique : des codes sources communicables sous conditions et des logiciels libres simplement encouragés

La commission mixte paritaire (CMP) pour le projet de loi pour une « République numérique » réunie le 29 juin a été conclusive, un texte commun ayant été adopté. Texte dans lequel la commission confirme l'ouverture par défaut des codes sources des logiciels des administrations, toujours limitée par une exception très large de « sécurité des systèmes d'information », et maintient une disposition d' « encouragement » au logiciel libre dans le secteur public dénuée de portée normative.

toc_collapse=0; Sommaire 
  1. Le Guide Libre Association désormais disponible au format EPUB
  2. Projet de loi numérique : des codes sources communicables sous conditions et des logiciels libres simplement encouragés
  3. Dossiers, campagnes et projets
    1. Quand Microsoft instrumentalise l'Éducation nationale
    2. Scratch, Snap et Arduino : synthèse des échanges sur la liste du groupe de travail Éducation
    3. Participez à la campagne de financement participatif pour AbulÉdu
    4. L'Expolibre bientôt disponible en version anglaise et en version espagnole
    5. Sept nouvelles transcriptions
  4. Médias
    1. Revue de presse
  5. Conférences, événements
    1. Événements à venir
    2. Événements passés
  6. Vie associative
    1. Revue hebdomadaire
    2. Adhésions
  7. Soutenir l'association
  8. Rejoindre l'association à titre individuel
  9. Rejoindre l'association en tant que personne morale
  10. Archives
Dossiers, campagnes et projets Quand Microsoft instrumentalise l'Éducation nationale

Autant il est courant de reprendre des citations d'écrivains, philosophes, personnalités politiques, autant il est invraisemblable de voir des décideurs de l'Éducation nationale utilisés comme caution morale par la société Microsoft dans un marketing ambigu en direction du monde de l'éducation faisant suite au partenariat contesté signé en novembre 2015.

Scratch, Snap et Arduino : synthèse des échanges sur la liste du groupe de travail Éducation

Publication d'une synthèse de discussions sur la liste de diffusion du groupe de travail Éducation de l’April concernant Scratch, Snap et Arduino.

Participez à la campagne de financement participatif pour AbulÉdu

L'aventure Ryxéo s'est terminée au début du mois de mai et c'est une triste nouvelle, mais le logiciel libre AbulÉdu n'est pas mort pour autant. RyXéo était un des moteurs qui, en permettant de salarier développeurs et graphistes, aidait à faire avancer et rendre attractif le projet AbulÉdu porté par la communauté AbulÉdu-fr. Afin de poursuivre le développement d'AbulÉdu une campagne de financement participatif a été lancée. Il ne reste plus qu'une dizaine de jours pour participer.

L'Expolibre bientôt disponible en version anglaise et en version espagnole

L'Expolibre est une exposition itinérante expliquant les logiciels libres au grand public. Elle est actuellement constituée de huit panneaux. Grâce à l'implication de divers bénévoles, des traductions en anglais et en espagnol sont en cours de finalisation. Également, le site sera prochainement disponible en version multilingue.

Sept nouvelles transcriptions

Le groupe Transcriptions de l'April vous offre sept nouvelles lectures :

Médias Revue de presse

La revue de presse fait partie du travail de veille mené par l'April dans le cadre de son action de défense et de promotion du Logiciel Libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l'April.

Pour gérer cette revue de presse, un groupe de travail a été créé (vous pouvez en consulter la charte ici) ainsi qu'une liste de discussion rp@april.org où vous pouvez envoyer les liens vers les articles qui vous semblent intéressants.

La revue de presse est désormais diffusée également chaque semaine sur le site LinuxFr.org. Cette diffusion lui offre un lectorat plus large.

Cette revue de presse est commentée dans un podcast disponible sur http://audio.april.org.

Il est diffusé sur les radios : Radio Escapades, Radio Larzac et Ici&Maintenant et Libre@Toi.

Il existe un flux RSS permettant de recevoir la revue de presse au fur et à mesure (rapidement et article par article donc).

Les derniers titres de la revue de presse :

Conférences, événements Événements à venir Événements passés Vie associative Revue hebdomadaire

Chaque vendredi, à midi pile, les permanents et les adhérents qui le souhaitent passent en revue les tâches et actions relatives à l'April dont ils ont la charge lors de la « revue hebdomadaire April » sur IRC (canal #april sur irc.freenode.net, accès avec un navigateur web). La durée est limitée, généralement un quart d'heure. Cela stimule les bonnes volontés, suscite des idées et des contributions, permet de suivre les activités des uns et des autres et éliminer un certain nombre de problèmes bloquants.

Une page décrivant le principe d'une revue hebdomadaire est en ligne.

Vous pouvez en savoir plus en consultant en ligne les archives des premières revues hebdomadaires, et notamment la synthèse de la revue du 3 juin 2016, la synthèse de la revue du 10 juin 2016, la synthèse de la revue du 17 juin 2016, la synthèse de la revue du 24 juin 2016.

Adhésions

Au 1er juillet 2016, l'association compte 4 000 adhérents (3 620 personnes physiques, 380 personnes morales).

Soutenir l'association

L'April a besoin de votre aide. Vous pouvez faire un don à l'association et participer ainsi au financement de nos actions.

Pour faire un don à l'association, rendez-vous à l'adresse suivante http://www.april.org/association/dons.html (il est possible de faire un don par chèque, virement, carte bancaire ou encore prélèvement automatique).

Pour tout renseignement n'hésitez pas à nous contacter.

Rejoindre l'association à titre individuel

Dans une association, l'adhésion est un acte volontaire. C'est aussi un acte politique car c'est manifester son soutien à l'objet de l'association ainsi qu'aux valeurs qui le sous-tendent. Une adhésion fait la différence en contribuant à atteindre les objectifs de l'association.

Adhérer à l'April permet :

  • de défendre collectivement un projet de société ;
  • de s'investir activement dans la vie de l'association à travers ses groupes de travail et ses actions ;
  • d'être informé régulièrement des événements logiciel libre ;
  • d'agir sur les institutions à travers un partenaire incontournable ;
  • de soutenir financièrement les actions de l'association.

Il est possible d'aider l'association en lui donnant de son temps ou de son argent. Toutes les contributions sont les bienvenues.

Pour les hésitants, nous avons mis en ligne les réponses à de fausses idées classiques.

Pour adhérer à l'April, il suffit de vous rendre à l'adresse suivante : http://www.april.org/adherer?referent=lettre%20publique.

Pour tout renseignement, n'hésitez pas à nous contacter.

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Que vous soyez une entreprise, une collectivité ou une association, adhérez pour participer activement aux décisions stratégiques qui vous concernent !

Votre structure a besoin de tirer le meilleur parti du logiciel libre et pour défendre ses intérêts, elle doit :

  • exercer une veille permanente pour se tenir informée des opportunités et des menaces ;
  • constituer et entretenir des réseaux relationnels institutionnels ;
  • être éclairée sur les contextes juridiques et stratégiques ;
  • contribuer à la défense de l'informatique libre face aux acteurs qui lui sont hostiles ;
  • mieux faire connaître et valoriser son action.

April est au cœur des grandes évolutions du logiciel libre. Adhérer à April permet :

  • de défendre collectivement un projet de société ;
  • de s'investir activement dans la vie de l'association à travers ses groupes de travail et ses actions ;
  • d'être informé régulièrement des événements logiciel libre ;
  • d'agir sur les institutions à travers un partenaire incontournable ;
  • de financer ou cofinancer des actions stratégiques.

Pour adhérer à l'April, il suffit de vous rendre à l'adresse suivante : adhérant dès maintenant à l'April.

Pour tout renseignement n'hésitez pas à nous contacter.

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Projet de loi numérique : des codes sources communicables sous conditions et des logiciels libres simplement encouragés

April - 1 juillet, 2016 - 09:28

Paris, le 1er juillet 2016. Communiqué de presse.

La commission mixte paritaire (CMP) pour le projet de loi pour une « République numérique » réunie le 29 juin a été conclusive, un texte commun ayant été adopté. Texte dans lequel la commission confirme l'ouverture par défaut des codes sources des logiciels des administrations, toujours limitée par une exception très large de « sécurité des systèmes d'information », et maintient une disposition d' « encouragement » au logiciel libre dans le secteur public dénuée de portée normative.

Article 1er bis : ouverture des codes sources, mais une exception sous forme de blanc-seing

La rédaction finale de l'article 1er bis entérine la reconnaissance de la qualité de documents administratifs communicables pour les codes sources des logiciels des administrations. S'il s'agit d'une avancée réelle en termes d'ouverture et de transparence, le troisième alinéa de l'article introduit une exception à la communicabilité des documents administratifs en cas de risque d'atteinte « à la sécurité des systèmes d'information des administrations ». Exception disproportionnée, ancrée dans le fantasme de la sécurité par l'obscurité et qui porte le risque de vider l'avancée de cet article de sa substance.

Par ailleurs, la CMP est fort heureusement revenue sur un amendement adopté au Sénat, qui instaurait une exclusion systématique de certains codes sources du champ du droit à communication. Exception dangereuse contre laquelle l'April s'est mobilisée auprès des parlementaires.

Notons également que l'article 1er ter du projet de loi, tel qu'il est issu de la CMP, instaure que la communication de documents administratifs sous forme électronique « se fait dans un standard ouvert, aisément réutilisable et exploitable par un système de traitement automatisé ». Une rédaction à saluer et qui prend d'autant plus de sens avec la récente révision du référentiel général d'interopérabilité le 25 avril 2016.

Article 9 ter : une simple « déclaration de bonnes intentions » sur le logiciel libre

À compter de l'entrée en vigueur de la loi, les administrations devront encourager « l'utilisation des logiciels libres et des formats ouverts lors du développement, de l'achat ou de l'utilisation, de tout ou partie, de ces systèmes d'information ». Cette disposition souffre d'un manque flagrant de portée politique, est dénuée de toute portée contraignante et n'est assurément pas à la hauteur des enjeux. Seule une réelle priorité au logiciel libre dans le secteur public est à même de garantir l'indépendance technologique des administrations et leur souveraineté numérique. Priorité qui correspond à l'obligation d'un choix raisonné de privilégier le recours à une licence libre quand cela est possible, et selon des critères objectivement définis par décret.

Malgré la qualité des débats autour de cet article, tant à l'Assemblée nationale qu'au Sénat, le Parlement et le Gouvernement ont manqué cette occasion de doter les administrations d'une informatique loyale en faveur de l'intérêt général.

Le texte issu de la CMP est disponible. La prochaine étape est la présentation des conclusions de la CMP, suivie du vote définitif, dans les deux chambres parlementaires. D'abord à l'Assemblée nationale, le 20 juillet, puis au Sénat la première quinzaine de septembre.

Les articles 1er bis et 9 ter tels qu'ils devraient être votés dans le texte final :

Article 1er bis

I. - À la seconde phrase du premier alinéa de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration, après le mot : « prévisions », sont insérés les mots : « , codes sources ».

II. - Le 2° de l'article L. 311-5 du code des relations entre le public et l'administration est ainsi modifié :

1° À la fin du d, les mots : « ou à la sécurité des personnes » sont remplacés par les mots : « , à la sécurité des personnes ou à la sécurité des systèmes d'information des administrations » ;

2° Le g est ainsi rédigé :

« g) À la recherche et à la prévention, par les services compétents, d'infractions de toute nature ; ».

Article 9 ter

Les administrations mentionnées au premier alinéa de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration veillent à préserver la maîtrise, la pérennité et l'indépendance de leurs systèmes d'information.

Elles encouragent l'utilisation des logiciels libres et des formats ouverts lors du développement, de l'achat ou de l'utilisation, de tout ou partie, de ces systèmes d'information. Elles encouragent la migration de l'ensemble des composants de ces systèmes d'information vers le protocole IPV6, sous réserve de leur compatibilité, à compter du 1er janvier 2018.

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Participez à la campagne de financement participatif pour AbulÉdu

April - 1 juillet, 2016 - 05:30

L'aventure Ryxéo s'est terminée au début du mois de mai et c'est une triste nouvelle, mais le logiciel libre AbulÉdu n'est pas mort pour autant. RyXéo était un des moteurs qui, en permettant de salarier développeurs et graphistes, aidait à faire avancer et rendre attractif le projet AbulÉdu porté par la communauté AbulÉdu-fr. Afin de poursuivre le développement d'AbulÉdu une campagne de financement participatif a été lancée. Il ne reste plus qu'une dizaine de jours pour participer.

Qu'est ce qu'AbulÉdu ?

Depuis plus de 15 ans, AbulÉdu propose une ensemble de ressources et logiciels éducatifs libres pour le premier degré.

On trouve plus de 25.000 ressources éducatives libres (indexées ScoLOMFR), un site de diffusion de vidéos pour enfants sans publicités, un site de micro-blogging BabyTwit sans publicités pour les écoles, une solution serveur local, des centaines d'histoires en images lues à écouter et réutiliser, une solution poste de travail complète sous GNU/linux et une vingtaine de logiciels éducatifs métiers développés en grande partie par des professeurs des écoles pour apprendre les mathématiques, langues etc.

On trouve aussi une plate-forme de visioconférence, un cloud libre et loyal. Bref tout un ensemble de ressources et solutions taillées pour les écoles maternelles et primaires.

Poursuivre le développement d'AbulÉdu

L'association AbulÉdu-fr a décidé de reprendre le flambeau et de tenter de passer le développement d'AbulEdu sur le modèle associatif.

C'est pourquoi AbulÉdu a lancé une campagne de financement participatif. Le but de ce financement participatif est double : embaucher un développeur chef de projet pour adapter tous les services et logiciels existants à cette nouvelle logique et en parallèle, prendre en charge le financement des locations de serveurs.

Deux paliers seront prévus : le premier à 25 000 € permettant de salarier un développeur / chef de projet pendant 4-5 mois, un autre à 50 000€ pour pousser à 9-10 mois.

Cette campagne se déroule en parallèle d'une demande de subvention au ministère. Les ambitions sont élevées c'est pourquoi tout soutien est le bienvenu.

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