Au-delà des vœux pieux : il y a urgence d’agir pour notre souveraineté numérique

Souveraineté numérique du Québec

 

Le quotidien Le Devoir publie aujourd'hui (samedi le 11 avril 2026) la lettre que la Ligue des droits et libertés, FACiL, le SFPQ, le SPGQ et d'autres organisations ont rédigé dans le cadre de la campagne sur la souveraineté numérique du Québec « Reprenons le contrôle de nos données ! ». Voici un extrait de la lettre intitulée « Au-delà des vœux pieux : il y a urgence d’agir pour notre souveraineté numérique » :

Le récent rapport de la Commission d’enquête sur la gestion de la modernisation des systèmes informatiques de la Société de l’assurance automobile du Québec sur les déboires du projet SAAQclic a eu l’effet d’un électrochoc. Le ministère de la Cybersécurité et du Numérique (MCN) a rendu public, juste avant la publication du rapport, son « Énoncé de politique de souveraineté numérique ». Avec sa sortie publique du 10 avril sur le Dossier santé numérique (DSN), le ministre fait plusieurs révélations et mises en garde avec lesquelles nous ne pouvons qu’être d’accord.

Cesser de financer notre propre dépendance

Depuis 20 ans, les avertissements du Vérificateur général du Québec s’accumulent et sont ignorés. Pendant que nous jasons de souveraineté numérique, nous continuons d’enchaîner l’État québécois à des géants technologiques étrangers. Le cas du Dossier santé numérique (DSN) confié à la multinationale américaine Epic Systems est l’exemple flagrant de cette contradiction. Comment prétendre à l’autonomie tout en confiant nos données les plus sensibles et le développement de services à des monopoles étrangers rigides et coûteux ?

Selon un reportage récent de Radio-Canada et un autre du Devoir, le DSN battrait de l’aile. Les retards et les dépassements de coût s’accumulent. Les problèmes de traduction de l’anglais au français créeraient des enjeux de sécurité pour les patients. On imposerait un modèle américain de transformation numérique mal adapté à la réalité québécoise, orienté vers le réseau hospitalier au détriment des autres services de santé et de services sociaux. Certains experts affirment qu’il aurait été préférable de fédérer les systèmes existants afin de les rendre compatibles entre eux (ce qu’on appelle interopérabilité) en établissant des standards ouverts, plutôt que d’opter pour un mégaprojet mur à mur basé sur un seul logiciel propriétaire, comme ce fut le cas pour SAAQclic.

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